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La semaine de Jean-François Prevéraud

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Industrie et Technologies
Ségula Technologies, l’un des leaders français de l’externalisation de l’ingénierie met l’accent pour 2005 sur l’innovation et les méthodologies de projet. J’ai rencontré Cyril Roger, prési

Il existe actuellement dans de nombreuses entreprises industrielles une forte tendance à l’externalisation de tout ou partie de la R&D. « La compétition accrue, la réduction des délais et les attentes de performances de leurs clients, contraignent les entreprises à devenir expertes dans de multiples domaines, souvent très éloignés de leur savoir-faire initial. C’est pourquoi le marché des services d’ingénierie à forte valeur ajoutée est en croissance. Mais cela nous impose de mettre en place des organisations et des moyens performants, créatifs et très réactifs », explique Cyril Roger.

Pour cela, Ségula Technologies a dans les dernières années procédé à de nombreuses acquisitions, 23 au total, tant en France qu’à l’étranger. « 2004 a été une année essentiellement consacrée à l’organisation et à la maîtrise de cette croissance, ainsi qu’à la mise en place d’une stratégie nous permettant de remplir le rôle de force de proposition que nos clients attendent de nous. De plus, nous devrions tirer parti en 2005 de la mise en place des panels fournisseurs réduits chez la plupart des grands donneurs d’ordres, qui les conduisent à nous confier des projets plus globaux ».

L’innovation comme credo

Pour faire face à ces nouveaux challenges, Ségula Technologies a ainsi créé une direction Recherche et Innovation, placée sous la responsabilité de Didier Coffy, qui entend se positionner en amont sur la plupart des grands axes de recherche industrielle. L’objectif étant d’élargir le spectre des opportunités d’innovation proposées aux clients, sans remettre en cause ses propres capacités. Cette direction Recherche et Innovation étudie actuellement près d’une quarantaine de thématiques, avec toutefois trois priorités. En effet, Ségula Technologies veut se positionner fortement sur le soudage laser, le transport routier et les systèmes de collage. « Nous observons une montée en puissance de l’utilisation de l’aluminium, notamment dans les pièces de structure pour l’automobile, et seul le soudage laser est capable de permettre une utilisation industrielle à grande échelle de ce matériau. On considère qu’à ce jour seulement 1% de ses possibilités sont exploitées. C’est pourquoi nous souhaitons développer une approche de conception produit/pièce qui soit beaucoup plus flexible en terme de cadence de production », explique Didier Coffy.

De même, Ségula Technologies a choisi de s’impliquer dans les recherches sur le Camion du Futur qui devra consommer moins, être plus sécuritaire, moins bruyant et transporter plus de charge utile. Un véritable challenge dans une Europe où le transport routier va croissant. Enfin, Ségula Technologies mise aussi sur les systèmes de collage de matériaux et de vitrages. « Aujourd’hui, on marie encore mal ou peu les différents composites, bois, aluminium ou plastique. Il s’agit d’un problème presque culturel car, en France, on raisonne souvent par filières métiers sans prendre nécessairement en compte la globalité d’un projet. Il y a pourtant un réel potentiel sur ce marché, en particulier pour la production en grandes séries dans les secteurs automobile et électroménager, par exemple », estime Didier Coffy.

Le pilotage global de projets

La montée en puissance de l’innovation a aussi conduit Ségula Technologies à une mutation organisationnelle profonde afin de proposer, non plus, une approche métier, mais bien un pilotage global des projets. « Nos clients nous sollicitent de plus en plus sur notre capacité à coordonner l’ensemble des corps de métiers et à les fédérer autour d’un seul et même projet », estime Didier Coffy. « C’est une tendance de fond que l’on retrouve dans toute l’industrie. Les raisons sont évidentes : le manque de temps et la nécessité d’une plus grande flexibilité pour répondre aux besoins du marché. Nous détenons toutes les compétences métiers nécessaires à ce type d’organisation. Toutefois, la qualité est au cœur de notre politique et nous préférons étudier précisément tout ce qu’implique cette nouvelle méthodologie, plutôt que de nous lancer de façon hasardeuse et de risquer l’échec. De plus, nous souhaitons être réellement innovants dans notre démarche et apporter une véritable valeur ajoutée à ce qui existe déjà sur le marché ».

