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La réglementation tire l'innovation

Thibaut De Jaegher
Alors que le salon Health IT, dédié aux systèmes d'information santé se tient à Paris du 26 au 28 mai, Siemens Health Services dévoile pour Industrie et Technologies la manière dont il conçoit et développe ses logiciels médicaux pour le marché français. Ses maîtres mots ? Rapidité et ergonomie.

Industrie et Technologies. Lorsque l'on parle de systèmes d'information médicaux, on ne pense pas spontanément innovation...

Hélène Cottier. C'est pourtant notre lot quotidien. On ne développe pas tous les jours une nouvelle technologie mais que ce soit pour nos systèmes médico-administratifs qui gèrent la paye et les ressources humaines ou pour nos logiciels d'aide à la prescription, nous mettons sur le marché une nouvelle version de nos produits tous les six mois. Cela représente beaucoup de travail à mener en peu de temps pour nos équipes car nous développons nos produits entièrement en France.

I. T. Six mois, c'est un rythme de renouvellement très court...

H. C. Vu de l'extérieur, c'est l'impression que l'on peut avoir. Mais cette réactivité est indispensable pour que nos logiciels soient efficaces. La réglementation française évoluant très vite et pas seulement sur des points mineurs de tarification, nous devons reprendre complètement nos logiciels chaque semestre. Il est même parfois nécessaire de proposer un add-on entre deux versions pour prendre en compte les toutes dernières modifications de la loi. Si nous voulons offrir des produits adaptés au marché, nous devons même souvent modifier l'architecture même des logiciels pour qu'ils conservent leur pertinence et leur efficacité.

I. T. Comment vous organisez-vous pour être aussi réactif ?

H. C. D'abord nous essayons d'anticiper au maximum les futures réglementations. Nous participons à des groupes de travail au sein du ministère de la Santé ou de notre fédération professionnelle. Nous sommes proches également des personnels soignants. Nous sommes présents dans 400 hôpitaux ou cliniques et nous travaillons de manière rapprochée avec quelques établissements pour s'assurer de l'adéquation de notre produit aux besoins des clients. Récemment, nous avons développé un dossier médical informatisé en collaboration avec l'institut Montsouris à Paris et le CHU de Nantes. Cela nous a permis d'avoir un accès direct aux utilisateurs de nos produits et de les adapter en conséquence. Nos équipes sont aussi des "anciens" de la santé. Nos chefs de projet ont souvent eu, auparavant, un cursus de médecins ou d'infirmiers. Cela limite les malentendus et permet de parler un même langage.

I. T. La tutelle du groupe Siemens est-elle pesante ? Êtes-vous contraint d'exploiter les produits qu'il développe pour d'autres marchés ?

H. C. Non. Nous travaillons avec eux mais nous avons - contrairement à d'autres filiales - une indépendance quasi totale. Cette autonomie est permise par le poids que représente le marché français : nos 400 clients nous permettant de rentabiliser nos investissements en R&D. Mais cela est aussi largement dicté par la politique de santé particulière de la France. La législation française est trop complexe et trop intrusive sur l'ensemble du système d'information pour être gérée facilement par de simples add-ons. Quand on modifie le recueil des actes par exemple, cela a des impacts sur la facturation. Ce qui nous oblige à repenser l'ensemble de l'architecture logiciel.

I. T. La législation est au coeur de vos développements mais la fiabilité y joue aussi un rôle primordial...

H. C. Nos produits mettent en jeu la vie des patients. Nous n'avons donc pas droit à l'erreur. Pour assurer la fiabilité de nos produits, nous réalisons donc des contrôles en interne pendant et après le développement. Une partie de ces tests sont automatisés, mais les effectifs de notre équipe qualité-test ont beaucoup augmenté ces dernières années pour faire face à la complexité croissante de nos logiciels. Avant sa commercialisation, nous mettons aussi en main le logiciel à un panel d'utilisateurs. Nous travaillons aussi beaucoup sur l'interopérabilité de nos logiciels. Généralement, Siemens n'est pas l'unique fournisseur d'un hôpital et nous devons nous assurer de la compatibilité avec les logiciels parfois concurrents. Pour ce faire, nous participons chaque année au Connectathon aux États-Unis. Cette manifestation permet de valider que les informations transmises par un éditeur sont bien comprises par le produit de l'autre.

I. T. Le personnel soignant est-il réticent à l'idée d'utiliser vos logiciels d'aide à la prescription ? Comment faites-vous pour qu'il s'approprie ces outils ?

H. C. Cette méfiance est plutôt en recul. Mais notre département R&D travaille énormément sur l'ergonomie et la facilité d'utilisation de nos produits. Nos progiciels sont d'ailleurs plus proches de didacticiels sous bien des aspects. Ils épaulent vraiment, pas à pas, le médecin ou l'infirmier dans son processus de décision et de transmission de l'information. Dans un contexte où les budgets des hôpitaux sont de plus en plus comprimés, ce gain de temps permet aussi de réaliser des économies substantielles en termes de trésorerie.

LES CHIFFRES CLÉS

Siemens Health Services - Filiale de Siemens Healthcare 400 millions d'euros de chiffre d'affaires en France - 200 collaborateurs en France dont 65 en R&D

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