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La semaine de Jean-François Prevéraud

La semaine de Jean-François Prevéraud

Industrie et Technologies
Un certain nombre de professionnels de la sous-traitance d'études ont formé un groupe d'échange de vue et de réflexion sur les thèmes d'actualités chers aux bureaux d'études. Il s'agit du Groupement de l'Ingénierie

'J'ai contacté fin 1999 l'ensemble des sociétés, qui comme la notre sont prestataires d'études pour l'industrie automobile ', explique Gérard Dalle, PDG du groupe Idéstyle et président du GIV. ' L'objectif était alors de mener une réflexion commune sur le passage aux 35 heures dans notre profession.

Cette idée a emporté l'adhésion de sociétés telles : ABMI ; Acad ; Assystem Etudes ; Cergi ; ECM ; Encelade ; Geci ; Getedic et Twin Services. L'ensemble des réunions de travail menées tout au long de l'année 2000, nous a permis de nous faire une opinion commune et de mieux négocier collectivement ce virage.

Devant ce succès, nous avons décidé de pérenniser notre groupe de réflexion et de l'étendre à l'ensemble des sujets préoccupant notre profession. Ainsi est né le Groupement de l'Ingénierie du Véhicule, GIV '.

' Son objectif est d'organiser périodiquement des réunions professionnelles afin d'échanger nos expériences et d'améliorer la qualité des services proposés par nos membres. De même, nous participons aussi à de nombreux colloques et groupes de travail tels ceux de la FIEV, ainsi qu'à de multiples salons professionnels où sont abordés des sujets tels l'entreprise étendue ou les principes de l'obligation de moyens ou de résultats '.

Ainsi, au fil du temps, des discussions sur la qualité et la R&D, ainsi que sur la stratégie à adopter face aux constructeurs ont-elles eues lieu. Un groupe de travail pour l'amélioration de la déontologie, aboutissant à la rédaction d'une charte de 'bonne conduite' a même vu le jour.

Lors de sa dernière assemblée générale, qui s'est tenue dans l'été, le GIV a présenté les grandes lignes d'une enquête salariale portant sur l'ensemble des métiers du bureau d'études, en fonction des secteurs industriels, des tailles d'entreprises et de leur localisation. Une mine d'informations pour les managers, mais qui est réservée aux entreprises adhérentes au GIV.

De même, Christopher Ryan, consultant chez Free Markets, a accepté de descendre dans la fosse aux lions pour expliquer à un public vindicatif ce que sont les enchères inversées auxquelles nombres de grands donneurs d'ordres les confrontent de plus en plus. Bel acte de courage professionnel, car nombre de prestataires ni voient qu'un moyen supplémentaire pour leur faire baisser leurs prix.

Son exposé très didactique a permis de clarifier nombre de points que les prestataires décriaient faute de bien les maîtriser. Même si à la fin de cette présentation l'auditoire n'était pas encore totalement convaincu de l'intérêt de ce type d'enchères, la compréhension globale était nettement améliorée.

Sous-traiter dans les pays 'low cost'

Une table ronde a ensuite permis des faire un point général sur un autre sujet d'actualité : l'intérêt de transférer des études dans les pays à bas coût de main d'œuvre.


En ouverture, François Delbos de la DiGITIP est venu expliquer la perception de ce problème par l'Administration. Rappelons que la DiGITIP est, au sein du ministère en charge de l'Economie, des finances et de l'industrie, la Direction Générale de l'Industrie, des Technologies de l'Information et des Postes.

Olivier Meyer, en charge des activités commerciales liées à l'industrie automobile chez Assystem Brime, a présenté les premières expériences de son groupe en terme de délocalisation de certains de leurs travaux. 'Il ne faut en aucun cas vouloir faire un coup. Une telle démarche ne se justifie que sur le long terme, car pour être efficace il faut mettre en place des outils et des méthodologies de travail novatrices. C'est pourquoi nous avons choisi de créer des filiales au Maroc et dans certains autres pays émergeants. Cela a un coût mais reste rentable si c'est bien géré '.

Un point de vue que partage, Mohammed Ben M'Rad, directeur de la filiale française du groupe de BTP tunisien Negru. ' Les références culturelles des deux côtés de la méditerranée sont fondamentalement différentes et cela a été source de multiples problèmes lors de nos premiers travaux en commun.

Par exemple, si dans le domaine de la construction en Europe la précision est de l'ordre du centimètre, il en va autrement en Tunisie, d'ou des problèmes d'imprécision sur les plans que nous leur avons confiés, ce qui a nécessité un nombre important de vérifications et de reprises qui viennent grever la rentabilité de la délocalisation. Cela nous a même conduit à mettre en place des procédures de contrôle qualité '.

'La différence culturelle est effectivement un point important à prendre en compte dans les opérations de délocalisation ', confirme Nicolas Andronick, responsable des achats de prestations intellectuelles du groupe Faurecia. ' Cela fait maintenant plusieurs années que nous travaillons avec des partenaires chinois et nous sommes capables de dresser un premier retour d'expérience.

Ainsi, le rythme de travail en Asie n'est pas le même que celui qui s'écoule en Europe. Ce qui est rapide ici peut prendre beaucoup plus de temps là bas. Ce qui, bien évidemment, rogne considérablement les gains escomptés. L'expérience nous montre que gagner 50 % sur le coût d'un développement ne tient que sur le papier. Nous sommes beaucoup plus souvent aux alentours de 5 % … quand il n'y a pas eu de problème majeur. Un gain similaire à ce que l'on peut obtenir en Europe en établissant des partenariats à long terme avec nos sous-traitants habituels.

Il est donc à notre sens illusoire d'espérer réduire notablement nos coûts de développement en délocalisant à outrance. Par contre, cela ce justifie pleinement lorsqu'il s'agit d'accompagner sur place des grands constructeurs automobiles qui s'implantent en chine '.

Les risques de la délocalisation

Tous les intervenants présents ont aussi tenu à mettre les auditeurs en garde sur la précarité de la délocalisation. ' Les pays à bas coût de main d'œuvre ont bien souvent des législations très laxistes dans le domaine du droit du travail, voire pas de législation du tout. Un salarié peut ainsi décider du jour au lendemain d'aller travailler pour une société concurrente qui lui offrira quelques euros de plus par mois, quitte à revenir chez vous dans quelques semaines pour le même motif.

Il n'est même pas rare que se soit une équipe complète de développement qui parte du jour au lendemain pour des raisons financières ou pour monter une activité concurrente à la votre. Des risques dont il faut être conscient et qu'il faut bien évaluer avant de se lancer '.

Un dernier mot, bonne visite sur le site du GIV : http://www.g-i-v.com

A la semaine prochaine.

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies, suit depuis 23 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il était jusqu'à une date récente rédacteur en chef de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire.

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