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La semaine de Jean-François Prevéraud

La semaine de Jean-François Prevéraud

Industrie et Technologies
J'ai eu l'occasion voici quelques jours de participer à une réunion de travail montée conjointement par le PLM Interest Group et le FPDMUG (club français des utilisateurs de GDT et de PLM) pour collaborer à la définition des


Le PLM Interest Group est une association internationale d'utilisateurs souhaitant tirer le meilleur parti des outils de PLM actuellement disponibles, en faisant partager à ses membres leurs expériences respectives, afin de dégager les meilleures pratiques possibles. Elle essaye aussi d'orienter les évolutions futures des outils proposés par les différents acteurs du secteur.

Elle est née fin 2003 lors de réunions à Oxford, puis à Francfort, de 38 délégués représentant 32 organisations venant de 13 pays européens, mais aussi des USA, du Canada et de Nouvelle-Zélande. Elle compte maintenant plus de 50 participants venant de 15 pays, dont la Corée et l'Inde. Elle a tenu en 2004 quatre réunions (Zurich, Amsterdam, Hanovre et Harrogate) et commencé à réunir les expériences les plus marquantes dans l'ouvrage PLM Benchmarking Handbook, ainsi que dans le PLM Journal sur son site Web. Parallèlement, elle discute avec les autorités européennes du rôle que le PLM doit jouer dans l'industrie. Elle entend poursuivre ces actions en 2005 en tenant un certain nombre de nouvelles réunions européennes. Il y a déjà eu Oxford en début d'année, puis Paris et Göteborg en Suède. L'objectif étant d'enrichir la base documentaire sur les expériences.

Clarifier déjà le PLM

D'entrée de jeu, le meneur des débats, John Stark, consultant et auteur de plusieurs publications sur le PLM, a constaté que la notion même de PLM est tout sauf claire et unifiée dans les esprits des utilisateurs, voire même des vendeurs et des prestataires de services œuvrant dans le domaine. ' De plus, il faut constater que la plupart des offres sont encore loin d'être complètes et qu'elles sont surtout très propriétaires, ce qui ne facilite pas leur intégration dans une architecture existante. De même, beaucoup d'utilisateurs pestent contre la difficulté de les utiliser au quotidien, tant elles sont structurantes et contraignantes. Il est donc le plus souvent très difficile pour les utilisateurs précurseurs de valider leur bien fondé '.

Cela ne fait donc que renforcer l'intérêt pour les utilisateurs de déployer des bonnes pratiques qui leur permettront d'éviter de tomber dans les chausse-trappes déjà découvertes par d'autres utilisateurs, et ainsi de gagner à la fois du temps et de l'argent. Cela permettra aussi de renforcer la crédibilité de l'approche PLM auprès des équipes dirigeantes des entreprises qui sont toujours décisionnaires dans ce genre d'investissement stratégique.

Vous avez dit bonne pratique ?

Mais au fait qu'est-ce qu'une bonne pratique ? Les réponses varient suivant les utilisateurs. ' Une bonne pratique est une technique ou une méthodologie qui à travers l'expérience et la recherche a montré sa capacité à atteindre le but recherché '. ' Une bonne pratique c'est tout ce qui permet de ne pas réinventer la roue en apprenant de l'expérience des autres et en implémentant ce qui a été démontré comme étant le plus fonctionnel '.
De fait, en écoutant les participants aux différentes réunions ont s'aperçoit que c'est un ensemble de petites choses qui mises bout à bout permettent d'atteindre l'objectif fixé :

  • Bien définir son objectif en fonction de la stratégie de l'entreprise ; 
  • Penser global, mais démarrer local ; 
  • Mettre en place un plan de changement des mentalités ; 
  • Obtenir l'implication active de la direction générale ; 
  • Choisir très précisément ses fournisseurs et prestataires ; 
  • Etre conscient du besoin exact de personnalisation des applications retenues ; 
  • Mettre en avant la simplicité d'utilisation.

Voilà pour les grandes lignes macroscopiques, mais il y a d'autres points tout aussi importants à l'échelon microscopique :

  • Impliquer l'ensemble des services et acteurs pouvant être impactés ; 
  • Comprendre comment ils fonctionnent ; 
  • Obtenir l'aval de tous les niveaux hiérarchiques ; 
  • Impliquer les seniors, car ils ont la connaissance des process et de l'entreprise ; 
  • Former les utilisateurs, mais aussi les managers ; 
  • Définir des objectifs avec des résultats quantifiables ; 
  • Définir une stratégie de déploiement claire en donnant la priorité aux retours sur investissement les plus rapides ; 
  • Fournir des procédures et des guides de déploiement précis ; 
  • Communiquer pour conserver dans le projet l'ensemble des acteurs impliqués.