Ségula Technologies entend ainsi créer d’ici trois ans des systèmes de projets dynamiques, ce qui signifie la mise en place de structures dédiées au management de projets et le recrutement de responsables de haut niveau pour les diriger. En effet, si l’aspect organisationnel (planification, contrôle des coûts, reporting…) est essentiel à la réussite de tels projets, l’aspect humain est fondamental pour la cohésion des équipes. « Il s’agit d’avoir une réflexion approfondie sur la manière de faire évoluer les filières métiers techniques (études produits, études process, fonderie, plasturgie …) vers des filières projets. Cette mutation progressive, qui fera perdre aux différents métiers leur rôle de pilotage, leur donnera en contrepartie une plus forte implication dans la veille technologique et dans la formation de leurs équipes, afin qu’elles soient les plus compétentes possibles lors de l’affectation des projets », précise Didier Coffy.

Vers l’engagement de performances

L’engagement sur le résultat semble également être devenu une priorité pour les grands groupes industriels. Toutefois, les projets menés par Ségula Technologies peuvent s’étaler sur plusieurs années et sont, de ce fait, soumis à des changements structurels ou stratégiques imprévisibles. C’est pourquoi, soucieuse de répondre à l’attente de ses clients, l’entreprise a mis au point l’engagement de performances.

Il s’agit d’atteindre les objectifs fixés au début du projet en prenant en compte tous ses aspects : méthodologie ; identification des processus de développement ; analyse des futurs moyens de production ; mode relationnel ; type de revue de plan ; revue de projet ; etc. Le projet est évalué en permanence tout au long de sa réalisation, ce qui permet au client d’être toujours informé de son évolution en temps réel et donc de limiter les risques à terme.

Ségula Technologies entretient aussi depuis plusieurs années des partenariats forts avec les principales écoles d’ingénieurs et de commerce, ainsi que les universités. Elle sera ainsi partenaire d’un MBA d’HEC en 2005, afin de monter une étude de cas avec les élèves. « De tels partenariats nous permettent d’accueillir une vingtaine de stagiaires par an, dont près de la moitié sont embauchés à l’issue de leur stage. C’est un excellent moyen de s’assurer de leur motivation et de leurs compétences dans le cadre d’une pré-embauche et c’est, d’autre part, la possibilité d’avoir une vision novatrice d’étudiants encore peu impliqués dans un métier en particulier », estime Didier Coffy.

Ne pas céder aux sirènes de l’off-shore

« Nous avons amorcé une extension internationale voici maintenant 4 ans et nous allons la poursuivre en 2005, essentiellement par croissance externe », précise Cyril Roger. Les pays identifiés pour ce développement sont l’Allemagne et la Slovaquie, pays dans lesquels des équipes sont déjà en place, d’une part, pour identifier les sociétés pouvant être intégrées dans le groupe et, d’autre part, rencontrer des clients potentiels, afin de définir leurs besoins en matière d’ingénierie. « Bien évidemment, nous nous intéressons aussi à la Chine et au marché prometteur sous-tendu par son très fort potentiel industriel. C’est pourquoi nous entendons y ouvrir une filiale à 100 % dès 2005 ».

« Mais les industriels doivent toutefois faire attention à ne pas se laisser tromper par la possibilité d’y délocaliser directement des études occidentales à bas coût. Les surcoûts de gestion et les investissements nécessaires pour travailler avec ces contrées éloignées en réduisent en effet considérablement l’intérêt financier », prévient Cyril Roger. « Mieux vaut pour les industriels occidentaux, dans un premier temps, passer pour leurs externalisations, du travail en régie aux prestations forfaitaires. Charge à nous de mettre en place les moyens et les méthodologies de travail permettant d’améliorer notre productivité, et donc de réduire les coûts pour nos donneurs d’ordres, tout en garantissant la qualité de nos travaux. Charge aussi à nous de nous organiser pour ne pas subir les aléas de nos clients ».

A la semaine prochaine.

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies, suit depuis 23 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il était jusqu’à une date récente rédacteur en chef de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire.

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