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La semaine de Jean-François Prevéraud

Industrie et Technologies
Les États généraux de la CFAO organisés tous les ans par Micado ont été l'occasion de mesurer la perception des thèmes moteurs du PLM, grâce à des votes interactifs autour des présentations. Voici ce que j

C'est devenu maintenant une tradition, Micado organise en fin d'année les États généraux de la CFAO. Ils permettent de faire un point public sur les travaux des différentes commissions de travail, tout en favorisant les échanges de vue sur les principaux sujets d'actualité du monde du PLM.

Les quatre grands thèmes d'actualité retenus cette année étaient :

  • le travail collaboratif;     
  • la gestion des connaissances;     
  • l'usine numérique;     
  • l'intégration et l'interopérabilité des applications.

Plutôt que de revenir en détail sur les présentations des travaux de ces différentes commissions (vous pourrez prochainement les retrouver sur le site de Micado), je préfère vous présenter ma perception des votes interactifs aux questions qui étaient posées aux auditeurs au cours de chaque présentation.

1. Travail collaboratif

Concernant le travail collaboratif, l’assistance était relativement avant-gardiste. Quelque  90 % des auditeurs l’utilisent déjà. Ce score me parait largement supérieur à ce que je rencontre sur le terrain. Mais avec plus de 75 % d’auditeurs venant de grands groupes industriels, pouvait-il en être autrement ? D’autant plus que ces auditeurs sont des spécialistes des NTIC dans ces grands groupes.

Par contre, il est plus intéressant de noter que 56 % le perçoivent comme un moyen de co-conception, 44 % comme un moyen de partager et non plus d’échanger des données, 36 % comme un moyen de partager une maquette numérique. La visualisation et la téléconférence ne recueillent que 18 % des votes. Les industriels ont donc bien compris les avantages qu’ils pouvaient tirer de tels outils. Reste que 62 % des auditeurs estiment que les habitudes individuelles sont le frein le plus important, alors que pour 45 % d’entre eux, c’est l’organisation du travail des équipes et de l’entreprise qui pose problème.

Bien évidemment les motivations pour l’utilisation de ces nouveaux outils sont la réduction des cycles de développement pour 73 % des auditeurs, combinée à la réduction des coûts pour 53 % d’entre eux. Notons que l’amélioration de la qualité est une motivation dans 32 % des cas.

La rhétorique marketing des éditeurs semble donc avoir été bien assimilée par les futurs clients.

Reste que les premiers essais menés me semblent un peu décevants car, dans seulement 3 % des cas, les indicateurs de mesure de performances retenus au départ du projet, étaient mesurables et pertinents, alors que dans 57 % des cas, ils étaient pertinents mais difficiles à mesurer. Il va donc falloir, soit affiner les indicateurs, soit réduire les espérances des utilisateurs du travail collaboratif, soit mettre en place des méthodes d’utilisation plus efficaces.

Les industriels me semblent en être bien conscients, car ils demandent à la commission, pour 54 % d’entre eux, d’analyser un plus grand nombre de cas d’application et d’en estimer le retour sur investissement. Tous semblent donc convaincus de l’intérêt du travail collaboratif, mais désirent disposer d’arguments chiffrés avant de se lancer. Autant dire qu’ils laissent à d’autres le soin 'd’essuyer les plâtres'.

2. Gestion des connaissances

Autre thème traité : la gestion des connaissances. Cela est vu par 44 % des auditeurs comme un outil d'aide à l'innovation et dans 31 % comme un moyen d'améliorer les coûts, la qualité et les délais. 74 % des auditeurs considèrent que pour bien gérer les connaissances, il faut d'abord organiser le partage des informations et la collaboration. Une manière détournée d'avouer que du vœu pieu à la réalité industrielle, il y a bien souvent un large fossé.

Il semble bien que ce soit d'ailleurs les détenteurs des connaissances eux même qui freinent le mouvement, car pour 68 % des auditeurs, la motivation des personnels reste le plus gros obstacle à surmonter. Partager le savoir, c'est partager le pouvoir. Un postulat que l'être humain a du mal à mettre en application.

Je retiendrais aussi que les outils de conception intelligents (Knowledge Based Engineering) ne semblent être une solution de recueil et de partages des connaissances que pour 22 % des auditeurs, la majorité préférant des outils d'accès à la connaissance fonctionnant en liaison avec la maquette numérique et la GDT. L'objectif prioritaire me semble donc être pour les industriels de capitaliser des connaissances dans le cadre du cycle de vie d'un produit, plutôt que de les recueillir dans l'absolu.

3. L'usine numérique

L'usine numérique est un enjeu stratégique, où pour le moins très important, pour 67 % des auditeurs, dont 26 % ont déjà un projet en cours dans leur entreprise.

Si la conception des postes de travail vient en tête des préoccupations, 65 % des votes, la robotique et l'assemblage semblent être les métiers les plus susceptibles d'être intéressés par de tels outils, avec plus de 55 % des votes. Ceux liés à la gestion des flux logistiques, à la planification et aux gammes venant dans un second temps avec 45 %. La réduction des délais et l'examen prévisionnel de plusieurs scenarii de production sont parmi les principaux avantages escomptés.

La couverture fonctionnelle des solutions proposées par les éditeurs est donc logiquement mise en avant par les utilisateurs comme étant leur premier critère de choix. Mais ils estiment que les offres actuellement proposées sur le marché restent incomplètes et sont difficilement intégrables avec les outils déjà existants. Espérons que le message aura été bien compris par les éditeurs présents.

4. Intégration et de interopérabilité des applications.

Là, les avis sont très partagés entre les partisans de l'ouverture du système d'information, 27 %, et ceux de l'intégration et de la rationalisation du système d'information, 23 %. Seul réel point de convergence, tous s'accordent sur la nécessité d'accompagner les nouvelles méthodes de travail dans le domaine de l'ingénierie. 18 % des industriels présents ont déjà mis en place une approche PLM et 31 % sont en cours de déploiement. Pour le moment, seulement 13 % n'ont pas encore envisagé de mettre en place une telle approche dans leur entreprise.

L'intégration peut se faire autour de différents supports (plate-forme matérielle; données; interfaces; méthodes métiers; portail…) mais ces concepts, s'ils semblent importants pour 87 % des auditeurs, restent encore très confus pour la moitié d'entre eux.

Le rapporteur a eu plus de succès en comparant le système d'information d'une entreprise à une cité. L'urbaniste y définit les grandes orientations, un plan d'occupation des sols, des règles d'urbanisme et met en place les réseaux publics. Charge alors aux architectes de lotir les différentes parcelles en respectant les règles d'urbanisme et les interfaces avec les réseaux publics. Le rôle d'urbaniste des systèmes d'information devrait donc bientôt faire son apparition dans les entreprises.

Parmi les freins à l'interopérabilité, les utilisateurs classent en tête la non-utilisation des standards par les applications. Ils ne sont d'ailleurs pas dupent, car ils savent pertinemment qu'il s'agit d'une volonté délibérée des éditeurs, afin de protéger leurs propres intérêts. Pour leur part, le coût et la complexité de mise en œuvre, restent aussi des freins majeurs.

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus
Vous pouvez retrouver l'intégralité des actes de cette manifestation sur le site de l'association Micado à l'adresse suivante :
http://www.afmicado.com/navibase.htm

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies, suit depuis bientôt 22 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM...). Il était jusqu'à une date récente rédacteur en chef de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire.


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