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C’est pas nouveau, quoique !

La roue tourne toujours

Jean-François Preveraud
La roue tourne toujours

500 € pour tranformer votre vélo en vélo à assistance électrique

© DR

Eternel recommencement de l’histoire, la bicyclette à moteur auxiliaire, électrique cette fois, revient. Symptôme d’une économie de crise, elle fait toutefois appel aux dernières technologies de la communication pour proposer plus de fonctionnalités.

Les périodes de crise ont toujours été propices à l’invention. Mais les mêmes causes produisant souvent les mêmes effets, certaines inventions ont un goût de déjà-vu.

Dans le domaine des déplacements individuels, le renchérissement constant du prix de l’énergie conduit les constructeurs à proposer des véhicules plus sobres ou faisant abstraction des énergies fossiles, avec les surcoûts et les limitations que l’on connait, notamment pour les véhicules électriques.

Les usagers de leur côté envisagent des évolutions de leur comportement en passant à des moyens moins polluants, mais surtout moins onéreux. Ainsi, comme lors des périodes de guerre où le carburant a fait l’objet de restrictions, les Français redécouvrent le vélo. Mais alors que nos ancêtres, qui faisaient beaucoup plus d’exercice physique que nous (la télé, l’ordinateur et l’Internet n’existaient pas), avaient un coup de pédale véloce, nous rechignons à suer dans les côtes.

Certains industriels ont tout de suite compris tout l’intérêt qu’il y avait à proposer des bicyclettes où un moteur électrique vient aider le cycliste dans l’effort. Seul inconvénient la technologie embarquée a un coût et ces bicyclettes à assistance électrique ne sont pas à la portée de toutes les bourses, compter de 1 500 à 4 000 €.

Souhaitant faire sauter cette barrière économique de nombreux inventeurs se lancent dans l’aventure en proposant de transformer toutes les bicyclettes existantes en vélo à assistance électrique, en leur greffant avec plus ou moins de bonheur, moteur et batterie.

De la BMA à la roue électrique

Une approche qui n’est pas sans rappeler l’aventure des ‘‘bicyclettes à moteur auxiliaire’’ (BMA) nées en France au milieu des années 20. Certains industriels proposaient des kits comportant un petit moteur deux temps munis d’un galet venant frotter sur le pneumatique et entraîner la roue arrière. D’autres placèrent le moteur sur l’axe de la roue arrière en porte-à-faux à l’extérieur du cadre. Ces kits comprenaient des pièces de fixation permettant de les adapter facilement à tout type de vélos existants. L’investissement était minime et la consommation en carburant ne dépassait pas 1 litre pour 100 km.

Une idée pas très nouvelle d’ailleurs car le premier vélo ‘‘motorisé’’ connu serait celui de Louis Guillaume Perreaux réalisé en … 1871 ! Un petit moteur à vapeur d’une cylindrée de 30,4 cm3 et doté d’une chaudière à alcool, développait une puissance de ¼ de cheval, permettant à l’engin d’atteindre les 35 km/h, en grande partie à la force des mollets ! En 1900 les frère Dufaux déposèrent un brevet pour un moteur thermique transportable se logeant à volonté dans un cadre de bicyclette. Dans le même temps, Henri Popp présente au Concours Lépine un kit moteur plus réservoir destiné à s’adapter à n’importe quel vélo.

              

                     Une bicyclette à moteur auxiliaire Terrot de 1906, dotée d'un moteur Dufaux
               à soupape d'admission automatique de 211 cm3, vue lors du Salon Moto Légende 2012


Puis vinrent en 1914 et 1918 le Mototracteur des établissements Mauclair, puis le Cyclotracteur et le Labinal, où le moteur placé sur le haut de la fourche entraîne la roue avant par un galet. Inventant ainsi le Solex avant l’heure ! Le fabricant de motocyclettes Monet & Goyon, souhaitant étendre sa clientèle, proposa même au début des années 20 une roue arrière motrice dotée d’un moteur 4 temps de 100 cm3. Des idées novatrices que le krach boursier de 1929, mais surtout les fréquentes ruptures de cadres dues aux vibrations et aux efforts pour lesquels ils n’étaient pas conçus, firent passer ces moteurs auxiliaires aux oubliettes.

Il faudra attendre la Seconde Guerre Mondiale pour que Marcel Mennesson développe le fameux VéloSolex, la bicyclette qui roule toute seule et que les autorités réceptionnèrent en 1943 dans la toute nouvelle, mais non moins officielle, catégorie ‘‘bicyclette à moteur de secours’’. Toutefois, de nombreux constructeurs profitèrent de l’apparition de cette catégorie pour réintroduire des moteurs auxiliaires destinés à être montés sur des vélos classiques. Tel le propulseur amovible Diem, qui se plaçait sur le porte-bagages ou le Motomix doté d’une boîte à trois vitesses et qui promettait à son acheteur une vitesse de 60 km/h … sur un vélo.

L’histoire n’étant qu’un perpétuel recommencement les inventeurs du XXIe siècle s’attachent à trouver des concepts permettant cette fois de motoriser à moindre coût les bicyclettes avec des propulseurs d’assistance électriques. C’est par exemple le cas de Niko Klansek, fondateur de FlyKly, qui propose de remplacer votre roue arrière de vélo par une Smart Wheel dont le moyeu lenticulaire comporte une batterie lithium-ion de 36 V, un moteur électrique de 250 W, des capteurs et l’électronique de commande. Le tout, pesant moins de 4 kg, est capable de vous propulser sans effort à 25 km/h sur plus de 50 km pour moins de 500 euros.

Pour commander l’ensemble, il vous suffit de placer votre smartphone sur le guidon et grâce à une FlyKly App vous disposez alors d’un tableau de bord permettant de fixer tous les paramètres de l’assistance, mais aussi de bloquer votre roue pour la transformer en antivol, et de récupérer tous les paramètres de votre trajet, voire de connaître les calories perdues. Enfin, en cas de vol, votre smartphone vous indique la position GPS de votre Smart Wheel.

Et ça, c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.kickstarter.com

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