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La semaine de Jean-François Prevéraud

La semaine de Jean-François Prevéraud

Industrie et  Technologies
J'ai eu l'occasion de rencontrer récemment Jean-François Chedmail, l'un des fondateurs de Mécalog. L'occasion de faire avec lui le point sur l'un des acteurs français du monde de la simulation et sur un marché en pleine évolution.


Comme c'est souvent le cas pour les start-up, Mecalog a été créée en 1986 par des transfuges d'ESI, le poids lourd du domaine de la simulation en France. Les premiers développements ont porté sur Radioss, un solveur au cÅ“ur d'un logiciel de simulation de crash similaire à Pam-Crash. Sans entrer dans les péripéties judiciaires que cela a entraîné et qui ont rythmé les 8 premières années de la société, on peut résumer l'affaire à une similitude de vue des deux sociétés traduite dans les faits par des codes différents.

Heureusement cet imbroglio n'a pas empêché Mecalog de poursuivre ses développement et de prospérer. La société compte aujourd'hui 280 personnes, avec des filiales dans cinq pays (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Italie, Grande-Bretagne) et sept agences régionales en France. Elle a réalisé un chiffre d'affaires de près de 23 millions d'euros en 2005, dont 60 % à l'international, en croissance de 10 % par rapport à l'année précédente. Les activités de services, portant notamment sur le calcul à façon, représentent 70 % du chiffre d'affaires de la société.

« La simulation de crash reste un segment très porteur. Ainsi nos grands clients du domaine automobile ont multiplié le nombre de simulation par un facteur 6 au cours des 15 dernières années écoulées. De plus, ils l'ont fait en augmentant aussi la complexité des modèles et des phénomènes simulés », explique Jean-François Chedmail.

Mais l'arbre ne doit pas masquer la forêt. Si Mecalog est réputé pour la simulation de crash, il est aussi présent dans pratiquement tous les autres domaines de la simulation. De fait l'offre de Mecalog peut être scindée en deux parties. D'une part le solveur Radioss, qui est capable de traiter les problèmes multiphysiques non linéaires, à la fois en explicite et depuis peu en implicite (voir ci-dessous), et d'autre part, des applicatifs métiers aux noms eux très explicites tels M-StructureM-Crash, M-Safety, M-Comfort, M-Process ou M-Optimization. Il faut ajouter à cela des produits comme Cast3M issu du CEA ou Lascar basé sur une approche SEA développé par EADS Space Transportation, pour traiter les problèmes complexes en vibroacoustique pour les moyennes et hautes fréquences.

« Si le développement du solveur est important, afin de le maintenir au meilleur niveau des technologies mathématiques et informatiques, pour garantir une corrélation la plus grande possible par rapport aux phénomènes réels, nous allons par exemple développer les fonctionnalités pour l'aéroacoustique, celui des environnements métiers l'est tout autant », estime Jean-François Chedmail. « Il faut pour chacun des métiers abordés tenir compte des spécificités, des habitudes et des langages qui leur sont propres. De plus, il faut sans cesse compléter notre panoplie pour couvrir des process industriels nouveaux ». Ainsi la gamme M-Process qui traite déjà l'emboutissage, le pliage, l'hydro-formage, sera par exemple complété par un module de soudage dans les mois à venir.

Mais revenons sur les évolutions récentes du solveur Radioss, dont la version 5 vient d'être annoncer. Celle-ci s'enrichit d'algorithmes de résolution implicites et de nouveaux modèles pour faciliter la prédiction des risques de rupture et de comportement après rupture.

Avec ses deux algorithmes de résolution implicites totalement parallélisés, la version 5 apporte aux utilisateurs une valeur supplémentaire en leur permettant d'enchaîner des calculs tant statiques que dynamiques. La prédiction des risques de rupture est renforcée par l'apparition de nouveaux modèles, un atout majeur pour étudier le comportement de pièces en acier à haute résistance.

La version 5 enrichit Radioss de formulations implicites, capables de traiter des problèmes linéaires ou non linéaires, de type statique ou dynamique. Les ingénieurs d'études peuvent ainsi intégrer plus facilement les conditions d'équilibre initial d'une simulation de collision et traiter, avec un seul solveur, des problèmes mécaniques complexes comme le comportement de mécanismes, la tenue de pièces en fatigue. Le gain de temps, sans compter la fiabilité des résultats apporte une valeur indéniable aux utilisateurs.

De nouveaux modèles de rupture sont désormais disponibles avec la plupart des lois de comportement du logiciel. Dans le secteur automobile, l'aluminium et l'acier à haute résistance sont de plus en plus employés. S'il y a toujours eu des pièces en acier à haute résistance dans une voiture, elles n'entraient pas dans le comportement au crash du véhicule. L'utilisation de nouveaux composants en acier à haute résistance fait intervenir des risques potentiels de rupture. Pouvoir simuler de façon fiable la prédiction des risques de rupture est donc un atout majeur pour les constructeurs automobiles.

« Avec la version 5 de Radioss, les industriels entrent dans l'ère où la rupture peut être prise en compte dans une approche industrielle maîtrisée », estime ainsi Gérard Winkelmuller, directeur du développement de Mecalog. « Jusqu'à ce jour, le travail sur la rupture, était plutôt du domaine de la recherche appliquée. Avec l'arrivée de la version 5, l'ingénieur commence à pouvoir faire du prédictif. Dans ce domaine la recherche est continue et d'autres avancées spectaculaires sont prévisibles pour un proche avenir ».

Les utilisateurs actuels de Radioss n'ont pas été oubliés. La version 5 leur apporte de nouvelles potentialités. Ils peuvent prendre en compte de nouveaux états physiques comme l'état d'équilibre initial statique et de retour élastique après chargement, un point critique pour étudier la réponse d'une structure au crash automobile. Par exemple l'une des normes stipule qu'une portière doit pouvoir s'ouvrir facilement après collision frontale. Pour simuler ce test il ne suffit pas de faire un calcul dynamique pendant 100 millisecondes, il faut attendre un certain temps pour que la voiture accidentée se rééquilibre. Avec la version 5 il devient possible de réaliser ce type de simulation dans des conditions économiques raisonnables.

« Cette version est donc importante pour nous », estime Jean-François Chedmail. « Elle nous permet d'offrir aux ingénieurs les deux approches dans seul code intégré et donne de très bonnes corrélations par rapport à des calculs effectués à l'aide d'Abaqus ou Nastran. Les ingénieurs pourront ainsi s'approcher au mieux des phénomènes physiques qu'ils ont à étudier lors de la validation de leurs nouveaux produits ». Voilà aussi qui devrait aider Mecalog a atteindre les objectifs ambitieux qu'elle s'est fixés, réaliser un chiffre d'affaires de 50 millions d'euros d'ici 4 ans.

A la semaine prochaine.

Pour en savoir plus :
http://www.mecalog-group.fr 

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l'Usine Nouvelle, suit depuis plus de 24 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM...). Il a été à l'origine de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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