Nous suivre Industrie Techno

abonné

La robotique mobile prend son indépendance dans les usines

La robotique mobile prend son indépendance dans les usines

Équipés d’un système de géoguidage Balyo, les chariots autonomes Matic de Fenwick s’adressent notamment aux constructeurs et équipementiers automobiles, ainsi qu’à l’industrie agroalimentaire. D’un prix équivalent aux AGV, ils sont plus rapidement rentabilisés en raison d’une infrastructure allégée. Les entreprises les utilisent pour remplacer les caristes et réduire le coût de la logistique.

© Fenwick

Devenu autonome grâce à un système de navigation libre, le robot mobile, ou AMR, se montre plus pratique que l’AGV et gagne le cœur des usines.

Les robots mobiles autonomes, ou AMR (automous mobile robots), commencent à intégrer les usines, les magasins adjacents et les entrepôts, où ils sont assignés au transport de palettes, de cartons, de composants… Substituts de l’humain dans cette tâche répétitive et peu valorisante, ils optimisent les flux logistiques et compriment les coûts associés. L’automobile, l’aéronautique, l’électronique ou encore les industries pharmaceutique et cosmétique leur prêtent un intérêt croissant.

La typologie de l’AMR est assez variée pour répondre aux besoins divers des clients. Un AMR peut ainsi remplir des fonctions d’entreposage dans une zone de réception en début de chaîne de production, ou à la sortie de la cellule de palettisation vers la zone d’expédition. Semblable à un chariot de manutention et aussi imposant, il se consacre généralement au transport de palettes, dont le poids peut excéder la tonne. Il concurrence le véhicule à guidage automatique, ou AGV (automated guided vehicule), qui s’est développé à partir des années 1960.

Du rail au parcours libre

L’AGV et l’AMR diffèrent par leur technique de navigation, contrôlée ou libre. Le premier suit un parcours balisé (par des bandes ou des câbles noyés dans le sol) ou triangule sa position grâce des réflecteurs optiques. Si un obstacle barre le passage, il interrompt sa progression, le temps que le chemin soit débloqué. Le système de navigation est centralisé. « Après un pilotage en mode manuel, l’AGV doit repartir d’un point précis pour être réinitialisé, indique Yves Michel, le responsable marketing des solutions logistiques chez Fenwick. L’AMR, lui, peut être relâché n’importe où, il reprend aussitôt ses repères. »

Autonome, l’AMR dispose en effet de son propre enregistrement cartographique grâce auquel il se localise, sans recours à une infrastructure spécifique. S’il détecte un obstacle, il le contourne et recalcule son itinéraire. La navigation libre est fondée sur le Slam (simultaneous localization and mapping), une technique qui s’est démocratisée durant les années 2000 au point d’équiper aujourd’hui les voitures autonomes et même les aspirateurs-robots domestiques. Le robot est équipé d’un lidar (télémètre laser) qui balaie toute la zone. La cartographie du site est acquise manuellement, puis enregistrée dans le PC embarqué. Une fois en service, le robot se localise avec une précision centimétrique en corrélant le nuage de points – ce qu’il voit au travers de son lidar – et la carte embarquée. La navigation grâce à des caméras et de l’analyse d’image serait plus complexe, la luminosité étant parfois intermittente et de qualité discutable dans un contexte industriel.

Fenwick-Linde et Hyster-Yale, notamment, fabriquent de tels chariots. Mais ils empruntent leur technologie de géoguidage au spécialiste français Balyo. « Nous achetons ces chariots et leur appliquons notre kit d’autonomie, indique Pascal Rialland, son PDG. Nous déposons ensuite un nouveau marquage CE car ces machines ne dépendent plus des mêmes normes. » Ce kit d’autonomie est constitué d’un lidar principal de navigation et d’autres lidars, à 20 cm du sol, détectant les obstacles et certifiés pour la sécurité.

La gamme Matic de Fenwick comporte un transpalette, un gerbeur, un tracteur, un mât rétractable… La base mécanique est éprouvée et standard, facilitant la maintenance. « La disponibilité des pièces détachées est assurée pendant quinze ans et il est inutile de former des techniciens, indique Pascal Rialland. C’est important dans l’industrie. » Dans la même catégorie, mais sans être aussi puissant, le robot autonome Agilox est conçu de pied en cap par l’entreprise autrichienne du même nom. Ce gerbeur lève une charge de 1 t au maximum jusqu’à 1 m de hauteur.

Base mobile à spécialiser

Les roboticiens Omron, MiR ou Sherpa ont adopté une autre philosophie. Leur gamme d’AMR prend la forme d’un plateau mobile qui se déplace aussi grâce au Slam. Pour l’adapter aux attentes des industriels, un intégrateur confectionne et fixe à cette embase un « top » pour spécialiser l’engin. Il peut s’agir de vérins électriques qui soulèvent la charge à la hauteur d’un convoyeur. Le montage d’un bras robotique pour automatiser le « picking » est également une piste de réflexion. Mais le bras reste inactif pendant le déplacement, c’est donc moins rentable. Saillant, il peut aussi causer des problèmes de sécurité.

Bien qu’il existe[…]

Pour lire la totalité de cet article, ABONNEZ-VOUS

Déjà abonné ?

Mot de passe perdu

Pas encore abonné ?

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°1041

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2021 d'Industries & Technologies

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Au laboratoire souterrain de l'Andra, l'étude des galeries se modernise grâce au robot Spot de Boston Dynamics

Au laboratoire souterrain de l'Andra, l'étude des galeries se modernise grâce au robot Spot de Boston Dynamics

À l'occasion du lancement, le 11 mai, de leur chaire « Intelligence artificielle pour les applications robotiques en environnements[…]

[Diaporama] Au cœur de 3DCeram, la pépite limougeaude de l’impression 3D céramique

[Diaporama] Au cœur de 3DCeram, la pépite limougeaude de l’impression 3D céramique

Avec trois nouvelles imprimantes 3D, Stratasys part à la conquête de la production moyenne-série

Avec trois nouvelles imprimantes 3D, Stratasys part à la conquête de la production moyenne-série

« L’année 2020 a confirmé la place de l’impression 3D en production », clame Clément Moreau, directeur général de Sculpteo

« L’année 2020 a confirmé la place de l’impression 3D en production », clame Clément Moreau, directeur général de Sculpteo

Plus d'articles