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La semaine de Jean-François Prevéraud

La semaine de Jean-François Prevéraud

Industrie et Technologies
La semaine dernière fut chargée. C’était celle de Micad. L'édition 2003 ne restera pas comme un grand cru. Coincée entre une année 2002 morose et une année 2003 attentiste, elle a fait les frais du climat géop

Soyons clairs, les premières analyses montrent que l’année 2002 n’a pas été un bon cru. Plombée par un quatrième trimestre 2001 fortement amoindri, suite aux tragiques événements du 11 septembre, l’économie mondiale a été atone en 2002. Cela c’est ressentit fortement dans les investissements des industriels.

Un attentisme généralisé s’est installé et les investissements, même potentiellement prometteurs comme ceux liés au PLM, ont été reportés de trimestre en trimestre. Ainsi ce qui devait être signé au troisième trimestre ou au quatrième trimestre 2002 a été reporté sur l’année 2003. D’ailleurs beaucoup d’industriels considèrent que ces retards d’investissements ne sont pas rédhibitoires, car personne n’investissant massivement... personne ne prend de retard.

De fait, les premières analyses chiffrées laissent entrevoir au mieux une stagnation des dépenses des utilisateurs dans le domaine du PLM en 2002, voire une régression de quelques %. Une situation qui est d’ailleurs plutôt moins catastrophique en France que chez certains de nos voisins européens ou Outre-Atlantique.

L’année 2003 ne se présente pas sous de meilleurs auspices. Nous sommes à la fin du premier trimestre et les affaires ont été difficiles pour tout le monde, comme me l’ont confirmé la plupart des dirigeants des offreurs présents sur ce Micad.

Nombre de projets 2002, qui avaient été décalés vers le début de 2003, voient maintenant leur échéance reportée au deuxième voire au troisième trimestre de cette année. Certains projets auront ainsi été reportés d’un an.

De plus, le contexte géopolitique actuel a une influence certaine sur le comportement des consommateurs qui commencent à délaisser la consommation au profit d’une épargne de précaution. Encourageant ainsi les industriels à limiter leurs investissements productifs.

Chaque crise à une fin. Il faut donc l’anticiper et mettre les entreprises industrielles en ordre de bataille, afin qu’elles soient prêtes à redémarrer au bon moment. Cela passe par d’indispensables investissements, mais surtout par une refonte complète des méthodologies et des cycles de développement de nouveaux produits.

En effet, la technologie n’est pas l’unique réponse pour surmonter la crise. Ceux qui le pensent risquent fort de redémarrer moins vite que leurs concurrents plus astucieux.

Nombre d’industriels que j’ai pu rencontrer au Micad m’ont en effet confirmé qu’ils sont en train de réfléchir fortement au recentrage de leurs activités autour de leur véritable valeur ajoutée. Cela veut dire qu’ils envisagent sérieusement de confier à l’extérieur de leur entreprise une partie de leurs activités. C’était déjà acquis dans le domaine de la production, cela risque fort de devenir la règle dans le domaine du développement de nouveaux produits.

A cela plusieurs raisons :

  • Afin de répondre aux attentes de plus en plus personnalisées des clients, les industriels accroissent fortement le nombre de nouveaux produits à sortir dans le même laps de temps. Ainsi un constructeur comme PSA va lancer 25 nouveaux modèles entre 2001 et 2004, contre 9 entre 1997 et 2000.    
  • Les nouveaux produits font appel à de nouvelles technologies pas toujours maîtrisées par l’entreprise (électronique, informatique embarquée, matériaux composites…).    
  • Les nouveaux développements doivent tenir compte de nouvelles préoccupations (réglementations, respect de l’environnement, ergonomie…).    
  • L’entreprise doit aussi maîtriser de nouveaux outils comme la simulation ou adopter de nouvelles méthodologies comme la gestion des connaissances ou l’aide à l’innovation.    
  • En plus de toutes ces nouvelles exigences, l’entreprise doit aussi faire face à une réduction des cycles de développement et des coûts associés, afin de rester compétitive.

Autant dire que le recours à des spécialistes va s’imposer pour respecter toutes ces contraintes. Et les industriels sont intimement persuadés que ce n’est pas en basculant simplement d’un logiciel 2D à Catia V5 ou UG NX et en collant par dessus Enovia, TeamCenter ou Windchill qu’ils pourront réduire instantanément leurs cycles et leurs coûts de développement de 30 %. Si la technologie peut beaucoup, elle ne peut pas tout.

Les industriels savent pertinemment que les méthodologies d’utilisation des outils sont beaucoup plus importantes que les outils eux même. Et nombre d’entre eux ne reconnaissent pas dans les prestataires actuellement présents dans l’aréne du PLM, des partenaires capables de faire passer leur métier d’industriel avant leurs préoccupations d’informaticiens. Ceux qui sont persuadés du contraire risquent de l’apprendre à leurs dépens.

Dans ce contexte fortement évolutif, force est de constater que le Micad reste avant tout un salon de technologie avec, certes, une ouverture vers les services, mais associés aux outils informatiques. Il va lui falloir maintenant faire une véritable révolution culturelle en s’ouvrant à de nouveaux offreurs comme les sous-traitants d’études (seuls Brime et Segula étaient exposants) ou les réalisateurs de prototypes, voire de petites séries. Il lui faudra aussi s’ouvrir à des vendeurs de nouveaux outils comme ceux dédiés à la gestion de projet ou des ressources humaines.

Autant de voies de progrès que les organisateurs vont devoir rapidement explorer pour garder au Micad l’aura dont il dispose dans l’industrie française. Je sais qu’ils en sont parfaitement conscients et qu’ils travaillent déjà dans cette voie.

Même si cette année le Micad a subit, à cause du marasme ambiant et d’une grève des transports pour le dernier jour, une baisse de fréquentation de l’ordre de 20 % (avec quand même 20 000 visiteurs), il reste un point de rencontre incontournable des spécialistes du développement de produits. D’ailleurs, d’autres salons de référence européens, comme le récent CeBit à Hanovre, ont connu une chute de fréquentation similaire.

Ne gâchons donc pas notre plaisir d’avoir pu rencontrer en trois jours l’ensemble de la grande famille du PLM. Nous y retournerons l’année prochaine.

D’ici là, bonne semaine à tous et à la semaine prochaine avec... une visite détaillée du salon.

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies, suit depuis bientôt 22 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il était jusqu’à une date récente rédacteur en chef de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire.

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