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La semaine de Jean-François Prevéraud

La semaine de Jean-François Prevéraud

Industrie et Technologies
J'ai rencontré ces jours ci plusieurs managers d'acteurs importants du monde du PLM, afin de faire le point sur l'année écoulée et de recueillir leurs sentiments sur les mois à venir.

SAP tient au PLM

'Coupons tout de suite cours aux rumeurs. SAP ne se retirera pas du marché du PLM ', prévient d'entrée de jeu Sauveur Canamela.

Certes SAP a connu une année 2003 difficile puisque son chiffre d'affaires mondial global a régressé de 5 %, à 7 025 millions d'euros et que les ventes de logiciels ont, elles aussi, chutées, de 6 %, à 2 147 millions d'euros. De plus, l'Europe fait figure de mauvais élève pour les ventes de licences de logiciels avec une baisse des revenus de 10 %. Si l'on s'intéresse aux lignes de produits, les ventes de licences mySAP PLM sont en baisse de 8 % à 156 millions d'euros, ne représentant que 7 % des revenus logiciels.

Certains analystes ont alors vite franchi le pas en prédisant que SAP allait abandonner ce segment de marché.

' Il n'en est rien. Par contre, nous allons effectivement revoir notre politique dans le domaine du PLM, en nous appliquant ce que nous préconisons à nos clients au niveau du CRM. Nous allons ainsi être beaucoup plus à l'écoute de leurs besoins. Plutôt que d'évangéliser nos clients sur une approche PLM globale, nous allons leur proposer des approches plus orientées métier et problématique industrielle, comme par exemple l'introduction de nouveaux produits.

 De fait, il s'agit d'outiller certains processus techniques de l'entreprise. Cela facilite la démarche, mais surtout permet de rester dans des projets à taille humaine et d'obtenir des retours sur investissement beaucoup plus rapides. Il est aussi clair que nous allons privilégier les relations avec nos clients R/3 et éviter de nous disperser en répondant à des appels d'offres uniquement PLM où l'évolution vers l'ERP n'est pas envisagée '.

' Nous allons aussi nous rapprocher d'avantage de nos partenaires dans le domaine du conseil qui apportent une véritable valeur ajoutée, tant à nos clients qu'à nous même. Ils apportent en effet une connaissance des métiers et des processus, ainsi que des meilleures pratiques du moment, qui permet d'aller beaucoup plus vite dans la définition des besoins et dans la mise en place de solutions novatrices, intégrables dans l'architecture globale du système d'information du client '.


Think3 annonce 150 % de croissance

Darius Lahoutifard est un homme heureux. Un an après avoir repris les rênes de Think3 France, il affiche un résultat surprenant dans un marché atone : 150 % de croissance, soit pratiquement le double de sa maison mère.

' Nous tirons là les bénéfices d'une approche novatrice qui arrive au bon moment. Tout d'abord notre modèle commercial basé sur une vente d'un droit d'utilisation annuel, répond à une demande forte des clients : savoir à l'avance ce que va leur coûter leur CAO.

D'autre part, l'emphase que nous portons sur l'e-learning, qui permet de former les gens à leur rythme sans qu'ils aient à se déplacer, évite aux entreprises de transformer des semaines de production en semaines de formation. Il faut bien entendu ajouter à cela les performances de nous outils Think Design en conception et Think Team en GDT, mais c'est un prérequis '.

Et de fait cela marche, puisque Think3 France a conquit 50 nouveaux clients en 2003 tels : Arthus Bertrand ; Bema ; Chausson Outillage ; PCI ; Matra Electronique ; Sofresid Ingénierie… Cela lui a permis de dépasser les 5 millions d'euros de chiffres d'affaires.

' Nous avons aussi séduit de nombreuses entreprises en leur proposant d'aller plus loin en les aidant à étaler leurs pointes de charge, grâce à de la sous-traitance capacitaire. La sous-traitance n'est pas une nouveauté dans les bureaux d'études. Par contre, il est nouveau qu'un éditeur s'en préoccupe. De fait, il s'agit pour nous de mettre en relation des utilisateurs de nos logiciels en fonction de leurs spécificités. Nos clients peuvent ainsi trouver des forces d'appoint, avec lesquelles ils pourront dialoguer directement puisqu'ils utilisent le même logiciel.

Ces forces d'appoint pourront être utilisées lors de surcharges passagères ou prendre en charge des travaux de premier niveau comme la mise en plans ou la reconstruction de modèles 3D à partir de plans 2D. Nos clients pouvant ainsi se refocaliser sur des travaux plus rémunérateurs. Certes, il est possible pour nos clients de traiter en direct avec des sous-traitants, mais cela devient difficile lorsqu'il s'agit d'aller explorer seul des pays à bas coût de main d'œuvre. Nous l'avons fait pour eux et nous y avons déjà sélectionné les partenaires les plus efficaces '.

' Cette nouvelle orientation devrait nous permettre de faire passer notre chiffre d'affaires prestation de 4 % en 2003 à plus de 20 % en 2004, car cette approche rencontre beaucoup d'intérêt en France, plus d'ailleurs que chez nos voisins européens.

Concernant la progression des autres activités notamment d'édition, je suis tout aussi confiant. Nous allons bientôt annoncer dans notre offre un configurateur de produit de haut niveau. Celui-ci est capable, à partir d'une description, de vérifier la faisabilité, de créer la nomenclature, de générer l'assemblage et de créer les pièces manquantes à partir de modèles paramétrés. Nous avons déjà des clients qui ont testé cette approche et qui ont pu réduire de manière très significative leur cycle de développement. Là encore un outil novateur qui arrive au bon moment ', conclut de manière malicieuse Darius Lahoutifard.


Et quelques autres …

Jean-Louis Henriot, PDG de Lascom, est lui aussi heureux puisque Advitium, son approche PLM très orientée vers les industries du process, lui a permis d'enregistrer une croissance de 20% en 2003 et qu'il pense que 2004 se présente sous des auspices similaires.

Enfin, Erick Crabérou, nouveau manager de l'entité Europe de l'Ouest d'IBM PLM Solutions, entrevoit pour 2004 les prémisses d'une reprise, qui devrait se traduire par des investissements forts autour du PLM, après il est vrai une année sabbatique.

Espérons qu'ils aient tous raison.

A la semaine prochaine.

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies, suit depuis 22 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il était jusqu'à une date récente rédacteur en chef de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire.

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