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La semaine de Jean-François Prevéraud

Industrie et Technologies
J'ai rencontré cette semaine Grégory Poussier de la SSII grenobloise Bassetti, qui propose une approche originale de knowledge management pour les services de R&D et les bureaux d'études.

La gestion des connaissances est un enjeu majeur aux yeux de beaucoup d'industriels. Ils y voient en effet un moyen pour réduire leurs temps de cycle, qu'il s'agisse de conception ou de production, en réutilisant les savoir-faire déjà présents dans l'entreprise et qui ont pu être formalisés, archivés et sécurisés, bref capitalisés à l'aide d'outils de Knowledge Management (KM). Ils y voient aussi le moyen de pallier la perte ou l'érosion de leur patrimoine technique.

'Mais notre expérience montre que dans les services R&D, ainsi que dans les bureaux d'études, les problématiques de gestion des connaissances nécessitent des outils adaptés et une démarche spécifique. Et force est de constater que la plupart des éditeurs de logiciels de KM ne se préoccupent pas suffisamment des aspects particuliers inhérents aux connaissances scientifiques ou techniques. Ils ne proposent que des solutions transversales pour toute l'entreprise et ne parviennent pas à restituer le métier de la R&D dans son contexte. D'où un vide dans le domaine des solutions de gestion informatique du patrimoine technique de l'entreprise ', remarque Grégory Poussier, responsable projet chez Bassetti.

C'est en partant de ce constat que la firme grenobloise, créée voici 10 ans par David Bassetti, s'est lancée dans le développement d'un outil d'aide à la sélection de matériaux utilisant la logique floue, Fuzzymat. Elle a ensuite réutilisé les méthodologies de capitalisation d'expertises et de gestion des connaissances ainsi développées, pour créer à la demande d'autres outils de Management d'Expertise Technique (MET). ' Ces multiples expériences débouchent maintenant sur la commercialisation d'une offre baptisée METFinder qui se différencie fortement des offres d'outils de KM ou de GDT présentes sur le marché, car elle tient compte du monde éminemment évolutif qu'est celui de la R&D '.

Comment par exemple gérer dans la durée des essais expérimentaux dont les protocoles sont amenés à évoluer régulièrement si l'on a une structure de données figée ? Certes, il est toujours possible de convertir les données pour avoir des résultats interprétables. Mais bien souvent cela prend plus de temps que le gain à en tirer pour une interprétation directe.

De même, le recueil d'un savoir-faire n'est que l'image instantanée et bien souvent incomplète de la connaissance d'un groupe d'experts. En R&D, la nature même des projets à traiter, ainsi que celle des connaissances à mettre en œuvre, évoluent au fil du temps et il faut donc en permanence mettre à jour l'outil de KM, sous peine de le voir rapidement devenir obsolète. Enfin, les expériences capitalisées sont toujours valables sur un domaine et dans des proportions variables, avec des tolérances. Il faut donc tenir compte de ces tolérances de véracité des connaissances. Autant de flous que les traditionnels outils de KM ou de GDT ont du mal à maîtriser.

' C'est là l'une des spécificités de METFinder que de pouvoir intégrer ces tolérances grâce à nos compétences antérieures dans le domaine de la logique floue. Il est ainsi possible de faire des sélections multicritères avec des critères de logique floue, tant sur les matériaux, que les process de mise en œuvre ou les produits. De même, notre forte connaissance du monde de la R&D nous a conduit à développer d'entrée de jeu une forte compatibilité avec les outils de bureautique traditionnels qui servent souvent à archiver de nombreuses informations, soit sous forme de tableaux Excell, soit sous forme de bases de données de type Access. Ainsi METFinder peut facilement capsuler ces applications, tant au niveau données que modèles de calcul, pour les réutiliser '.

Enfin, et c'est là un autre de ses mérites, METFinder tourne sur de simples postes de travail bureautique sous Windows, ce qui permet de limiter son coût. ' Il faut compter moins de 10 k€ pour une configuration de 10 à 15 utilisateurs si les données existent et sont déjà structurées '.

Cette nouvelle approche de la gestion des connaissances dans le domaine de la R&D intéresse déjà plusieurs groupes industriels qui ont orienté les développements. Ainsi en est-il de Saint-Gobain, EDF, Schneider Electric et de l'Agence Rhône-Alpes pour la maîtrise des matériaux. Parmi les projets en cours avec ces industriels notons un outil d'aide à la détermination de traitement de surfaces métalliques nécessitant le recueil des savoir-faire de sept experts. Autre développement en cours, un outil d'estimation des temps de cycle de fabrication en fonction des paramètres de conception, qui est basé sur l'expérience acquise au cours d'une quarantaine de projets antérieurs. Une expérience à suivre.

A la semaine prochaine.

Pour en savoir plus : http://www.bassetti.fr 

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies, suit depuis 22 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il était jusqu'à une date récente rédacteur en chef de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire.

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