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La semaine de Jean-François Prevéraud

La semaine de Jean-François Prevéraud

Industrie et Technologies
Les hasards du calendrier m'ont fait rencontrer deux fois cette semaine le management de Dassault Systèmes : pour la présentation des résultats et pour la signature d'un important contrat avec Boeing.


Le marché du PLM n'a pas été bon en 2003. Même Dassault Systèmes a marqué la pas. En effet le chiffre d'affaires de la firme de Suresnes a baissé de 2 %, passant de 774 à 755 millions d'euros, il est vrai fortement handicapé par l'évolution des taux de change défavorables à l'Euro et une baisse de l'activité en Europe. Malgré cela, le résultat net enregistre une progression de 3%, atteignant 140 millions d'euros.

C'est l'activité GDT (Enovia et SmarTeam) qui se sort le mieux de la tourmente puisque son chiffre d'affaires croit de 14 % atteignant 94,6 millions d'euros. L'activité Process Centric (Catia et Delmia) enregistre une baisse de 5 % atteignant 534,5 millions d'euros, alors que l'activité Design Centric (SolidWorks) est stable à 125,7 millions d'euros. Si l'on regarde le nombre de licences vendues Catia chute de 6 % atteignant 32 163 licences, alors que SolidWorks augmente de 7 % atteignant les 25 361 licences vendeurs.

' Globalement nous aurions connu une croissance de 5 % hors évolution des taux de change ', constate Bernard Charlès, directeur général de Dassault Systèmes. ' Malgré ces éléments contraires, nous avons renforcé selon Daratech notre part sur le marché du PLM de 2 %, atteignant maintenant 23 %, soit le même niveau que celle de nos deux plus importants challengers, UGS PLM Solutions et PTC, cumulée '.

Notons aussi que le véritable déploiement industriel de la V5 est en route puisque plus de 50% des 50 plus gros utilisateurs l'on mise en production. D'ailleurs, les ventes de Catia V5 ont représentées 79 % des ventes de Catia sur le dernier trimestre de 2003.

La création d'un Master Agent

Cette présentation des résultats a aussi été la première occasion d'évoquer la redistribution des cartes commerciales entre IBM PLM et Dassault Systèmes qui est entrain de s'opérer en France.

Un Master Agent regroupant des forces venant à la fois d'IBM PLM (10 personnes) et de Dassault Systèmes (37 personnes) a été créé début janvier chez Dassault Systèmes, afin d'animer le réseau commercial des Business Partners.
L'objectif est d'optimiser les ressources des deux partenaires afin d'améliorer les revenus et les marges du réseau commercial.

C'est Pierre Balza, ancien patron de Dassault Ventes France (DVF), qui en assure la direction. Il est remplacé à la tête de DVF par Arnaud Poujardieu, alors que du côté d'IBM PLM, Olivier Paly cède sa place à Erick Craberou.

Les rôles du Master Agent seront multiples : optimiser la couverture du territoire ; accréditer et valider les partenaires ; apporter un support marketing ; proposer un support technique en avant-vente ; créer des solutions métiers pour des besoins particuliers ; et aider les Business Partners à devenir de réels intégrateurs en étendant leur offre autour de nos logiciels (Catia, Delmia, Enovia, Smarteam) à du matériel et aux services.

Notons que c'est toujours IBM qui facturera les clients finaux et qu'il reversera des royalties à l'éditeur ainsi que des commissions aux Business Partners. IBM PLM se garde toutefois le suivi en direct d'une trentaine de grands comptes, essentiellement automobiles ou aéronautiques.

' Le réseau des Business Partners comporte une demi-douzaine d'entreprises : Dassault Solutions France issu de la fusion de DVF avec l'activité vente de logiciels de MDTVision ; T-Systems ; Rand ; RGB ; Athys. Il devrait toutefois s'étendre pour mieux couvrir géographiquement le territoire français et le Benelux, et être complété par des spécialistes métiers  ', explique Pierre Balza.

