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La semaine de Jean-François Prevéraud

La semaine de Jean-François Prevéraud

Industrie et Technologies
UGS a profité de l'annonce de la version 2005 de Teamcenter pour donner la parole à deux clients utilisateurs de cet outil de GDT, les Chantiers de l'Atlantique et Pomagalski.

Le maître-mot de la version 2005 de Teamcenter est d'aider les industriels à faire du profit autour de chaque idée nouvelle, en sachant qu'avoir des idées n'est pas difficile, mais que les réaliser l'est beaucoup plus.

En effet, selon les analystes d'AMR, d'ici 2010 les produits qui représentent aujourd'hui 70 % du chiffre d'affaires actuel des entreprises seront obsolètes. Il faut donc innover. Malheureusement plus de 85 % des nouveaux produits en cours de développement ne seront jamais lancés et de 50 à 70 % de ceux qui le seront aboutiront à un échec commercial.

Et de fait, près de 70 % des entreprises admettent que leurs processus d'introduction de produits ne sont pas sous contrôle financier ou stratégique. Globalement, les processus de développement de nouveaux produits sont d'une façon générale évalués par les analystes à 1 sur l'échelle de qualité globale Six Sigma, soit qualité faible et inconsistance des processus. D'où un besoin flagrant de mise en place d'une démarche PLM dans la quasi-totalité des entreprises industrielles.

' Mais force est de constater que l'engagement dans une telle démarche n'est pas simple. C'est pourquoi UGS propose avec Teamcenter 2005 une véritable suite logicielle assurant à la fois la gestion des exigences, des projets, des programmes, des données, du respect des standards ainsi que des réglementations ', affirme Philippe Caisson, directeur avant-vente d'UGS France.

Mais l'on sait très bien que ce sont les utilisateurs qui parlent le mieux des outils qu'on leur propose. C'est ce que sont venus faire Sandrine Collignon, chargée de mission SGDT aux Chantiers de l'Atlantique du groupe Alstom et James Paradon, directeur des systèmes d'information du fabricant de remontés mécaniques Pomagalski.

' Les Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire c'est une emprise de 108 hectares où travaillent 3 000 de nos salariés et quelques milliers de personnes issues des 500 entreprises qui nous aident à réaliser des navires à forte valeur ajoutée ', explique Sandrine Collignon. Avec cette particularité que la configuration même de l'outil de production (dimensions des formes et bassins, capacités des moyens de levage, zones de stockage abritées ou non…) influe directement sur la conception même des navires.
' De plus, nous sommes dans un métier ou le plan papier reste indispensable lors des opérations de montage. Et des plans il y en a beaucoup. Un paquebot c'est plus de 7 000 liasses de plans pouvant contenir jusqu'à 350 planches. Nous passions donc notre temps à véhiculer des plans papiers du bureau d'études vers les formes de construction grâce à des vélos de services. Afin de limiter les trajets inutiles nous avions adopté dans le courant des années 90 le logiciel WinPDM de l'éditeur français Win Technology repris depuis par Lascom, mais il ne nous servait qu'à archiver les plans car il ne disposait pas de workflow '.

Magellan pour mieux naviguer dans les projets

Les Chantiers de l'Atlantique se focalisent sur leurs trois grands métiers de base : l'architecture navale ; la construction de la coque métallique ; le rôle d'ensemblier intégrateur. Leur problématique industrielle est complexe. Ils fabriquent un produit complexe à forte valeur ajoutée intégrant des technologies innovantes, qui est presque à chaque fois un prototype. Ce produit comporte des évolutions nombreuses, interdépendantes, apparaissant jusqu'à la fin du cycle de réalisation.
Pour limiter les coûts, il faut essayer de favoriser l'émergence de standards fonctionnels tout en offrant un produit sur mesure à chaque armateur. De plus, quelques centaines de sociétés interviennent sur le produit de la conception à la sous-traitance globale, incluant la sous-traitance de coordination de zones techniques. Enfin, il faut en permanence prendre en compte des contraintes réglementaires fortes des sociétés de classification, ainsi que les exigences des armateurs et des exploitants. C'est ce contexte qui a été en 2002 à la base du projet Magellan (MAtrise GEnéralisée des ELements de L'Arborescence Navire).



