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La semaine de Jean-François Prevéraud

La semaine de Jean-François Prevéraud

Industrie et Technologies
Cette semaine, j'ai découvert la Donnétique. Explications...

Face à l'explosion des données, l'ILM (Information Lifecycle Management), fait désormais partie des préoccupations de la plupart des entreprises, quel que soit leur secteur d'activité. Les acteurs du marché du stockage, de l'archivage et de la sauvegarde de données sont riches de solutions matérielles et logicielles, et de plus en plus de constructeurs et d'éditeurs se réclament de l'ILM. Cependant, du concept à sa mise en œuvre, il reste bien souvent une difficulté majeure à surmonter : comment implémenter concrètement l'ILM dans son entreprise ?

C'est pour répondre à cette problématique qu'a été créé en novembre 2003 le cabinet de conseil et d'expertise BSM autour de la Donnétique. C'est une méthodologie de mise en œuvre de l'ILM basée sur une approche structurée, qui permet de prendre en compte aussi bien les préoccupations fonctionnelles de type métier que les objectifs de gestion d'un capital données des services de production.

La Donnétique fournit une démarche méthodologique de hiérarchisation des données du système d'information de l'entreprise, pour un meilleur usage de ses infrastructures informatiques. Elle s'attache à répondre aux préoccupations majeures de la gestion des données, regroupées selon quatre grands domaines : l'organisation des données, la conservation (stockage et archivage), la sauvegarde et la restauration, la sécurité et la pérennité. Chacun de ces domaines concoure à gérer différemment le capital données tout au long de son cycle de vie.
Cette démarche méthodologique permet également de valoriser les métiers de production, en les aidant à formaliser la qualité de service qu'ils peuvent offrir en fonction des infrastructures disponibles.

La première préoccupation consiste à classer pour mieux gérer, car toutes les données n'ont pas la même importance pour l'entreprise. Pour cela, la Donnétique s'appuie sur une modélisation de classification du capital informationnel de l'entreprise, dans lequel chaque classe doit répondre aux exigences d'un capital données. Les moyens de stockage mis en œuvre pourront ainsi être adaptés à l'importance relative des différents types de données au sein de chaque classe.

En effet, toutes les données n'ont pas la même importance, et ne nécessitent pas la même qualité de service à un moment donné de leur cycle de vie. Il pourra être vital pour une entreprise d'être capable d'accéder instantanément à certaines données, alors que l'inaccessibilité ou la perte de certaines autres n'aura que peu de conséquences sur le déroulement de son activité. Il est à noter que cette importance relative des données évoluera dans le temps, tout au long de leur cycle de vie, et que la classification sera donc par essence dynamique.

Bien souvent la qualité de service de stockage et de restauration n'est pas en phase avec l'importance des données, en l'absence d'une hiérarchisation de leur importance et du niveau de qualité de service qu'elles nécessitent. De même, tout sauvegarder n'a pas réellement de sens en règle générale, car certaines données n'ont absolument pas besoin d'être conservées au-delà d'une certaine durée. Il convient d'adapter les moyens de conservation, de sauvegarde et la qualité de service mis en œuvre aux différents types de données considérés.

On pourra ainsi s'interroger sur la meilleure façon d'utiliser des espaces de stockage existants, sur le type d'infrastructures à mettre en place et sur la qualité des services offerts. Le ROI d'une telle étude pourra s'avérer très rapide sur le matériel de stockage si l'on est capable de trier les données en fonction du niveau de gamme de stockage qu'elles nécessitent.

Il faut ensuite mettre en place une approche pragmatique de l'ILM à partir de problématiques concrètes. La Donnétique permet d'aborder l'ILM aussi bien par l'aspect métier que par l'aspect production, avec une démarche méthodologique identique, au travers des quatre grands domaines de prestations correspondant à des préoccupations quotidiennes :

  • L'organisation des données  
  • La conservation des données  
  • La sauvegarde/restauration  
  • La sécurité et la pérennité des données

Ces quatre grands domaines concourent chacun à mettre en œuvre l'ILM. On les retrouve dans les quatre phases de la mise en œuvre de la Donnétique.