Mais outre les bonnes pratiques liées au PLM, l'entreprise doit aussi savoir identifier et mettre en place les bonnes pratiques liées à ses objectifs d'entreprise. Si elle est centrée sur ses produits, a-t-elle une stratégie produit avec un plan de développement à 5 ans ? A-t-elle mis en place une gamme autour d'une politique de plate-forme produit avec de multiples variantes ? Quel est son niveau de réutilisation de parties d'un produit à l'autre ?

Et que faire en cas de problème ? Faut-il systématiquement incriminer le produit choisi plutôt que la conduite du projet et l'accompagnement du changement ? Les leçons tirées d'un certain nombre de projets de mise en place d'ERP peuvent là aussi faire partie des bonnes pratiques.

Autant de points que Guy Forax, représentant du FPDMUG partage. ' La mise en place d'une démarche PLM est un véritable défi pour les utilisateurs, car pour progresser, il faut penser et voir les produits de l'entreprise autrement et surtout mesurer le bon sens de l'entreprise autrement. Cela suppose donc de repenser complètement les méthodologies de travail et de mettre en place des outils de pilotage du changement efficaces '.

Savoir se positionner

Il faut par exemple positionner l'entreprise dans les différents domaines du PLM : prototypage virtuel et usine numérique ; approche système ; plateau virtuel ; travail collaboratif ; lien vers la Supply Chain ; gestions des risques, etc. Ce positionnement permet d'évaluer le niveau atteint par l'entreprise par rapport à ses objectifs antérieurs. Il permet aussi de s'évaluer par rapport à l'état supposé de l'offre exprimé par les vendeurs, par rapport à l'état de l'art atteint par les meilleurs avec la technologie disponible et ainsi de définir dans chacun des domaines la marge de progrès réalisable. Il faut ensuite savoir quantifier l'intérêt du progrès dans chacun des domaines par rapport aux objectifs globaux de l'entreprise.

En Effet, rien ne sert d'être hyper performant en gestion des modifications si l'expérience montre que l'entreprise modifie très rarement ses produits. De même, la mise en place d'un outil de gestion de configuration sera peut-être beaucoup plus importante pour le service après-vente que pour le bureau d'études, surtout si l'entreprise doit faire des rappels en garantie pour des raisons de sécurité. Il sera éminemment plus économique de ne rappeler que quelques centaines de véhicules réellement concernés par un problème technique que le million éventuellement susceptible de l'être.

' Il faut donc ne pas se contenter des gains directs, mais aussi évaluer tous les gains indirects qui peuvent être beaucoup plus importants. C'est fondamental, car si la motivation pour passer à une approche PLM est souvent stratégique, la justification est essentiellement économique et se trouve dans les gains opérationnels ', estime Guy Forax.

Il estime aussi que le choix initial du bon outil est devenu d'autant plus important que l'on achète plus une boite à outils servant à développer une application spécifique, mais une application sur étagère qui doit être facilement paramétrable. ' Il faut dès le départ prendre un outil répondant parfaitement à ses besoins. Mais il ne faut pas pour autant négliger le modèle de structuration des données, car il est primordial pour une bonne intégration de l'outil. Enfin, il faut bien séparer le rôle du maître d'ouvrage qui a la volonté de faire de celui du maître d'œuvre qui dit comment faire '.

La pharmacie aussi

Pour conclure, parmi les utilisateurs présents à cette réunion parisienne, j'ai noté la présence d'Aventis, fabricant de médicaments qui est venu nous expliquer sa vision de PLM. ' Notre expérience et notre antériorité sur le marché nous ont permis de développer au fil du temps de bonnes pratiques de laboratoire nous permettant d'être efficaces en R&D et de bonnes pratiques de fabrication qui nous facilitent la vie pour l'industrialisation et la production de nos médicaments, ainsi que pour tous les cycles documentaires nécessaires pour obtenir les autorisations de mise sur le marché. Nous nous intéressons maintenant au PLM pour comprendre parfaitement toutes les entrées et sorties nécessaires aux différents acteurs de la chaîne globale, afin de les fluidifier pour réduire notre cycle et nos coûts de développement '.

Vous prendrez bien une petite gélule de PLM pour aller mieux ?

A la semaine prochaine.

Pour en savoir plus :
http://www.plmig.com
http://www.fpdmug.org

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies, suit depuis plus de 23 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il était jusqu'à une date récente rédacteur en chef de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire.

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