' Nous nous étions au départ focalisé sur la simple gestion des données techniques, mais très vite nous avons compris qu'il était bien plus intéressant de maîtriser nos processus cœur de métier pour valider et intégrer la conception et l'industrialisation (nomenclatures, bilans, quantitatifs…), ainsi que pour gérer les livrables du processus étude dans le cadre d'une entreprise étendue lors de chacune des étapes clés. C'était aussi important pour nous de maîtriser ces process pour assurer la mise en œuvre du bateau (acheter, fabriquer, pré-armer, monter, essayer, vendre). Enfin, le référentiel partagé de l'information technique que nous souhaitions mettre en place devait aussi nous permettre d'étendre le pilotage des risques coût et délais, ainsi que de capitaliser le savoir-faire (standardisation, réutilisation…) '.

Plusieurs solutions ont été envisagées pour créer ce référentiel. ' Outre un problème de relation commerciale, Windchill fut surtout éliminé car les quelques clients que nous avons été voir avaient eu à faire beaucoup de développements. MatrixOne, que j'avais apprécié dans une vie antérieure, était malheureusement trop peu présent en France et de plus ses coûts d'intégration étaient trop importants. Nous avons eu un problème de qualification de la plate-forme technique d'Enovia. Finalement nous avons porté notre choix sur Teamcenter d'UGS car "ils ne nous ont pas trop peint les lunettes" et il n'y avait pas d'écart entre les discours commerciaux et techniques, d'autant qu'ils s'engageaient à travailler au forfait '.

De fait, le choix de Teamcenter a été avant tout le choix combiné d'une solution et d'un partenaire, motivé par : des perspectives ambitieuses de développement de la stratégie produit ; une forte capacité de l'éditeur à mettre en œuvre ses solutions dans un délai réduit malgré le grand nombre d'utilisateurs (2 000 en interne et 1 500 chez les partenaires) ; la robustesse de la solution et sa capacité à gérer un grand volume de données sur des arborescences complexes.

Le déploiement a été rapide, puisque l'achat a été fait en juin 2002 et dès novembre 2002, plus de 500 personnes avaient été formées et étaient capables de gérer les modifications afin de valider si elles avaient impact important sur la structure du navire et son exploitation. A l'issue de la première phase qui s'est terminée fin 2003, les Chantiers de l'Atlantique disposaient d'une gestion harmonisée et accélérée des modifications du bureau d'études jusqu'à bord lors du montage, ce qui a permis d'augmenter la capacité de traitement sans avoir recours à la sous-traitance. Un gain de 30 à 40 % a été constaté.

De même, les sorties de processus étaient parfaitement identifiées et tracées. Le déploiement de cette phase a aussi permis de fiabiliser le processus d'études et d'enregistrer des gains sur les coûts directs d'ingénierie, avec notamment la mise sous contrôle et sous configuration des livrables et des fichiers CAO. Globalement 3 % du million d'heures d'études nécessaires pour paquebot ont pu être économisés rien qu'en évitant de courir après le bon plan. ' Nous pouvons ainsi créer rapidement à la demande la maquette numérique d'une zone particulièrement dense afin de détecter les interférences '. Dernier point, la rapidité et la traçabilité des échanges de dossiers avec les sous-traitants, même d'études, ont été sensiblement améliorées.

Une seconde phase de déploiement est en cours jusqu'à la fin 2006. Elle vise à mettre en place les outils nécessaires pour maîtriser les quantitatifs en assurant une liaison efficace entre la nomenclature fonctionnelle et la nomenclature de fabrication.

Oh la ! La marée descend et je vais louper le dernier bac pour rentrer. Bon je file et c'est promis la semaine prochaine je vous emmène à la montagne avec Pomagalski.

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies, suit depuis plus de 23 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il était jusqu'à une date récente rédacteur en chef de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire.

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