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La semaine de Jean-François Prevéraud

Industrie et Technologies
Micad vient de se terminer. Voici l'heure du premier bilan et quelques annonces faites par Patrick Devedjian, Ministre délégué à l'Industrie, lors de l'inauguration.

Les lumières viennent à peine de s'éteindre qu'il faut déjà tirer un premier bilan du Micad 2005. Il restera dans les annales comme une petite édition. Petite car le nombre d'exposants était en baisse.

En effet, certains grands noms ont préféré s'abstenir de participer directement, privilégiant des manifestations 'propriétaires' où les visiteurs leur semblent plus captifs et moins réceptifs à des messages pouvant venir de la concurrence. Certains éditeurs allant même jusqu'à "conseiller fortement" à leurs partenaires de suivre leur exemple. D'où certaines défections.

Mais force est de constater que nous avons vu de l'Autocad, du Bentley, du Catia, du Solid Edge et même du SolidWorks sur certains stands sous couvert de présentation de partenariats, de matériels, de formations, de démonstrations d'utilisateurs ou de prestations de services, voire de distribution. Au final, peu de visiteurs se sont aperçus de l'absence de ces éditeurs, même si tous constataient que le salon était moins grand. Il faut quand même constater qu'avec 180 exposants, le Micad reste parmi les salons les plus dynamiques du secteur, de plus avec une audience nationale.

D'ailleurs, les animations mises en place par l'organisateur ont fait un tabac. Ainsi avec plus de 1 400 participants, les conférences ont connu un succès jamais rencontré par le passé. Les thèmes, mis au point avec l'appui d'organisations représentant des utilisateurs, étaient particulièrement bien choisis pour attirer les PME. A tel point, qu'il m'a fallu jouer des coudes pour entrer à certain moment dans les salles.

De même, le comptoir des utilisateurs, regroupant les clubs du même nom, le café des architectes avec ses forums de témoignage, ainsi que l'espace imagerie et visualisation, très axé sur la simulation des processus, ont polarisé l'attention de nombre de visiteurs. Si l'on ajoute à cela les ateliers de prise en main organisés par certains exposants dans une salle dédiée ou sur leur stand, comme ce fut le cas chez Alias, ainsi que l'espace recherche et formation, il faudrait être de bien mauvaise foi pour parler d'une édition morose.

Certes ce n'était pas l'euphorie, mais l'industrie française est-elle euphorique en ce moment ? Disons que Micad 2005 a été une édition de transition, en attendant des jours meilleurs, avec un volume et une qualité de contact corrects, aux dires de la plupart des exposants que nous avons rencontrés. Mais comme toujours, cela reste à concrétiser dans les mois à venir. Pas si mal, car certains exposants, perturbés par l'absence de leurs confrères ou concurrents, étaient très réservés quant au succès de cette manifestation, il y a encore quelques semaines. A l'issu du salon, ils étaient plutôt contents et ravis d'avoir pu voir tranquillement les clients de leurs concurrents absents.

La visite du ministre

Enfin, nous avons eu, pour une fois, la visite du Ministre délégué à l'Industrie, en la personne de Patrick Devedjian. Cela a permis aux exposants présents de faire valoir leurs idées. Ainsi Catherine Marko, directrice générale de Sescoi France, a-t-elle interpellé le ministre sur le problème des licences pirates des logiciels disponibles dans le sud-est asiatique.

' Des copies pirates de notre logiciel de FAO WorkNC, mais c'est aussi vrai pour la plupart des autres logiciels présents sur le Micad, sont disponibles en Chine pour 8 euros. C'est à la fois un manque à gagner important pour nos sociétés, mais aussi un risque énorme pour nos clients européens, qui doivent lutter avec des concurrents asiatiques dont les coûts sont ainsi sans commune mesure. Cela explique en partie la vague sans précédent de disparitions d'entreprises à laquelle nous sommes confrontés actuellement '.

' Croyez, Madame, que nous travaillons très sérieusement sur le problème du piratage ' a répondu le ministre, se voulant rassurant, avant de filer vers un autre stand.

Nous avons aussi retenu de cette visite ministérielle un certain nombre d'annonces, notamment liées à l'aide à l'innovation, faites lors du discours de clôture.

' L'innovation et le développement de nouveaux services sont un vecteur de croissance et un gage pour rester compétitif. A ce titre le logiciel industriel doit constituer une priorité du soutien public. Permettez-moi de citer cinq instruments d'appui à l'innovation, créés par le Gouvernement depuis un an, qui me paraissent particulièrement bien adaptés aux besoins de l'industrie du logiciel :

  • Premièrement, l'Agence de l'Innovation Industrielle, mise en place à la suite du rapport de Jean-Louis Beffa, et que le Gouvernement vient de doter d'un budget de 2 milliards d'euros ;  
  • Deuxièmement, les programmes de l'Agence Nationale de la Recherche, qui vient de bénéficier d'une première dotation de 350 millions d'euros pour 2005 ;  
  • Troisièmement, la stratégie nationale des pôles de compétitivité, qui sera accompagnée d'un investissement public de plus de 700 millions d'euros sur trois ans, et qui permettra de rassembler les forces des entreprises, des centres de recherche, et des universités, sur un territoire cohérent, pour multiplier les coopérations et l'innovation ;  
  • Quatrièmement, le dispositif "jeune entreprise innovante", qui fait bénéficier ces entreprises d'une exonération totale des cotisations sociales patronales, pendant huit ans, sur les personnels participant aux projets de R&D, ainsi que d'une exonération d'impôt sur les sociétés et de taxes locales. Ce statut déjà accordé à près de 1 000 sociétés innovantes a permis la création de plus de 4 500 emplois. Pour une jeune entreprise innovante en France, le coût salarial d'un chercheur ou d'un ingénieur est désormais bien inférieur à celui des Etats-Unis, du Royaume-Uni ou de l'Allemagne.  
  • Cinquièmement, le crédit d'impôt recherche, qui a été élargi par le Gouvernement pour intégrer désormais 5% du volume des dépenses de recherche et développement de l'année écoulée. En année pleine, le coût fiscal de cette mesure est estimé à 850M€ '.

Le message est clair : innovez ; faites de la R&D ; l'Etat est prêt à financer une partie de vis dépenses.

J'ai aussi noté un plaidoyer pour l'accès des entreprises à l'Internet à très haut débit, plus de 50 Mégabits par seconde, notamment pour les applications de travail collaboratif. Il s'agit de favoriser l'extension du réseau de fibres optiques présent sur le territoire, particulièrement dans les zones d'activités industrielles.

Enfin, le ministre a aussi annoncé un crédit d'impôt pour les PME qui investissent dans l'informatique. ' Afin de faciliter la diffusion des outils numériques et de l'Internet dans les petites et moyennes entreprises, le Gouvernement a par ailleurs inscrit dans la Loi de Finances pour 2005 un crédit d'impôt pour les petites et moyennes entreprises qui investissent dans leur équipement informatique. Dans ces sociétés, les investissements pour des accès à Internet haut débit ou la mise en place d'un réseau Intranet, par exemple, ouvriront droit à un crédit d'impôt de 20 % '.

Mais avec cette visite exceptionnelle et ces bonnes nouvelles pour les PME, je n'ai même pas eu le temps de vous parler des nouveautés que j'ai découvertes au fil des stands.

A la semaine prochaine donc.

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies, suit depuis plus de 23 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il était jusqu'à une date récente rédacteur en chef de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire.

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