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La semaine de Jean-François Prevéraud

La semaine de Jean-François Prevéraud

Industrie et Technologies
Petit tour à Francfort cette semaine pour assister à l'ECF, grand messe du monde utilisateur des logiciels de Dassault Systèmes. Une constante dans toutes les interventions l'innovation.


Le ton a été donné d'entrée de jeu par Walter Donaldson, Global General Manager PLM d'IBM : ' Seule l'innovation permet de résoudre l'équation économique actuelle à laquelle sont confrontés tous les industriels, à savoir réduire leurs coût et augmenter leurs revenus pour améliorer leur profitabilité et leurs chances de survie. Par contre, l'innovation ne doit pas être un accident, mais le résultat d'une planification rigoureuse. Pour cela, il faut changer la manière dont vous voyez vos produits, en adoptant un point de vue d'utilisateur, afin de changer la nature même de vos produits. L'exemple emblématique est l'i-Pod qui est une version complètement revisité du baladeur CD '.

Une vision appuyée par les témoignages de professionnels très divers, chacun reconnus dans leur secteur. Pour Patrick Faure, président de Renault F1 : ' En Formule 1, celui qui ne se remet pas perpétuellement en cause est mort. Lorsque l'on a une solution qui marche, il faut essayer de la voir autrement pour l'améliorer et anticiper d'au moins deux coups les progrès des adversaires '. Un avis partagé par Alain Passard, chef étoilé du restaurant Arpège : ' J'ai été au bout d'un process en cuisinant pendant 20 ans de la viande. Malgré les avertissements, je me suis complètement remis en cause en travaillant maintenant uniquement les légumes. Et cela marche '.

C'est cette remise en cause des acquis pour faciliter l'innovation qu'est aussi venu défendre Nick Donofrio, executive vice president Innovation & Technology d'IBM. ' L'innovation c'est l'intersection du monde de l'invention avec ceux de la création de valeurs sociales et économiques. Pour cela, il faut aussi savoir trouver le bon équilibre entre les challenges économiques de l'entreprise et les technologies utilisables, tout en repensant les processus même de l'innovation. Ceux-ci doivent être ouverts, collaboratifs, multidisciplinaires et globaux '.

Force alors d'expliquer l'omniprésence d'Internet qui, avec 1 milliard d'utilisateurs connectés à horizon 2007, change la nature même des produits et des services que les consommateurs attendent. Mais c'est aussi le vecteur d'un changement profond des méthodologies de travail qui de verticales vont devenir beaucoup plus horizontale en connectant simultanément tous les acteurs du processus d'innovation. Un terrain privilégié où le PLM devrait pouvoir trouver le moyen de s'exprimer pleinement.

Un plaidoyer pour l'innovation entièrement partagé par Bernard Charlès, directeur général de Dassault Systèmes : ' L'innovation ce n'est pas uniquement redistribuer les part d'un gâteau existant, c'est surtout faire grossir le gâteau pour que tout le monde ait à manger. L'industrie doit maintenant ce voir comme planétaire et nos outils de PLM permettent cette virtualisation avec l'indispensable collaboration qui va avec. Même le consommateur doit être inclus dans la boucle en lui donnant la possibilité d'interagir avec le produit qui est en cours de définition. C'est d'ailleurs pour faciliter l'utilisation de ces outils avancés par le plus grand nombre que nous avons fait dans l'été l'acquisition de la technologie de Virtools '.

Une nécessaire évolution partagée par les industriels. Pour Steef Klein, responsable informatique de Meyn Food Processing Technology, un fabricant de machines d'abattage et de traitement de la viande : ' nos clients ne nous demandent plus de fournir une machine en nous donnant seulement des spécifications techniques. Nous devons maintenant leur proposer un équipement qui s'intègre parfaitement dans leur Supply Chain. Cela nous a obligé à complètement repenser nos machines dans l'optique système en mettant notamment l'accent sur la maintenance. Le PLM nous aide dans cette démarche en facilitant la vision de nos solutions tout au long de leur cycle de vie. Nous pouvons notamment gérer nos équipements en place "as maintened", ce qui accélère les remise en route en cas de problème. De plus nous sommes passés d'un processus de conception à la commande à un processus de configuration à la commande '.

