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La télé-opération pour inspecter les structures

Baptiste Cessieux

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La télé-opération pour inspecter les structures

Intelo permet à l'opérateur d'inspecter sous les structure sans prendre de risques.

© Mobilev

Une équipe de chercheurs du Laboratoire Ampère à Lyon, en collaboration avec l’Insa Lyon et les entreprises Structure & Réhabilitation, Vinci et Mobilev, a développé Intelo, un bras de télé-opération, mécanisé et véhiculé de douze mètres d’envergure. Le but : inspecter les ouvrages d’art sans entraver la circulation. Mais d’autres techniques annoncent remplir ce même objectif, notamment les drones dont la baisse des prix entraine leur multiplication dans ce domaine.

Pour inspecter ouvrages d’art, ponts ferroviaires et routiers, les experts sont formels : « rien ne remplace l’œil humain et le contrôle de visu ». Pourtant, plusieurs techniques émergent pour aider ou remplacer le contrôle sur site. Les drones viennent évidemment à l’esprit mais on peut également citer les téléobjectifs et les bras mécanisés. Structure & Réhabilitation, un bureau d’études en BTP développe justement Intelo, un bras de télé-inspection de 12 mètres qui, cabine d’opération comprise, ne pèse que deux tonnes. Un outil intéressant, qui peut se révéler essentiel sur des structures où une géométrie particulière obstrue le travail des inspecteurs. Selon Christophe Raulet, directeur général de Diadès, une entreprise de diagnostic des structures sans rapport avec Intelo, « le choix d’un système dépend surtout de la politique d’entreprise mais des outils peuvent être plus utiles que d’autres dans certaines situations ».

Intelo est en fait une cabine d’opération munie d’un bras articulé composé de deux morceaux de 6 mètres de long. Une caméra glisse sur le deuxième morceau du bras pour lui permettre de s’approcher au plus près de la structure. La machine est ainsi capable de photographier toutes les parties des ouvrages d’art et particulièrement les faces inférieures et les appuis, plus difficile d’accès. Véhiculé et stabilisé, l’engin de deux tonnes peut localiser des fissures dès 0,1 millimètre grâce à des capteurs laser et une prise de vues embarqués. Selon le constructeur, Intelo présente surtout un avantage de taille : pas besoin d’arrêter la circulation des biens et des personnes pour débuter l’inspection. Les contrôles des ponts ou des bâtiments en ville posent en effet ce problème qui demande parfois de prévoir les contrôles des mois à l’avance et d’entraver toute activité durant les quelques heures du contrôle.

Intelo a tout de même quelques concurrents sur le secteur de l’inspection des ouvrages d’art. Grâce à la sévère baisse des prix des drones (ils pouvaient coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros il y a quelques années), ceux-ci sont aujourd’hui très compétitifs. L’aéronef sans pilote est donc de plus en plus utilisé pour contrôler bâtiment et voies de circulation sans entraver l’activité. L’usage ne se fait pourtant pas toujours dans les mêmes conditions. Ces drones ne sont pas constamment contrôlés par des experts en BTP et des entreprises possédant des avions sans pilote, pour des tournages vidéo par exemple, proposent parfois des services d’observations des ouvrages. Une concurrence à qui il arrive de ne pas connaître toute la législation. Les drones sont en effet  assujettis à des règles de sécurité qui les obligent à travailler à quelques dizaines mètres de la circulation, en tout cas lorsque l’engin est au-dessus d’une zone de passage. Il présente également deux autres problèmes. Le premier vient de la stabilité du vol qui empêche de repérer des fissures de moins de 0,3 millimètre selon Diadès. Un véritable enjeu alors que la réglementation oblige à recenser toutes les fissures de plus de 0,2 mm pour les ponts (0,7 pour les barrages). Le second vient du temps d’analyse des données en vol. Le drone prend énormément de clichés qui vont ensuite devoir être analysés par un logiciel puis par un expert. Une perte de temps selon Structure & Réhabilitation qui pourrait justement être évitée en permettant à l’expert d’opérer directement depuis la cabine d’Intelo. Mais pour Christophe Raulet, dont les inspecteurs sont également les pilotes de drones, ces clichés ont également l’avantage de pouvoir conserver une visualisation 3D de la structure.

Au final, l’usage des différentes techniques semble plutôt situationnel. Le prototype Intelo, dont les dernières étapes de R&D viennent d’être finalisées et qui est d’ores et déjà mis en vente, est plutôt réservé à l'inspection des ponts. Les plates-formes amènent des avantages similaires mais sont généralement plus lourdes et exposent l’opérateur aux intempéries. Plus prosaïquement, il est intéressant en termes de sécurité de ne pas mettre un opérateur au bout d’un bras articulé de 12 mètres de long. Les drones, eux, gardent l’avantage du coût et de la facilité de la mise en place. La précision d’image est certes plus faible mais parfois suffisante si l’on s’adresse aux entreprises spécialisées.

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