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La RFID sous le feu des projecteurs

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Nice, 12 et 13 octobre. Les thèmes abordés durant le colloque SmartLabels démontrent que les technologies RFID évoluent et que des solutions se déploient, témoignages à l’appui.

Décidemment l’identification par radiofréquences RFID tient la vedette. On ne compte plus séminaires, colloques ou autres salons qui prennent pour thématique les technologies RFID qui, rappelons le, assurent la traçabilité sans contact d’articles ou d’objets.

La dernière édition du colloque SmartLabel Europe qui se tenait cette année à Nice n’y a pas échappé. Ces conférences organisées par Idtechex ont réuni les 12 et 13 octobres environ 200 personnes. Celles-ci ont fait le voyage depuis la plupart des pays d’Europe (Russie comprise) et parfois même des Etats-Unis et de Corée du Sud.

Bien sûr, impossible d’organiser un colloque sur la RFID sans évoquer la demande des distributeurs Wal-Mart et Mark & Spencer qui souhaitent que leurs principaux fournisseurs se mettent à la RFID notamment pour le suivi des cartons et des palettes qui leur sont livrés.

WorldWide Fruits est venu exposer son expérience RFID. Ce spécialiste anglais de la distribution de poires, pommes, kiwis, dates et avocats a été contraint par Mark et Spencer de mettre en place un système de d’identification RFID. Il s’est lancé à reculons dans l’aventure. Mais au final, une fois que la solution a été mise en place il s’est rendu compte que les bénéfices n’étaient pas seulement du côté de son client. Il en tirait également de multiples avantages du point de vue de son processus de livraison, de la gestion de ses stocks et du contrôle des dates limites de consommation.

De son côté Mark&Spencer a présenté l’expérience qu’il a mené pour tracer par RFID pendant 4 semaines durant l’automne dernier 10 000 costumes, chemises et cravates. Le distributeur a poursuivi ses évaluations cet été. Celles-ci vont se poursuivre cet automne en collaboration avec trois fournisseurs qui livrent leurs produits avec des tags RFID.

Tout comme son homologue allemand Kaufhof Warenhaus, il a conçu une unité mobile d’identification radio. L’équipement électronique est embarqué sur un chariot. L’opérateur peut faire l’inventaire dans le magasin en balayant les présentoirs avec une antenne portable.

Chez Kaufhof, Uwe Quiede reconnaît les bénéfices de la RFID tout en ayant repéré ses limites. Pour que la lecture soit fiable notamment à la sortie des portiques dans les entrepôts il faut que les vêtements sur les cintres soient suffisamment espacés. Lorsque les vêtements sont transportés dans des caisses. Celles-ci passent au travers des tunnels de détection. Les étiquettes doivent être placées correctement par rapport à l’antenne pour obtenir un taux de lecture élevé.

Le distributeur allemand teste également dans ses magasins une étiquette réutilisable une quinzaine de fois. Celle-ci a été développée par Checkpoint System. Son prix serait d’environ un euro. Emettant à la fréquence de 8,2 et 13,56 MHz, cette étiquette sera utilisée pour l’identification du produit dans les magasins et la détection des articles lors de leur passage entre les portiques anti-vol.

Côté RFID, l’industrie n’est pas en reste. Air Liquide a présenté la solution qu’il a mis en place depuis de longues années pour le suivi de son parc de bouteilles de gaz. L’entreprise française a d’ailleurs créé la filiale Athelia pour mettre son savoir faire en ce domaine au service d’autres industriels.

Le fabricant de papier américain International Paper s’est quant à lui intéressé à la RFID pour faciliter la gestion des bobines de papier dans son usine de Texarkana. Dans son immense entrepôt sont stockées des bobines de divers diamètres. Au moment de la livraison, les caristes doivent donc les retrouver avant leur expédition. Pour faciliter la localisation de ces bobines, International Paper a tenté l’expérience de la RFID. Avec succès.