Des bienfaits du PLM illustrés d'une autre manière par Luca Marmorini, responsable informatique de Toyota Motorsport : ' La mise en place du PLM nous a permis de faire passer de 5 jours à un le test de certaines pièces utilisées dans l'aérodynamique de nos voiture. Globalement nous avons pu réduire de 35 % le temps nécessaire au processus global de définition de l'aérodynamique. Le PLM nous a aussi permis d'augmenter la qualité de nos études ce qui c'est traduit par un montage à 90 % bon du premier coup sur notre première voiture de test '.

Des illustrations du présent que Bernard Charlès est venu éclairer d'une vision du futur. ' Il y a 5 ans les PLM était une vision ; mais aujourd'hui c'est une réalité. Nous proposons un ensemble de logiciels et de méthodologies de travail qui permettent à nos clients de développer et de valider leurs produits de manière totalement numérique. Il faut maintenant leur donner les moyens d'utiliser ces informations 3D à tous les acteurs qui sont en prise avec le cycle de vie du produit jusqu'à l'utilisateur final. Il faut par exemple être capable de faire de la collaboration globale instantanée autour du 3D. En cliquant sur une pièce dans un assemblage, il faut pouvoir en faire apparaître instantanément la fiche signalétique avec les mails de tous les acteurs ayant travaillé dessus et pouvoir entrer directement en communication par vidéoconférence avec eux pour résoudre rapidement un problème ou faire un choix. A terme il faudra pouvoir se déplacer dans un modèle virtuel et y faire des recherches instantanées, aussi simplement que l'on utilise Google pour surfer sur l'Internet. Même, le consommateur final devra pouvoir être sollicité afin de valider des choix de conception, d'ergonomie ou de présentation. Le 3D est un fantastique moyen pour lier le produit, son contexte et des scénarios d'utilisation. C'est véritablement un nouveau média qui devrait faciliter l'innovation. A nous et à vous de le créer '.

Parallèlement à ces sessions magistrales j'ai pu m'entretenir avec Walter Donaldson, Global General Manager PLM d'IBM.
Lorsqu'on lui demande comment il voit le marché du PLM dans le futur, il adopte la même vision que son partenaire Bernard Charlès en mettant toutefois plus l'accent sur les aspects services. ' IBM est depuis longtemps une entreprise mondiale. Nous connaissons donc bien la problématique que beaucoup d'entreprises découvrent actuellement. Nos divisions services peuvent donc les aider à progresser plus vite, notamment dans les phases de définition et d'implémentation des approches PLM à mettre en place '.
Sur les principaux acteurs du marché : ' Beaucoup d'acteurs actuellement présents sur le marché du PLM n'ont pas notre vision du futur. Ils restent trop attachés aux produits qu'ils commercialisent actuellement. Les acteurs issus du monde de l'ERP (SAP, Oracle…) sont plus visionnaires notamment sur les processus d'entreprises, par contre ils n'ont pas encore à leur disposition la bonne compréhension des savoir-faire ingénierie. J'ai par contre une réelle une interrogation vis-à-vis du devenir de Microsoft dans le monde du PLM, car ils réalisent de tels profits que tout est possible '.
Enfin sur les relations entre IBM et Dassault Systèmes : ' Nous sommes partenaires depuis près de 25 ans pour notre plus grand profits à tous les deux. Dans 90 % des cas, l'offre que nous proposons à nos clients les satisfait. Et pour les 10 % restants, je ne m'interdis pas de travailler avec d'autres partenaires '.

En marge de ce forum, IBM et Dassault Systèmes ont annoncé l'intégration de la technologies 3D XML avec Lotus Notes. Dassault Systèmes et Microsoft ont annoncé la disponibilité de la gamme V5 sur plate-forme Windows XP Professional x64 Edition. La société MTorres, fabricant de machines de nappage de matériaux composites, rejoint le programme CAA V5 et Fluent dévoilait Fluent for Catia V5.

A la semaine prochaine.

Pour en savoir plus :
http://www.3ds.com

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l'Usine Nouvelle, suit depuis plus de 24 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il était jusqu'à une date récente rédacteur en chef de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire.

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