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La semaine de Jean-François Préveraud

Industrie et Technologies
Pour suivre les PME depuis maintenant plus de vingt ans, j'ai pu noter, au cours des dernières années, un très net changement dans le vocabulaire employé par les chefs d'entreprise pour qualifier les principales applications informatis

Il y a cinq ans, je ne les entendais parler de la CAO, de la FAO, de la GPAO et des applications financières que comme d'îlots de productivité totalement déconnectés. Si certains échanges de données  leur semblaient logiques, comme la liaison entre la CAO et la FAO ou entre la FAO et la GPAO,  on était loin de ce que me serinaient depuis longtemps déjà  les grands éditeurs et que les grands industriels de l'automobile et de l'aéronautique mettaient en oeuvre. 

Tout a changé. Je rencontre désormais de plus en plus souvent des responsables de PME raisonnant eux aussi en terme de système d'information global, même si les applicatifs qu'utilise leur société ne sont pas encore tous directement connectés. 

Beaucoup de chefs d'entreprise profitent d'ailleurs de cette réflexion globale pour changer les méthodes de travail de leur société. Ils ne voient plus l'excellence comme une juxtaposition des meilleurs savoir-faire, mais comme une qualité globale de l'entreprise qui diffuse dans chacun des services.

Enfin, la quasi totalité des chefs d'entreprise que je croise raisonne maintenant en terme d'entreprise étendue en incluant dans leurs réflexions, leurs donneurs d'ordres, leurs partenaires et leurs clients. L'idée directrice est donc bien là. Il faut dire que l'omniprésence, au moins médiatique, d'Internet, que les messages globalisateurs dont les grands groupes industriels font largement écho et que la réelle diffusion des ERP leur montrent une voie unificatrice qui semble logique. 

Cette perception fort peu scientifique vient d'être confortée et quantifiée par la lecture que j’ai faite cette semaine de l’étude réalisée par Ernst & Young, Hewlett Packard et SAP. Menée auprès de 600 dirigeants de PME indépendantes, elle a pour ambition de mesurer l'impact des technologies de l'information, et plus généralement du e-Business, sur ces entreprises.

On y lit  précisément que, globalement, les PME ont évolué dans leur perception du e-Business, elles prennent désormais en compte sa dimension opérationnelle et ses perspectives d'ouverture à l'extérieur. Ainsi :

-          l'organisation et les processus internes sont identifiés comme axes de changement majeur pour 35 % des entreprises interrogées. 

-          Le partage des informations en interne s'impose comme le principal levier (52 %), devant l'optimisation des processus de vente (38 %) et l'intégration des systèmes d'information (37 %). 

-          La gestion de la relation client est devenue une autre priorité stratégique, aussi bien pour les PME souhaitant déployer un progiciel de gestion intégrée, que pour les PME ayant déjà mis en place ce type de solutions.

-          59 % des PME interrogées estiment que l'évolution du système d'information est un processus normal, n'entraînant pas de bouleversement majeur au sein de l'entreprise. L'enjeu en toile de fond reste pour ces entreprises de faire croître leur chiffre d'affaires et de gagner en productivité. 

 

Il ne faut pas non plus s’emballer. Le développement de l’ e-Business ne reste qu’une priorité à moyen ou long terme, les PME n'en percevant pas encore tous les effets bénéfiques, que ce soit sur la structuration de leur secteur (89 %) ou sur l'organisation de leur activité (64 %).

Par ailleurs, certaines PME attendent encore que l'e-Business fasse ses preuves avant de se lancer. En effet, une part non négligeable des dirigeants interviewés remet en cause sa crédibilité (17 %). Le manque de maturité des clients des PME (35 %) - mais aussi des PME elles-mêmes - en termes d'adhésion au changement en interne (22 %), constituent le frein majeur à la mise en place d'un environnement e-Business. De plus, nombre de ces entreprises estiment que l'évolution du système d'information est un véritable tournant à gérer (30 %), voire une révolution bouleversant l'ordre établi (11 %).

Mais l'explosion de la bulle Internet n'a pas détourné les PME des outils e-Business : peu de dirigeants affirment avoir cru en l'Internet dans le passé et ne plus y croire aujourd'hui. Par contre, la crédibilité de l'achat en ligne et des places de marché électroniques est beaucoup plus forte, puisque respectivement 31 % et 29 % des patrons de PME interrogés déclarent les utiliser 'parfaitement'.

Bref, il semble bien que les systèmes d'information sont désormais au cœur des réflexions des PME. Une page s’est tournée. L'appréhension technologique n'est plus de mise. Les PME innovantes entrent sans états d’âme dans l'ère e-Business. Comme quoi, à force d’écrire des choses, elles finissent par devenir vraies…

A la semaine prochaine.

Jean-François Préveraud

Jean-François Préveraud, journaliste à Industrie et Technologies. Il suit depuis plus de 20 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement la CFAO. Il était jusqu’à une date récente rédacteur en chef de la lettre bi-mensuelle SIT qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire

 

 

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