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La semaine de Jean-François Prevéraud

Industrie et Technologies
Micad 2004 : premières impressions à chaud alors que l'événement n'est pas encore terminé. Avec en prime quelques nouveautés prometteuses.

A l'heure où je boucle cette lettre, le 23e Micad n'a pas encore fermé ses portes. Je ne serai donc en mesure de vous en faire le compte-rendu détaillé que la semaine prochaine. Par contre, je vais vous livrer mes premières impressions sur la tendance du marché et sur les quelques nouveautés qui m'ont semblé les plus prometteuses.

Certes il y a moins d'exposants, certes les stands sont un peu moins luxueux, certes il y a peu de nouveautés révolutionnaires chez la plupart des éditeurs. Par contre, agréable surprise pour tous, il y a des visiteurs en nombre, qui plus est avec des projets.

Alors qu'il y a quelques semaines encore beaucoup d'exposants tablaient sur un Micad morose, reflet d'une année 2003 difficile et de perspectives 2004 mornes, force leur est de reconnaître qu'ils ont rencontré de nouveaux prospects venus avec des projets. Difficile pour le moment de dire si c'est l'effet de l'effort fait par l'organisateur, le BIRP, pour toucher de nouvelles cibles ou le signe d'une réelle reprise. Les deux certainement.

Attention toutefois, ne nous trompons pas sur l'ampleur de la reprise espérée. Les nouveaux projets dont on nous a parlés sont de petite taille, moins de 10 postes, par contre, ils sont à installer d'ici l'été et les industriels entendent en tirer les premiers retours sur investissement dès la fin de cette année.

De fait, plus que les capacités techniques, le retour sur investissement rapide est devenu un leitmotiv incontournable dans la bouche des utilisateurs.

Grâce à l'utilisation massive de l'informatique, l'industrie travaille maintenant véritablement en temps réel, tant pour le développement de nouveaux produits que pour la production. Il lui semble donc logique d'obtenir des retours sur investissement en temps réel. En effet, la plupart des industriels ont une visibilité à quelques semaines sur leur carnet de commande et sont très sensibles à la moindre défection. Comment dans ces conditions accepter des projets pluriannuels, qui de plus vont bouleverser leur organisation et dans un premier temps perturber leur productivité ?

Ils concèdent que la vision doit être globale et à long terme. Par contre, ils souhaitent un déploiement rapide et rentable à court terme. Cela suppose donc des projets bien cernés, de faible ampleur, ainsi qu'une sélection rigoureuse des acteurs, notamment sur les aspects capacité à déployer et services d'accompagnement.

De fait, bien peu des industriels que nous avons rencontrés au fil des allées, ont évoqué une démarche PLM. Un acronyme d'ailleurs bien souvent inconnu ou, au mieux, jugé trop marketing et ne correspondant pas à des processus industriels clairement identifiés chez eux. Messieurs les marqueteurs, il va falloir revoir votre copie !

Autre constatation, les spécialistes du calcul et de la simulation numérique, ainsi que de la FAO, sont les acteurs qui s'en sortent le mieux dans un marché atone. Il faut dire que leurs logiciels ou leurs services sont de véritables cash machines permettant d'économiser rapidement beaucoup de temps et d'argent. La simulation d'emboutissage est à ce titre exemplaire. Optimisation des pièces, des outils et des processus peuvent ainsi être menées de front, tout en garantissant la qualité du résultat. Une manne lorsque l'on veut réduire les cycles de développement.

J'ai remarqué...

Parmi les nouveautés présentées, ce sont celles ayant attrait aux aspects imagerie et réalité virtuelle qui m'ont semblé les plus prometteuses.

J'ai par exemple été bluffé par les démonstrations du logiciel D'Fusion de Total Immersion. Cette jeune start-up française est en effet capable de mélanger les mondes réels et virtuels. Un prototype numérique de véhicule peut ainsi être piloté dans un décor réel et interagir en temps réel avec lui. Si l'on dirige la voiture vers le tremplin, elle saute … ou se retourne si vous avez manqué la rampe.

De même, la ruine antique que vous observez peut, par la magie du numérique, retrouver son lustre et voir ses formes d'antan parfaitement restituées. Enfin, on peut superposer au coffret électrique dont vous vous approchez, l'enchaînement des opérations de maintenance que vous allez devoir effectuer, le tout en temps réel en tenant compte de vos mouvements. Bluffant, je vous ai dit. Nous en reparlerons.

Nos amis de VSP Technology n'étaient pas en reste. Déjà bien connus pour leur logiciel de simulation d'éclairage - rappelez-vous la superbe double page sur la mise en lumière de l'abbaye de Figeac que nous avons publiée dans notre magazine papier de mars - ils présentaient en avant première X-Mesh, une application issue des recherches de l'Inria.

Ce logiciel dépouille automatiquement un modèle 3D et met la peau ainsi obtenue à plat, tout comme le ferait un fourreur avec la peau d'un animal. Là c'est moins macabre puisque l'on dépouille un volant de voiture. Il suffit d'indiquer sur le modèle 3D les lignes de couture et le logiciel se charge du reste. Et la mise à plat reste bijective avec le modèle 3D. De plus, on récupère une cartographie des normales de chacun des polygones constituant la surface. On applique alors des textures sur la peau ou des cartographies d'éclairage, qui sont parfaitement restituées sur le modèle 3D.

Mais le plus fort reste à venir. Le logiciel peut réduire dans un ratio de 1 à 10 le nombre des polygones sans que la qualité du rendu réaliste dans son niveau de détail soit réellement affectée. Je vous laisse imaginer l'effet sur la taille des modèles ainsi traités. Là aussi, nous en reparlerons.

Enfin, petit nouveau, la toute jeune start-up TechViz propose XL, un logiciel permettant d'afficher un modèle 3D sur un mur d'image constitué de plusieurs écrans. Peu importe que votre application ait été prévue pour être visualisée sur plusieurs écran ou non, XL s'occupe de tout. Il se comporte comme un pilote virtuel répartissant les morceaux de l'image fortement compressés qu'il distribue sur les différentes cartes graphiques des PC connectés. Vous pouvez ainsi créer votre propre mur d'image en réunissant les PC dont vous disposez pour un investissement limité (environ 25 k€). Là encore, nous en reparlerons.

Ces quelques nouveautés évoquées, je vous quitte pour finir ma visite.

A la semaine prochaine … pour un compte rendu plus détaillé.


Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies, suit depuis 22 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il était jusqu'à une date récente rédacteur en chef de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire.

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