«Pourtant ce n’était pas gagné d’avance. Les premiers pas furent laborieux, les équipements de détection RFID étaient montés approximativement sur les chariots. Nous avancions à tâtons. Lorsque l’on démarre un projet RFID, il ne faut vraiment pas avoir peur de l’échec», a prévenu Scott Andersen, responsable du projet. Dorénavant les antennes sont parfaitement intégrées aux pinces de manutention des chariots. Par ailleurs, un réseau d’antennes permet de les localiser dans l’entrepôt à 50 cm près.

Airbus et Boeing sont également très intéressés par la RFID. Jen Heitman d’Airbus a indiqué  que les deux avionneurs disposaient de 70% de fournisseurs communs. A ce titre, ils ont travaillé régulièrement à la standardisation des codes barres dans leur industrie. Ils poursuivent cette collaboration dans le domaine de la RFID.

Mais les deux industriels qui projettent d’utiliser la RFID pour l’identification de composants embarqués dans les avions sont avant tout à la recherche d’une technologie fiable plutôt que bas coût. Kenneth Porad de Boeing a indiqué que des tests avaient déjà été menés avec des étiquettes d’Infineon sur différents équipements d’un avion. L’américain va poursuivre son évaluation en collaboration avec FedEx sur 40 composants d’un avion.

Chep s’est également lancé dans le bain de la RFID. L’entreprise anglaise qui gère un parc locatif de 200 millions de palettes et de 40 millions de conteneurs est fière d’annoncer que chaque jour 2,5 millions de produits sont transportés sur ses palettes. Pour gérer plus finement les flux de palette qui quittent ses entrepôts Chep les à équiper d’étiquettes RFID.

«Nous avons bien sûr soumis ces étiquettes au dur régime que subissent tous les jours nos palettes. Nous les avons testées entre -30 et +85°C, entre 20 et 98% d’humidité ainsi qu’aux chocs et aux vibrations», a souligné Andy Robson, responsable du développement du marché RFID chez Cheb. Outre une meilleure visibilité dans la gestion du flux des palettes, l’idée est aussi de pouvoir associer dans le futur le numéro d’identification de la palette au lot de produit qu’elle transporte.

Durant ce congrès, la technologie RFID n’a pas été écartée. Philips et PolyIC étudient des procédés de fabrication de circuits électroniques fins et flexibles.

Philips a présenté la technique qu’il a baptisé STT (Substrate Transfer Technique) qui permet de graver des puces sur un wafer en silicium recouvert de polyamide. Ce revêtement détachable permet d’obtenir des circuits électroniques souples qui peuvent s’appliquer à n’importe quel support.

PolyIC explore quand à lui la voie de l’impression d’encre conductrice pour réaliser des circuits électroniques souple à base de polymères qui pourraient être utilisés pour la RFID.

L’israélien Power Paper a quant a lui vanté les mérites de l’étiquette RFID passive mais alimentée. Alimentée par une batterie obtenue par impression. Cette batterie ne serait utilisée que pour amplifier le signal émit par l’étiquette une fois que celle-ci est excitée par l’antenne. «Cela améliore la lecture des étiquettes dans des conditions difficiles : mauvaise orientation, distance de lecture importante, perturbations, etc.», a insisté Gidy Weisglass qui a brillamment vanté les avantages du system PowerID.

Le protocole de communication est également essentiel au décodage des informations transmises par l’étiquette. Pour favoriser la lecture de différents types de protocole par le même lecteur, la société française Inside a présenté les spécificités du circuit PicoRead.

Celui-ci vise le marché OEM. Il permet de décoder indifféremment les standards RF à 13.56 MHz tels que l’ISO 14443 A/B, FeliCa de Sony et l’ISO 15693.

Youssef Belgnaoui

Site du colloque
- www.idtechex.com/smartlabelseurope04/en/index.asp


 

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