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La première minoterie duXXIesiècle

Jean-Charles Guézel
- Inauguré en 2003, le moulin du Fromenteau passe pour être l'un des mieux équipés d'Europe. Bâti, process, informatisation... : tout a été pensé pour accéder aux plus hauts standards en matière d'hygiène et de traçabilité.

Un moulin en pleine campagne. Quoi de plus banal ? Et pourtant... « En France, aucune minoterie industrielle n'a été construite depuis le milieu des années 1980. Rien hormis quelques rénovations. Celle de Boussay (Loire-Atlantique), que nous venons d'inaugurer, est la première du xxie siècle. Et surtout la plus moderne du pays, peut-être même d'Europe », s'enthousiasme Bruno Texier, le chef meunier, autrement dit le responsable de production du site.

10 millions d'euros d'investissement

Contre toute attente, ce n'est pas à un mastodonte de l'agroalimentaire que revient cette heureuse initiative, mais à une société familiale centenaire, Minoterie Girardeau, ne comptant guère plus d'une quarantaine de salariés.

Situé en un lieu-dit appelé le Fromenteau (mot signifiant « bonne terre à blé »...), cet outil s'ajoute à un parc de deux autres moulins : celui de Montaigu (moulin à meule d'une capacité de 25 t/jour) et celui du Feuillou (80 t/jour).

Sans vouloir faire du Fromenteau une très grosse unité de production (avec 300 t/jour elle se situe vers la vingtième place en France), Bertrand Girardeau, patron de l'entreprise, a voulu y installer ce qui se fait de mieux en matière de technologie et d'équipements. Pour y parvenir, pas moins de 10 millions d'euros d'investissement (dont 35 % pour le matériel de meunerie) et deux années de travaux auront été nécessaires. C'est Bruno Texier, arrivé dans l'entreprise en août 2000, qui a rédigé le cahier des charges du projet. « En une semaine pour la partie électricité/automatismes », précise-t-il.

Modernité et hygiène

Avec des idées qui bousculent d'ailleurs pas mal les modèles établis. « Il ne se construit pas beaucoup plus d'une dizaine de moulins chaque année dans le monde. De fait, la meunerie est un métier peu dynamique, et même assez rétrograde par certains côtés, observe Bruno Texier. En réponse à notre premier appel d'offres, les fournisseurs n'ont, par exemple, pas jugé utile de nous proposer le moindre réseau d'automatismes. Il a presque fallu insister pour qu'ils nous installent FIP I/O ! »

Mais la modernité de cette minoterie ne réside pas seulement dans ses automatismes (Schneider Electric Premium), dans le niveau de son parc électrique (1 400 kW installés, 280 moteurs asynchrones, 32 variateurs de vitesse...) ou dans la précision de ses instruments (mélanges au gramme près - au lieu de 20 g - sur deux tonnes). Elle résulte aussi des exigences draconiennes qu'elle s'est fixées en matière de traçabilité et d'hygiène. Après un premier assemblage de différents blés, les grains sont tout d'abord nettoyés afin d'éliminer les cailloux, les brins de ficelle ou de paille, les graines indésirables... Les grains malades, plus légers que la normale, sont quant à eux extraits par un système d'aspiration (tarare). Une épointeuse, enfin, retire les barbes et les moisissures. Ces deux dernières interventions sont même répétées après le traditionnel mouillage (suivi d'un repos de 24 à 48 heures) visant à faciliter la séparation entre l'amande et le son.

Ni huile ni graisse

La suite des opérations, c'est-à-dire le broyage, constitue évidemment le coeur du process. Trois types de broyeurs (broyeurs canelés, broyeurs lisses et convertisseurs) se succèdent pour moudre de plus en plus finement la semoule. À cela s'ajoutent des planchisters (pour le tamisage) et des détacheurs (pour désagréger les plaquettes de farine qui se forment sur les broyeurs lisses).

Rien que des équipements classiques, certes, mais tous sélectionnés en vue d'une propreté optimale. Les entraînements par courroies ou les accouplements directs y remplacent les chaînes : plus de bac à huile ni de graissage. De même, les temps de démontage ont été ramenés de 2 heures à 15 minutes pour faciliter les nettoyages.

Par ailleurs, tout a été fait pour éviter la rétention de produit dans les conduites et les machines. Les pieds des élévateurs, par exemple, ne sont plus carrés mais ronds, de façon à limiter l'accumulation de grains de blé. Des petits détails qui finissent par faire une grosse différence en bout de process...

EN CHIFFRES

Le moulin du Fromenteau - Surface au sol : 2 400 m2, - Hauteur : 36,2 m (six étages) - Capacité de production : jusqu'à 300 t/24 h avec extension possible jusqu'à 450 t/24 h Minoterie Girardeau - Effectif : 45 personnes (dont dix au moulin du Fromenteau) - Chiffre d'affaires : 17 millions d'euros - Logistique : 13 camions de 6 à 25 tonnes de charge utile

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