On ne peut s'empêcher de voir dans la création de ce Master Agent un laboratoire en vraie grandeur de mise au point des futures relations commerciales à moyen terme entre IBM PLM et Dassault Systèmes. ' Cette création ne doit en aucun cas être interprétée comme un désengagement d'IBM vis-à-vis du PLM. Le PLM c'est 10 % de son chiffre d'affaires logiciel et 50 % de son chiffre d'affaires dans les industries manufacturière au niveau mondial ', martèle Bernard Charlès.

Une nouvelle dimension dans la collaboration avec Boeing

' L'annonce récente de notre futur 7E7 Dreamliner marque pour nous une évolution importante de notre stratégie industrielle ', explique d'entrée de jeu Yves Galland, président de Boeing France.
' Nous allons passer d'une époque où nous travaillions avec des fournisseurs dont nous intégrions les sous-ensembles, à un véritable partenariat avec des industriels qui seront responsables de l'étude et de la réalisation de sections complètes de l'appareil ou de fonctions entières. Nous allons donc travailler étroitement avec plusieurs grands groupes industriels, tous leaders dans leur catégorie, qui sont répartis en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. C'est pourquoi nous avons besoin de mettre en place les outils et les méthodologies de travail les plus performants, afin de disposer d'un véritable plateau de travail virtuel au niveau mondial, le Global Collaboration Environment (GCE). Plus de 6 000 collaborateurs, tant chez nous que chez nos partenaires, devraient y être connectés en permanence. Dans notre esprit, cet environnement devra aussi accompagner nos appareils tout au long de leur vie, donc jusqu'à la maintenance opérationnelle où l'ou pourra notamment disposer d'une configuration en ligne des appareils avec des vues réalistes 3D pour simplifier et réduire le coût des opérations d'entretien '.

' Depuis plus de 18 mois nous travaillons en étroite collaboration avec Boeing, afin de définir et de développer dans notre offre des fonctionnalités spécifiques nouvelles, afin que les choix technologiques novateurs faits par Boeing soient réalisables ', explique Bernard Charlès.
' C'est notamment le cas dans le domaine des matériaux composites qui seront largement présents dans le 7E7 ou dans l'approche système pour laquelle des annonces importantes ne devraient pas tarder. Un autre point crucial portera aussi sur les aspects production. Elles seront toutes réalisées et validées de manière virtuelle afin d'en réduire les délais et les coûts de mise au point. Boeing pourra ainsi réaliser tous les trois mois de véritables Roll-Out virtuels, bien avant le premier Roll-Out physique '.

' Les premières simulations auxquelles nous nous sommes livrées nous laissent espérer des gains en conception de l'ordre de 15 à 40 % suivant les sujets. Cela nous permettra de respecter le planning très serré pour le développement de cet appareil novateur. Alors que nous venons juste d'annoncer la phase d'autorisation commerciale qui nous permet de commencer à démarcher les compagnies aériennes et que le véritable lancement du programme ne se fera que dans environ 12 mois, le premier vol est prévu pour 2007 et la mise en service commercial pour 2008. Ce raccourcissement des délais de développement n'est envisageable que grâce à des partenariats industriels forts et à la mise en place de notre plate-forme GCE. A terme, nous pensons par exemple pouvoir réduire la durée d'assemblage d'un appareil d'un mois actuellement à moins d'une semaine ', confie Yves Galland.

Pour le moment, aucun montant financier n'a été évoqué pour ce contrat, mais les analystes financiers parlent de 120 M$ d'ici 2007. Ce serait d'ailleurs la plus grosse commande jamais enregistrée autour d'Enovia. Notons aussi que c'est Dassault Systèmes qui assurera directement, donc sans IBM, la maîtrise de l'ensemble du projet dont la mise en place de toutes les nouvelles méthodologies de travail collaboratif. Cet aspect services représenterait de l'ordre de 20 % du montant total du projet. Faut-il y voir là aussi une évolution notable de la relation historique entre IBM et Dassault Systèmes ?

A la semaine prochaine.

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies, suit depuis 22 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il était jusqu'à une date récente rédacteur en chef de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire.

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