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La semaine de Jean-François Prevéraud

La semaine de Jean-François Prevéraud

Industrie et Technologies
Petite visite au pays des milliardaires en dollars puisque UGS et Dassault Systèmes viennent de présenter leurs résultats 2004 et ont tous deux franchi cette barrière symbolique...

Hasard du calendrier ou "marquage à la culotte" ? Toujours est-il que les deux éditeurs leaders du marché du PLM ont en effet présenté cette semaine à moins de 24 heures d'écart leurs résultats financiers pour 2004.

UGS annonce un chiffre d'affaires global de 1 019 millions de dollars, en hausse de 14 % par rapport à l'année précédente. L'éditeur affirme que la part vente de licences de logiciels a connu quant à elle une croissance de 10 %, et que la partie véritablement PLM (cPDm chez cet éditeur) est en croissance de 35 %, sans toutefois en donner le montant. Cela lui permet de dégager une marge opérationnelle de 201 M$, en hausse de 37 % par rapport à l'année 2003.

 Voilà c'est tout, il nous faudra attendre quelques jours pour avoir un peu plus de détails.

Toutefois, UGS a aussi profité de l'annonce de ses résultats pour présenter deux accords. Le premier, signé avec HP, vise à développer une approche one stop shopping dans le domaine du PLM où les deux sociétés vont s'allier pour proposer des offres globales comprenant les logiciels, le matériel, les services, l'intégration et le support. Le second accord a été signé avec Capgemini US LLC dans le domaine du conseil et des services.

Heureusement pour nous Dassault Systèmes étant une société française, nous avons donc pu avoir une conférence de presse en bonne et due forme pour la présentation de ses résultats. Et donc beaucoup plus de détails. N'y voyez donc pas un quelconque favoritisme, mais plutôt un effet de proximité.

Le chiffre d'affaires de Dassault Systèmes à été de 797 millions d'euros en 2004, soit environ 1 040 millions de dollars suivant le taux de conversion adopté. Ce qui traduit une croissance de 9 % hors fluctuations des taux de change. Les ventes de licences de logiciels enregistrant quant à elles une croissance de 8 %. Ce qui permet à Dassault Systèmes de dégager une marge opérationnelle de 240 M€ hors fluctuations des taux de change, en croissance de 10 %.

Si l'on regarde plus en détail les chiffres, la partie Process Centric (Catia, Delmia et Enovia) connaît une croissance globale de 7 %, la part GDT enregistrant une croissance de 11 %. La partie Design Centric (SolidWorks et Smarteam) connaît quant à elle une croissance de 21 %. Au total ce sont plus de 62 600 nouvelles licences qui ont été vendues, dont 29 900 pour SolidWorks (+18 %).

Cette filiale enregistre une croissance de son chiffre d'affaires de 28 % en dollars et dispose maintenant d'une base installée industrielle de 176 500 sièges. Notons que son activité de partage de modèles 3D à travers l'Internet, PartStream.Net, est passée de 1,6 à 2,75 millions de transactions entre 2003 et 2004. '

 Concernant la migration Catia V4 vers V5, actuellement 86 % des ventes de licences Catia se font sous V5. Il est vrai que les PME vont plus vite que les grands comptes qui le font au fur et à mesure des lancements de nouveaux programmes ', complète Thibault de Tersant, directeur financier de Dassault Systèmes.

' Nous sommes dans une dynamique qui nous laisse espérer en 2005 une croissance de 10 à 12 % hors fluctuations des taux de change. Notre chiffre d'affaires 2005 devrait donc se situer entre 865 et 875 M€, soit aux alentours de 1 130 M$ ', estime Bernard Charlès, directeur général de l'entreprise.

' Notre vision d'entreprise est d'offrir au marché les outils lui permettant de créer des produits innovants et de simuler leur cycle de vie global dans une optique de développement durable. Cela est passé depuis notre création en 1981 par un certain nombre d'étapes : 2D ; 3D ; maquette numérique ; PLM… Nous allons maintenant mettre l'emphase sur l'intégration des savoir-faire et des connaissances dans nos outils, ainsi que sur la simulation réaliste du comportement des produits conçus à l'aide de nos outils. Nous voulons donc devenir un acteur de 1e ordre dans le domaine de la simulation ', révèle Bernard Charlès.

' Plus généralement, il faut voir le PLM comme un superbe outil facilitant l'innovation et l'augmentation de la valeur ajoutée dans les produits de nos clients. Il facilite la collaboration et la compréhension au sein de l'entreprise étendue. Il permet la validation numérique des produits et des process de fabrication très en amont des projets, mais surtout il permet d'innover plus seulement dans la définition du produit, mais tout au long de son cycle de vie. Les travaux que nous menons avec Nissan sont à ce titre exemplaires. Cela veut dire qu'au delà du PLM que nous connaissons actuellement, il va falloir s'intéresser à de nouvelles applications quitte à créer de nouveaux marchés '.