1 - Pré-étude d'analyse/d'audit
La première phase de mise en œuvre de la Donnétique est consacrée à l'analyse du système d'information de l'entreprise, pour lequel on commence par effectuer un découpage en systèmes de données.

  • Comprendre les besoins d'organisation, de conservation, de sauvegarde ou de sécurité dans l'entreprise  
  • Inventorier les différents systèmes de données existants  
  • Identifier les besoins fonctionnels, techniques et temporels des systèmes de données

Un système de données peut correspondre soit à un applicatif, soit à un progiciel, soit à une fonction d'une application, en fonction de l'enjeu et de l'impératif par rapport à l'entreprise. La plupart du temps, un système de données correspond à une application.

Par exemple, on pourra considérer comme système de données la bureautique, les données de production (gestion du stock…), la comptabilité ou encore l'ensemble de l'informatique de l'entreprise.

2 -Caractérisation des systèmes de données
Ensuite, on procède à une phase d'inventaire des systèmes de données, c'est-à-dire de collecte d'informations. On recense les informations techniques, les usages, les obligations, les contraintes, exigences, risques et enjeux Cette phase est très importante, car elle permet de réellement appréhender les enjeux et conséquences d'une gestion non adaptée aux différents systèmes de donnée de l'entreprise.

Une fois collectés tous les éléments constituant les données, mais aussi les infrastructures, on définit des flux de données et l'on examine quels sont leurs systèmes de sauvegarde actuels, de façon à réaliser une photographie aussi précise que possible de l'existant. On procède alors à des caractérisations des données identifiées (générique, technique, de gestion, temporelle, événementielle, qualité).

A partir de cette pré-étude, une réflexion est menée par les intervenants. Elle aboutit notamment à la définition d'une matrice de gestion des données, qui décrit la façon dont sont gérés actuellement les différents systèmes de données, et d'une matrice d'usage des infrastructures, qui inventorie les moyens (organisationnels, humains et techniques) mis en œuvre pour gérer ces systèmes de données.

Cette étude permet de modéliser les systèmes, en tenant compte de critères qualité, qualité de service et volumétrie (infrastructures, volumes, débits, flux).

3 - Classification des données
En fonction des critères identifiés et retenus, il est proposé de hiérarchiser les différents systèmes de données et d'en classifier les données. Ces propositions seront toujours le reflet des attentes et des impératifs de qualité de service de l'entreprise, ainsi que des contraintes liées aux infrastructures existantes. Ces classifications sont spécifiques à chaque système et à chaque entreprise. Cette modélisation est proposée au client et discutée, de façon à obtenir un consensus sur un modèle.

4 - Préconisation et implémentation
Après accord sur les classes retenues et les critères qualité offerts, les intervenants peuvent alors émettre des propositions de solutions pour répondre aux attentes initiales qui ont généré l'étude, incluant un ensemble de préconisations sur les quatre domaines piliers (organisation des données, conservation des données, sauvegarde/restauration, sécurité et pérennité des données).

L'étude aboutit à des préconisations en termes d'architecture, de règles et d'usage, d'organisation et de gestion, et de solutions techniques. Le choix final appartient aux clients, mais les intervenants assurent un accompagnement afin de l'aider dans la mise en œuvre de la solution. Il appartiendra ensuite à l'entreprise d'exploiter les solutions et les processus implémentés à l'issue de l'étude menée.

Une démarche intéressante dans une société ou ce n'est pas la donnée qui fait défaut mais son accessibilité.

A la semaine prochaine.

Pour en savoir plus : http://www.bsm-donnetique.com

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies, suit depuis 23 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il était jusqu'à une date récente rédacteur en chef de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire.

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