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La RFID tire l'innovation

Youssef Belgnaoui
La RFID tire l'innovation

© D.R.

Paris, 23 - 25 janvier 2007. Les applications RFID se multiplient, la technologie devient plus fiable, l'offre de solutions s'étoffe.

C'est vrai, la Semaine de la traçabilité n'est pas à proprement parler le salon de la RFID. En matière de traçabilité, le code-barres et les solutions d'identification afférentes restent prédominants. Mais, au fil des allées, on ne peut que constater que la RFID reste le moteur de l'innovation.

Prenons, par exemple, le français Dag System. Sur son stand trônait un meuble comprenant plusieurs étagères surmontées d'un grand écran plat. C'est un prototype de présentoir intelligent. Dès que l'on prend un article disposé sur une étagère, l'écran délivre des images ou un film relatif au produit. Lorsque l'on repose le produit, le film s'arrête. « C'est une solution pour fournir au client une information sur le bon produit, au bon endroit et au bon moment », observe Emmanuel Moreau, directeur industrie de l'entreprise conceptrice.

Enfilez un gant et identifiez les colis

À quelques pas de cette étagère, toujours chez Dag System, une structure tubulaire intrigue. Non, ce n'est pas un bout d'échafaudage. Cette structure, constituée de tubes faisant office d'antennes reliées à un lecteur RFID, forme un portique de détection qui peut lire des étiquettes quelle que soit leur position dans l'espace.

Le lecteur proposé par Deister Electronic vise, lui, les applications de préparation de commandes. Il est constitué d'un gant partiel (s'enfilant sur deux doigts) qui fait office d'antenne. En approchant sa main de l'étiquette apposée sur un colis, l'identifiant est relevé par un boîtier électronique fixé au poignet de l'opérateur. Ce boîtier transmet les données lues vers un PC ou un terminal doté d'un port Bluetooth. Il est possible d'intégrer au lecteur une mémoire pour sauvegarder les données lorsque Bluetooth n'est pas opérationnel. « L'UHF Glove est un prototype développé pour le magasin du futur du distributeur allemand Metro. Ce n'est pas un matériel figé. Il est ouvert au changement en termes de fonctionnalités et de performances », indique Sandie Lachouette, ingénieur RFID chez Deister Electronic.

Une antenne au bout d'une canne

Pour la lecture manuelle de puces RFID, Balogh a opté pour une solution plus conventionnelle : le LPP1010. Il s'agit d'une antenne rectangulaire intégrant une anse reprenant la forme d'une crosse de pistolet qui vient se fixer à un terminal électronique de type Pocket PC. La lecture est déclenchée en appuyant sur une gâchette. L'entreprise française propose également une solution de gestion de documents reposant sur la technologie RFID. Une corbeille de courrier munie d'une antenne et connectée à un dispositif de lecture relève instantanément les informations inscrites sur la puce collée sur les documents qui y sont déposés. Selon l'application, la puce électronique mémorise quelques éléments clés du document ou seulement son identifiant. Une soixantaine de feuilles posées sur le plateau de la corbeille sont identifiées simultanément.

Pour collecter des informations sur des étiquettes radio difficilement accessibles, la jeune entreprise Acceliis a disposé une antenne à l'extrémité d'une canne. Le lecteur monté sur la canne transmet les données via Bluetooth vers le terminal électronique de l'opérateur. Elle a également conçu un lecteur de table d'une dizaine de centimètres de diamètre. Fonctionnant sur pile, ce dernier transmet les informations à un PC via son port Bluetooth.

La technologie RFID peut également être exploitée pour la localisation d'objets dans un local. La solution IDTREL-433 d'Atlantic RF associe un réseau d'antennes et de lecteurs à des tags UHF actifs. Piloté par un PC, ce dispositif localise en un seul clic les contenants sur lesquels est apposé un tag sur un site d'environ 400 m2.

Ces solutions d'identification radio doivent être associées à des étiquettes RFID appropriées à l'application de traçabilité visée. Les applications sont légion, les étiquettes aussi, par la forme de leur antenne, la fréquence de travail, le standard de communication, la capacité mémoire, leurs dimensions ou encore leur environnement de destination.

