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La semaine de Jean-François Prevéraud

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Industrie et Technologies
Largement utilisés, les portails cachent sous un nom générique des réalités très différentes. Marc Boullier, directeur technique de la société de conseil Vistali, nous donne sa vision sur les trois gén

Aujourd’hui la notion de portail rassemble tant de définitions que tous s’y perdent. 'Même si les solutions de portails comptent parmi les technologies les plus désirées, le concept de portail reste l’un des moins bien compris par les utilisateurs et le plus abusé par les éditeurs', affirme Gene Phifer du Gartner Group.

Il est assurément nécessaire de faire le tri et de dissocier les diverses générations de portail les unes des autres.

La première génération de portail d’entreprise était vouée à fournir un point d’accès unique à l’ensemble des ressources utilisables par à un utilisateur. La page d’accueil lui permettant par exemple, en cliquant sur un lien hypertexte, d’accéder à l’outil de report de facturation client pour vérifier si celui ci est un bon payeur, tandis qu’un autre lien permet de prendre une nouvelle commande. Le portail était une sorte de catalogue de ressources adapté au profil de l’utilisateur.

Peu à peu la notion de portail Internet devint synonyme de site Web dynamique, voire synonyme de sa seule page d’accueil, fournissant un panel d’information et de fonctionnalités de recherche thématiques.

Pour ajouter à la confusion, l’industrie informatique - dont la disposition à inventer de nouveaux mots pour parler de concepts similaires nous est probablement enviée dans les autres secteurs - se devait de remplacer le terme préhistorique d’Intranet par un terme plus 'tendance' et voilà donc que les éditeurs d’applications renommèrent portail la version de leur logiciel fonctionnant sur un client léger.

La deuxième génération facilite l’accès à l’information

Les premiers portails de deuxième génération ont rapidement fait leur apparition.

Cette deuxième génération a fait émerger la capacité de présenter et de diffuser sur un client léger des informations et de fournir quelques services en lignes. Ces solutions apportaient alors plusieurs fonctionnalités nouvelles, et entre autres : la modularité des interfaces permettant aux utilisateurs de personnaliser leur environnement, le support de terminaux multiples (PDA, Téléphones, PC, Tablet PC, …), la notion de portlets, la capacité d’intégrer des solutions par l’existence de connecteurs pré packagés, en particulier pour des solutions de groupware et de messagerie.

Ces solutions ont permis de faire émerger les solutions de type Employee Self Service, en rendant accessible aux utilisateurs des fonctionnalités de recherche d’informations Corporate, de gestion de connaissances et des services associés, à la gestion des ressources humaines comme des formations, et parfois quelques indicateurs décisionnels sur leurs activités.

Ces premières étapes n’étaient que les préambules à une troisième génération de solutions, bien plus ambitieuses, et dont les premières versions matures sont arrivées sur le marché dans le courant de l’année 2002. Selon Gene Phifer, cette troisième génération de portails, évolution logique des portails de deuxième génération, vise en priorité à fournir une plate forme d’unification.

La troisième génération apporte les fonctionnalités applicatives

L’approche des solutions de portails les plus avancées ne vise plus la fourniture d’un catalogue de sites Intranet, ni même la construction d’une infrastructure de diffusion d’informations ou de services d’entreprise. Il s’agit désormais d’atteindre deux objectifs majeurs :

  • Pour les utilisateurs fonctionnels : fournir un contexte opérationnel pour lequel l’utilisateur dispose du niveau d’efficacité optimal pour réaliser les tâches qui lui sont affectées. Il s’agit de fournir un environnement applicatif disponible sur le terminal adapté (PDA, PC, téléphone…) et intégrant l’ensemble des outils et informations dont ils ont besoin pour travailler.
  • Pour les architectes et les directions des systèmes d’information : disposer d’une infrastructure technologique permettant de concevoir et d’optimiser rapidement de nouveaux environnements applicatifs, personnalisés par typologies d’utilisateurs, sécurisés et permettant d’intégrer l’ensemble des ressources informatives et applicatives en provenance des différentes briques du système d’informations.

A mesure que le périmètre fonctionnel des solutions de portail de troisième génération se profile, les éditeurs de progiciels font évoluer leurs produits et les adaptent à ces technologies. Ils proposent désormais deux manières d’accéder aux processus élémentaires que leurs solutions fournissent : d’un coté les Web Services nécessaires à une ouverture vers de plus grandes possibilités d’intégration et d’automatisation via WSCI (Web Service Choreography Interface), et de l’autre des interfaces graphiques élémentaires (portlets) dont la vocation est d’être intégrables au sein de l’espace de travail de l’utilisateur. Le langage WSRP (Web Service for Remote Portal) vise justement à normaliser ces interfaces afin de faciliter l’intégration de portlets dans n’importe quelle solution de portail.

Le rôle des solutions de portails de troisième génération est donc de savoir quelle tâche est en cours d’exécution, quel scénario prédéfini l’utilisateur est-il en train d’exécuter et dans quel contexte fonctionnel, puis d’adapter les contextes des autres applications affichées sur le portail pour qu’elles correspondent à l’activité de l’utilisateur.

David Yockelson, du Meta Group, organisme qui estime le marché du portail à 6 milliards de dollars en 2004, souligne en l’occurrence : 'A mesure que les plates-formes de portail évoluent pour devenir la colle qui réunit les personnes, les processus et les contenus, la capacité à reconnaître et gérer les rôles - en authentifiant et personnalisant l’accès à l’information et aux ressources – devient de plus en plus critique '.

Les enjeux des projets de portails de troisième génération

Le développement d’une telle solution est donc fondamentalement tourné vers l’utilisateur et la compréhension de la dynamique de son travail. Trop longtemps les projets ne cherchaient qu’à modéliser les règles qui encadraient l’utilisateur et les contraintes fonctionnelles que les données saisies devaient respecter : les règles de gestion. Il nous faut désormais revisiter la manière dont nous construisons l’espace de travail de l’utilisateur, nous pencher non seulement sur ce qu’il fait à un instant donné, mais également sur ce dont il a besoin pour exécuter une tâche, prendre des décisions sur la base d’indicateurs et modéliser ensuite non seulement les interfaces homme/machine, mais également les possibilités dynamiques et les cycles de vie de ces interfaces.

En septembre 2002, Mike Gotta, du Meta Group, insistait sur ce point : 'comprendre les aspects sociaux lies à la manière dont les utilisateurs interagissent avec le travail est critique pour concevoir les nouveaux modèles d’interaction et un environnement de travail agile'.

Par ailleurs, on se rend bien compte que la notion d’application n’a plus réellement de sens. A mesure que la vision du système d’information s’unifie au sein du portail, le système d’information se réorganise en composants et sous la forme d’architecture de services unitaires, réutilisables.

Il faut donc revisiter les méthodes de spécification des besoins, mais également les démarches de conception et de test, afin non seulement de fournir aux utilisateurs la solution intégrée qui répond à leurs besoins mais également pour assurer aux DSI la construction progressive et modulaire des composants et des services réutilisables au sein d’architecture bien organisée et orchestrée.

Une réflexion d’ordre général qui devrait inspirer les industriels souhaitant mettre en place une approche PLM dans leur entreprise.

Pour en savoir plus 
http://www.vistali.com


Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies, suit depuis bientôt 22 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il était jusqu’à une date récente rédacteur en chef de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire. 

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