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La robotique agricole en forum international à Toulouse

La robotique agricole en forum international à Toulouse

© Instar Robotics

La 3ème édition du FIRA (Forum international de la robotique agricole) vient de réunir à Toulouse, les 11 et 12 décembre plus de 800 acteurs économiques (industriels, chercheurs, universitaires, agriculteurs...) venus de plus d'une vingtaine de pays. L'occasion de faire le point sur l'état de l'art et de présenter la nouvelle génération des petits robots agricoles autonomes.

C'est devenu en quelques années un rendez-vous mondial pour les acteurs de la robotique agricole. Le FIRA, Forum International de la Robotique Agricole, a été créé en 2016 à Toulouse à l'initiative de Gaëtan Séverac et de son associé Aymeric Barthes. Les deux hommes sont aussi les co-fondateurs de Naio Technologies, une start-up spécialisée dans le développement de robots autonomes électriques de désherbage mécanique, La 3ème édition de leur rendez-vous, organisée les 11 et 12 décembre au centre de congrès Diagora, à Labège, dans le sud-est de l'agglomération toulousaine, a réuni plus de 800 acteurs économiques (industriels, chercheurs, universitaires et agriculteurs) d'une trentaine de nationalités. « Des dirigeants de grands groupes du machinisme agricole, tels que John Deere, Khun, ou DeLaval, et de grandes universités américaines, japonaises, britanniques ou danoises sont venus participer à nos rencontres », se félicite Aymeric Barthes. Au programme : de nombreuses conférences et tables-rondes, une exposition professionnelle et des rendez-vous d'affaires. L'occasion aussi pour certaines start-ups de présenter l'avancée de leurs projets.

Un essaim de robots pour la grande culture

Créée en 2016 et basée à Ramonville, dans l'agglomération toulousaine, AgreenCulture a mis au point Ceol, un robot de 500 kg doté d'un système de géo-positionnement par satellite RTK de très haute précision (de l'ordre du centimètre), conjugué à de la collecte et de l'analyse de données, destiné au binage et à la collecte de données en grande culture. Actuellement en phase de tests, Ceol devrait sortir sur le marché à l'horizon de 2020. La start-up conduit en parallèle un projet collaboratif avec le constructeur de matériel agricole Kuhn : le challenge Centeol, qui vise à cultiver une parcelle pilote de 50 ha de maïs avec une flotte de trois robots autonomes et polyvalents, capables de travailler ensemble grâce à un logiciel de pilotage, développé par la start-up. Ces robots assurent l'ensemble des étapes nécessaires à la culture du maïs : préparation et fertilisation des sols en amont, semis, pulvérisation des cultures, binage, fertilisation azotée. « L'objectif est de faire une démonstration grandeur nature de nos savoir-faire », précise Jérôme Asmar, responsable développement agronomique chez AgreenCulture. La start-up, qui emploie 17 salariés, prépare une levée de fonds pour 2019 afin d'accompagner les phases d'industrialisation et de commercialisation de ses robots.

Bakus, le robot de vigne

Après avoir travaillé à la mise au point d'une version robotisée d'un chenillard autonome pour assurer le travail des vignes, la société VitiBot, créée en 2016 à Reims, dans la Marne, a finalement repensé complètement son projet avec la mise au point de Bakus, un robot électrique, de type enjambeur, muni de 4 roues motrices et mieux adapté aux coteaux champenois. « Notre robot supporte des pentes de 45% », souligne son concepteur, Cédric Bache. Le prototype est prêt. Une pré-série est lancée et 6 premiers robots devraient être commercialisés dès le début de l'année 2019. Actuellement opérationnel pour recevoir les outils de travail du sol et de désherbage mécanique, Bakus a été conçu pour être polyvalent. D'ici quelques mois, il devrait être doté d'une nouvelle fonction de pulvérisation confinée. La pulvérisation se fait sous le châssis du robot. « Les embruns sont récupérés et peuvent être réutilisés, avec à la clef une réduction de l'ordre de 50% des produits pulvérisés sur une saison », souligne Cédric Bache. La start-up travaille aussi sur la mise au point de nouveaux outils, dont un système d'analyse en temps réel de la densité foliaire, qui permettrait de moduler les doses de pulvérisation.

Ecorobotix poursuit ses tests de plein champ

Depuis plus d'un an, la start-up suisse Ecorobotix multiplie les tests de validation en plein champ, sur des sites pilotes, à la fois en Suisse et en Europe de l'Ouest, avec les premiers prototypes de ses robots désherbeurs. Des robots entièrement autonomes, puisqu'ils fonctionnent à l'énergie solaire. Capable de reconnaître les mauvaises herbes grâce à leurs capteurs et à une caméra de reconnaissance visuelle, les robots pulvérisent des micro doses d'herbicide avec une grande précision. « En fonction du type de mauvaises herbes et de leur distance par rapport à la ligne de culture, les robots peuvent même faire le choix, en temps réel, entre deux types de pulvérisation », précise Aurélien Demaurex, président et co-fondateur d'Ecorebotix. Un système qui vient de faire l'objet d'un dépôt de brevet. La société a levé un peu plus de 9 millions d’euros en juin 2018, avec l'entrée à son capital de Capagro et de Basf Venture, pour poursuivre ses campagnes de tests et préparer l'industrialisation de ses robots, dont la sortie sur le marché est annoncée pour fin 2019, début 2020.

Un robot de manutention pour les pépiniéristes

Instar Robotics a à peine 7 mois d'existence. La société, créée à Cergy-Pontoise (Val-d'Oise) en mai 2018, a mis au point Trooper, un petit robot autonome et électrique, d'à peine 50 kg et bardé d'intelligence, capable d'assurer la manutention des plantes en pots chez les pépiniéristes et horticulteurs, pour des opérations de « distançage » et de « resserrage » . « Ces deux tâches sont à la fois pénibles et répétitives », souligne Nicolas Schoemaeker, président et co-fondateur de la start-up. Il s'agit de déplacer les pots (parfois plusieurs centaines), pour les écarter les uns des autres (le « distançage ») au printemps afin de permettre un bon développement de la plante ou au contraire, de les resserrer au début de l'hiver, pour les protéger du froid et des intempéries. Un bras articulé saisit le pot, le charge sur une plateforme prévue pour 6 pots et assure le nouveau positionnement, soit en rangs serrés, soit en rangs écartés. Le système s'adapte à tout type de pots, de 2 à 20 litres. Les premiers tests sont en cours en site pilote, chez un pépiniériste du Val d'Oise (Pépinières Chatelain). La mise sur le marché est prévue pour mi-2019.

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