Maintag a, par exemple, développé avec Plastic Innovation une version miniature de l'Imatag, son tag RFID destiné à être utilisé dans des environnements difficiles. D'un diamètre de 5 mm, l'Imatag Nano, conforme à la norme ISO 18000-3, fonctionne dans la bande de fréquence HF et dispose d'une mémoire de 2 à 32 Kbit. Il résiste à des températures de - 196 °C à + 200 °C, à 600 bar de pression ainsi qu'aux chocs et agressions chimiques.

Un centre d'essais pour choisir son matériel

Dans le même esprit, Tagsys a réduit la taille de son tag pour les applications de traçabilité dans les blanchisseries industrielles. De couleur blanche, le tag ARIO 370DL mesure 15,5 mm de diamètre pour une épaisseur de 2,8 mm. Il supporte un minimum de 200 cycles de lavage dans une essoreuse centrifuge de 25 bar et des pressions de 35 à 40 bar rencontrées notamment dans le processus de traitement du linge plat.

On le voit, la palette des lecteurs et étiquettes RFID est large. Quel matériel est le plus approprié pour une application ? Pour vous aider, le RFTLab vous offre ses services. Ce centre d'essais radiofréquence, établi à Valence (Drôme) et créé au sein de l'École supérieure d'ingénieurs en systèmes industriels avancés Rhône-Alpes (INP Grenoble-Esisar), exposait sur son stand un banc de test grâce auquel les ondes radio émises par la RFID prennent la forme d'un signal qui s'affiche sur les écrans de contrôle. RFTLab se propose d'évaluer pour les industriels les performances des tags et des lecteurs, de mesurer les taux de lecture, d'examiner la conformité du matériel aux normes, etc. Les fabricants pourront, grâce à son aide, optimiser leurs matériels RFID, et les entreprises utilisatrices opter pour la solution la mieux adaptée à leur application.

VU AU SALON

Portique tubulaire > L'avantage de ce portique de détection RFID de Dag System est sa simplicité d'installation et sa flexibilité. Sa structure modulaire le destine à des volumes de détection allant de 1 à 60 m3, s'adaptant ainsi à la taille du carton ou du conteneur à identifier à la volée.

Étiquette UHF isolée > L'étiquette Space Tag de Paxar a été conçue pour s'affranchir, sur la bande de fréquence UHF, des perturbations dues aux emballages métalliques et aux produits liquides. Une couche de 3 à 8 mm de mousse plastique isole l'étiquette électronique de la surface du produit perturbateur.

Lecteur manuel longue distance > Le terminal PL3000 a été équipé par Nordic ID d'une nouvelle antenne qui autorise des lectures d'étiquettes UHF jusqu'à une distance d'un mètre. Il peut également être doté d'un lecteur laser pour codes-barres 1D ou d'un capteur d'images pour les codes 2D.

Corbeille à papier RFID > Le Tray Reader de Balogh est destiné à la gestion de documents portant une étiquette RFID. Il peut notamment être exploité pour identifier et localiser des documents qu'il est impossible de sauvegarder sous forme de fichiers électroniques.

DÉCOMPTÉ AU SALON

89 % des Français ont déjà entendu parler de la traçabilité, contre 71 % des Allemands, 60 % des Italiens, 35 % des Anglais et 29 % des Espagnols. » Source : Exposium-GS1

INNOVATIONL'ÉTIQUETTE QUI COMPTE À REBOURS

- Comment savoir si un produit est encore consommable ou utilisable, quelques jours ou quelques mois après son ouverture ? Il suffit de lire l'étiquette Op'n Pic apposée sur son couvercle. Celle-ci intègre un afficheur numérique et un dispositif de détection d'ouverture. Dès que l'emballage est ouvert, le compte à rebours démarre. L'étiquette affiche le temps restant avant la péremption du produit. Cette étiquette RFID active opère à 13,56 MHz et dispose d'une mémoire de 2 Ko. « Cette invention a été brevetée. La phase de prototypage est terminée. Nous démarrerons son industrialisation dès qu'un industriel envisagera de l'intégrer au packaging de ses produits périssables », indique Bruno Baron, directeur de Picdi, l'entreprise conceptrice.

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