' Je pense par exemple à l'automatisation des systèmes de production. Les premiers accords que nous avons signés avec Schneider Electric et Omron, ainsi qu'Unisys vont permettre de développer en partenariat avec ces acteurs, mais aussi avec d'autres, des moyens performants pour mieux définir, contrôler, simuler et optimiser les moyens de production dès les phases amont de la définition des produits qu'ils devront fabriquer. Certains acteurs du monde des automatismes travaillent même actuellement sur l'intégration de technologies Delmia dans les composants d'automatisme qu'ils commercialiseront bientôt '. Dassault Systèmes a profité de l'occasion pour annoncer que DaimlerChrysler a retenu la plate-forme Delmia Digital Factory dans le cadre d'un contrat de plus de10 M€ pour son entité Mercedes Car Group.

' Nous nous impliquerons aussi de plus en plus fortement dans la démocratisation des outils 3D, tels 3DXML car les analystes estiment que pour environ 5 millions de créateurs de données 3D stratégiques, il y a environ 20 millions d'utilisateurs potentiels ayant besoin de manipuler ces données et environ 100 millions de personnes ayant besoin de les visualiser. Cela suppose de disposer d'outils ayant la fois des performances en termes de fonctionnalités, d'ergonomie et de simplicité d'emploi, ainsi que de compacité des formats de données '.

Concernant les aspects commerciaux à venir, Bernard Charlès a donné quelques informations sur le partenariat signé en Chine avec Caxa. ' Le marché chinois est un formidable réservoir de croissance, par contre il n'a, du fait de sa culture industrielle, pas forcément besoin des mêmes outils PLM que l'occident. C'est pourquoi nous avons décidé de créer un partenariat avec Caxa, afin de développer autour de notre technologie V5 des outils PLM 2D-3D répondant aux attentes spécifiques de ce marché. Mais Caxa développera aussi des composants PLM que Dassault Systèmes intégrera dans son offre, notamment au niveau de la migration 2D-3D '.

' D'autre part, notre partenariat commercial avec IBM s'ajuste en permanence afin d'en améliorer l'efficacité globale. IBM est certainement le meilleur partenaire pour suivre les grands comptes en leur apportant le conseil, les services, le middleware et les infrastructures 64 bits leur permettant de développer les systèmes d'information d'entreprise dont ils ont besoin. Par contre, nous avons décidé d'un commun accord que Dassault Systèmes était mieux à même d'animer le réseau de ventes indirectes destiné aux PME. Et de fait cela marche plutôt bien puisque les zones d'Europe francophone, qui ont fait l'objet de la première expérimentation, ont connu une croissance de leurs ventes de 25 % en 2004. Ce mode de travail sera donc étendu à d'autres pays tels la Grande-Bretagne, la Russie ou la Chine '.

Dassault systèmes est toutefois conscient qu'à force de développer sa propre force commerciale, notamment depuis le rachat des activités commerciales de Rand tant aux USA qu'en Europe, il pourrait finir par se fâcher avec son partenaire. C'est certainement pourquoi il a inclus dans ses communiqués financiers une nouvelle mise en garde légale  : ' les difficultés ou changements défavorables affectant nos partenaires ou nos rapports avec nos partenaires, y compris notre partenaire stratégique IBM '. C'est donc écrit en toute lettre, on ne pourra pas dire que l'on a pas été prévenu.

Enfin, Bernard Charlès n'a pas caché sa volonté de procéder à des acquisitions et étudier actuellement toutes les opportunités, à la fois dans le domaine du PLM, mais aussi de l'automatisation et du 3D en général. ' Je considère que l'on n'achète pas une base installée. Nous ne reprendrons donc pas de concurrents. Par contre, toutes les technologies novatrices et les équipes qui les développent nous intéressent. Le PLM est un formidable espace pour inventer ce qui n'existe pas. Il suffit pour s'en convaincre de se rappeler l'évolution que l'on prédisait aux technologies 3D il y a 25 ans et de voir où nous en sommes arrivés aujourd'hui. Les acteurs qui ne sortiront pas du carcan du PLM actuel sont condamnés à vivre dans une niche de marché qui ne peut que rétrécir. Le PLM n'est pas la simple juxtaposition d'outils de modélisation et de gestion de données. Pour être toujours plus efficaces, les outils de modélisation devront par exemple intégrer dans leurs gènes les notions de configuration de produit et de relation d'un composant au sein d'un ensemble, voire d'utilisation de cet ensemble par le client final. Beaucoup de choses restent donc à inventer '.

A la semaine prochaine.

Pour en savoir plus :
http://www.ugs.com
http://www.3ds.com/fr

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies, suit depuis 23 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il était jusqu'à une date récente rédacteur en chef de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire.

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