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La semaine de Jean-François Prevéraud

Industrie et Technologies
Enorme plaisir cette semaine puisque j'ai eu le privilège de visiter le bureau d'études de Maserati Corse à Modena où l'on m'a montré la valeur ajoutée du PLM en compétition automobile.

Modena, Italia, l'un des temples des sports mécaniques puisqu'on retrouve dans les environs de cette ville de l'Émilie Romagne des marques aussi prestigieuses que Ducati, en motos et Ferrari ou Maserati pour les voitures de sport et de grand tourisme.

Aujourd'hui j'ai rendez-vous chez Maserati Corse, la division compétition de Maserati, l'une des filiales du groupe Fiat spécialisée dans les voitures de très haut de gamme. ' Nous sommes une petite équipe de 80 personnes au sein de Maserati et notre raison d'être c'est la victoire. C'est pourquoi nous avons besoin des technologies les plus performantes pour satisfaire nos ambitions. Et le PLM en fait partie ', explique Claudio Berro, président de cette division, en nous accueillant.

' Une voiture de course n'est jamais assez bonne ', remarque quant à lui Giorgio Ascanelli, directeur technique de la division. ' Tout compétiteur participe à une épreuve pour la gagner, il lui faut donc avoir la meilleure voiture possible et l'améliorer sans cesse pour rester le meilleur face à des concurrents eux aussi toujours en progrès. C'est pourquoi la gestion du cycle de vie est fondamentale dans la progression des résultats de nos voitures et de celles de nos clients '.

' Cela veut aussi dire qu'il nous faut quelque fois accepter la défaite, mais toujours en tirer une leçon pour améliorer la voiture. La meilleure façon de résoudre un problème est de le reconnaître disait Enzo Ferrari '. Une philosophie de la satisfaction client qui passe par la qualité à tous les niveaux du cycle de vie du produit depuis la conception jusqu'à la maintenance des véhicules clients. Ce qui suppose une tracabilité importante et surtout une très grande réactivité. ' La course automobile est synonyme de rapidité au niveau de la course elle-même, mais aussi de délai de réaction ultra courts entre deux courses pour corriger les défauts ou apporter les améliorations nécessaires. Et là une approche PLM trouve toute sa justification ', estime Giorgio Ascanelli.

Deux des vingt-six voitures engagées dans le trophée Maserati


De fait, il y a deux activités compétition différentes chez Maserati Corse. L'une est la préparation de véhicules de série, des coupés, destinés à des clients privés qui les engagent dans des courses d'endurance, tel le Trophée Maserati. La préparation portant essentiellement sur la puissance moteur, les suspensions et le freinage.

L'autre est l'activité course propre à Maserati qui a abouti à la conception d'une voiture spécifique, la MC12, qui est engagée par la firme dans des courses d'endurance face à des Corvettes, des Saleen ou des Aston Martin.

Notons que pour le Trophée Maserati, la firme au trident s'occupe à la fois de la préparation, mais aussi de la maintenance des 26 voitures et de leur exploitation en course, les heureux propriétaires n'ayant qu'a s'occuper du pilotage pour la modique somme de 130 000 euros pour 8 courses.

' Nous avons apporté le même soin au choix de notre système de PLM que celui apporté à la conception de nos véhicules ', affirme Giorgio Ascanelli. ' Le choix s'est fait lors du lancement du projet MC12. Il nous fallait donc un système directement opérationnel, présentant une robustesse suffisante nous garantissant une fiabilité permanente permettant de satisfaire nos objectifs de qualité, de rapidité et d'efficacité. De plus, ce choix s'est fait en symbiose avec les principaux partenaires de ce projet : Dallara pour le châssis ; Giugiaro pour le style ; HPA pour certains éléments mécaniques '.

' Après avoir évalué Catia, Pro/Engineer et Think Design, nous sommes arrivés avec nos partenaires à la conclusion que Pro/Engineer était la solution qui convenait le mieux à notre activité, car c'est le logiciel qui nous permettait de passer le plus vite de l'idée à la pièce '. Outre la liaison efficace avec la FAO, c'est l'intégration de Pro/Mechanica pour la simulation amont des pièces mécanique qui a fait pencher la balance vers cette solution.

' Bien entendu, nous avons aussi très fortement évalué le potentiel de Think Design, car il s'agit d'un logiciel d'origine italienne, né à Bologne et nous avons connu ses pères sur les bancs de l'université, mais nous avons eu, il faut l'avouer, un peu peur de la pérennité de cette solution pourtant performante ', confie Giorgio Ascanelli.

Les aspects GDT ont aussi été déterminants. ' Nous devons en permanence gérer notre cycle de développement en boucle courte. Une fois la pièce conçue, validée et fabriquée, elle est montée sur une voiture pour courir. Après chaque course, elle est démontée et inspectée. Si elle ne présente pas de défauts et si elle est dans les tolérances d'exploitation, elle est remise en service avec tout son historique d'exploitation remis à jour, notamment en termes de kilomètres parcourus. Dans le cas contraire, elle fait l'objet d'une demande d'évolution pour être rendue plus performante dans l'avenir. L'ensemble de ce cycle est géré par PDMLink. Ce qui permet à tous les intervenants de connaître le cycle de vie d'une pièce, mais aussi tout l'historique qui a permis d'arriver à ce niveau d'évolution '.

La MC12 qui a fini 5e aux 12 Heures de Sebring le week-end dernier


Cette traçabilité est très similaire à ce qui existe dans le domaine aéronautique, mais les cycles sont sans commune mesure, car une pièce peut évoluer durant le week-end entre les séries qualificatives et la course. Outre les aspects habituels de GDT, PDMLink est utilisé ici comme cœur d'un système de "Lifing" qui suit en permanence la vie de chaque pièce en relation avec les essais et les courses effectuées. Ainsi l'ingénieur d'exploitation peut directement connaître la nomenclature exacte de la voiture qui est sur la piste, ainsi que le kilométrage et le comportement de chacune des pièces qui la compose.

6 postes Pro/Engineer équipé avec Pro/Méchanica et 12 licences PDMLink ont été utilisés en 2003 et 2004 pour le développement du projet MC12. Ces chiffres devraient au moins doubler dans le courrant de l'année 2005 pour faire face au succès grandissant de la formule Trophée. Notons que pour le moment la liaison avec l'ERP Baan, qui est en place pour gérer la production et les achats, se fait de manière manuelle, mais il est prévu dans un laps de temps assez court d'automatiser cette liaison entre le PLM et l'ERP.

Bon je file, j'ai un peu de route à faire avec une Maserati Quattroporte pour aller visiter l'usine maintenant. ' Vous pourrez ainsi toucher du doigt la valeur ajoutée du PLM dans une voiture de luxe ', me dit Giorgio Ascanelli en guise d'adieu.

A la semaine prochaine.

Pour en savoir plus : http://www.maseraticorse.it

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies, suit depuis 23 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il était jusqu'à une date récente rédacteur en chef de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire.

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