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La réalité virtuelle fait de la prévention pour les 2 roues

Dans le cadre d'un projet de 6 mois, des étudiants ont développé en collaboration avec la société Nautilus, un scooter virtuel pour sensibiliser les jeunes aux dangers de la route.



La semaine dernière, le président de Laval Virtuel présentait en avant-première, dans les locaux de l'Ensam à Paris, le Virtual Scooter. Ce simulateur de conduite de deux roues a été développé par des étudiants de l'Escin et du Master MNRV de Laval, sous la direction du Laboratoire Présence & Innovation de l'Ensam et en partenariat avec la société Nautilus. Destiné aux 14-17 ans, l'objectif de ce simulateur est de sensibiliser les jeunes conducteurs de deux roues aux dangers de la route.

Assis sur un scooter réel (mais pour l'instant fixe), le conducteur est équipé d'un casque conventionnel, d'une paire de "lunette/écran" ainsi que de petits écouteurs. L'engin se pilote comme dans la réalité à l'aide du guidon et des commandes traditionnelles accélérateur, frein, clignotants. Le casque intègre des capteurs magnétiques afin de prendre en compte les mouvements de la tête pour faire tourner l'image. Le son est spatialisé. Un caisson de basse est situé sous la selle et des haut-parleurs placés à l'avant complète le dispositif. L'ensemble est interfacé avec un PC haut de gamme équipé d'une bonne carte graphique. L'environnement virtuel a été réalisé à l'aide de 3D Studio Max et des outils de Virtools, maintenant chez Dassault Systèmes.




Le jeune conducteur roule donc dans une ville virtuelle à l'image de l'Ile Saint Louis de Paris. Chaque type d'accident provoqué ou non par le pilote est sanctionné par série images choc dont la dureté dépend de la gravité de l'accident (âmes sensibles s'abstenir !). Différents scénario sont possibles, tout est paramétrable jusqu'aux images chocs "débrayables". Les accidents peuvent être gérés directement par le moniteur de conduite. D'ailleurs la présence d'un adulte à la sortie du simulateur sera nécessaire, afin de commenter l'expérience avec l'adolescent.
 



« Il ne s'agit pas d'un jeu vidéo mais d'un outil pédagogique », précise Simon Richir, directeur technique de Laval Virtual et enseignant à l'Ensam. « Il ne s'agit pas de leur apprendre à conduire mais bien de les sensibiliser aux risques de la route et aux conséquences que peut avoir un accident », poursuit le scientifique. Aussi, il n'est pas nécessaire que le simulateur ait un comportement calqué à 100 % sur le réel, l'important est que le pilote rentre dans le scénario, qu'il vive l'expérience afin de prendre conscience des dangers et que son esprit soit marqué par les dangers d'accidents.

La présentation officielle aux industriels et au grand-public est prévue lors des 8e Rencontres internationales de la réalité virtuelle qui auront lieu du 26 au 30 avril 2006 à Laval.D'ici là, un certain nombre de choses seront affinées notamment côté modèle virtuel et scénario, par exemple, le champ de vision est trop étroit, même lorsque le pilote tourne la tête il n'a pas une vue de ce qui ce passe à 90°, dommage lorsqu'il s'agit de couper une rue perpendiculaire !

« Ce simulateur a été développé en six mois par des étudiants », rappelle indulgent Pascal Sultan, directeur de la société Nautilus. « Nous avons souhaité intervenir le moins possible pour garder toute la dimension pédagogique de l'exercice. Par ailleurs, l'objectif de ce prototype est avant tout de valider des choix technologiques », explique l'industriel. N'empêche, les quatre étudiants en masser professionnel, Alexandre Boursier, Gill van Herzele, Didier Desmolases et Alexandre Del Ayyubide, veulent ajouter à leur engin les rétroviseurs qui manquent cruellement à la conduite. Mais cela signifie un besoin important de calculs supplémentaires à réaliser et implique l'ajout d'un, voire de deux ordinateurs. Prochaines étapes, l'industrialisation donc mais également l'intégration du scooter sur une plate-forme mobile pour rendre compte des effets d'accélération, ou de freinage autrement que par un rendu visuel, ainsi que pour pencher l'engin dans les virages.

La commercialisation est prévue pour 2007. Nautilus espère vendre une dizaine de machine cette première année. Prix de vente estimé : 30 000 euros. Le marché visé est celui des conseils régionaux, des conseils généraux, des assurances, ou encore de tout organisme capable de conduire des campagnes de sensibilisations dans les collèges et lycées. Et pourquoi pas les auto-écoles. Les jeunes pourraient accéder à ce type de simulateur au moment du passage du BSR (brevet de sécurité routière). En attendant la validation des instances gouvernementales nécessaire à la commercialisation de ce type d'équipement, la société Nautilus recherche des appuis financiers.

Si la mise au point est encore imparfaite mais rapidement perfectible, on ne peut, de toute manière, que souligner l'initiative. Rien n'est de trop quand il s'agit de diminuer la mortalité des jeunes sur la route. Selon les derniers chiffres disponibles, 1 400 jeunes de 14 à 17 ans ont été tués en 2004 dans des accidents de deux-roues en France, 6 000 ont été grièvement blessés et 25 000 plus légèrement.

Nadège Aumond

Pour en savoir plus :
http://www.laval-virtual.org 
http://www.nautilus-crea.com

 

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