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La pompe à membrane se réinvente

THOMAS BLOSSEVILLE tblosseville@industrie-technologies.com

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Dans la pépinière de l'Université technologique de Compiègne, AMS R et D a inventé un concept inédit de pompage. Une membrane ondulante propulsant le fluide, qu'il soit liquide, gazeux, diphasique ou chargé de solides. En développement, cette technologie pourrait donner naissance à une nouvelle famille de pompes. Avec des débouchés dans toute l'industrie.

Du jamais vu. La jeune entreprise innovante AMS R et D, fondée en 2005, développe la pompe à membrane ondulante. Ni axe, ni clapet, ni pièce tournante... Dans cette pompe, la simple oscillation d'une membrane élastomère propulse le fluide. À la clé, des économies d'énergie attendues en comparaison avec les pompes ordinaires - de 30 à 40 %.

La pompe accepte tous les types de fluides

« Les technologies classiques à membrane sont des pompes volumétriques. Pour pousser le fluide, elles utilisent des clapets d'entrée et de sortie. La nôtre est sans équivalent », assure Jean-Baptiste Drevet, responsable recherche et développement d'AMS R et D et inventeur du procédé.

À première vue, son principe de fonctionnement est d'une simplicité déconcertante. Quand on excite l'extrémité d'un support déformable, une onde se propage. Concrètement, dans la technologie AMS, un actionneur génère un mouvement sinusoïdal sur la périphérie d'une membrane circulaire. En oscillant, celle-ci transmet l'énergie au fluide et le fait avancer. Injecté à la périphérie de la membrane, le fluide ressort en son centre.

Traitement de l'eau, assistance cardiaque, nucléaire... AMS cible un large spectre de débouchés. Sa technologie possède en effet un atout majeur. Elle fonctionne avec tout fluide, qu'il soit liquide, gazeux ou diphasique. Dans l'électroménager, elle permettrait par exemple d'aspirer simultanément l'eau et la mousse des lave-linge.

Elle tolère même les corps étrangers sans se bloquer

Mieux : la pompe AMS tolère les corps étrangers solides. « Comme la poudre, les graviers, les feuilles d'arbres, les grains de café, même les balles de golf ! », s'enthousiasme Erik Guillemin, président d'AMS. « Si une chaussette s'échappe du tambour d'un lave-linge, elle ne bloquera pas la pompe », assure-t-il.

Dans l'agroalimentaire, en injectant deux fluides, elle les mélangerait. Dans l'automobile, sa vitesse de démarrage de 12 ms accélérerait la réponse des turbocompresseurs. Et réduirait d'un tiers, selon AMS, la taille des moteurs.

Ses atouts ? Le procédé possède plusieurs qualités intrinsèques : faible cisaillement, dimension, poids et nombre de pièces réduits. Dans la pratique, il doit pourtant être adapté à chaque application. La pièce critique est la membrane. Sa composition dépend du fluide, par exemple de son acidité. Surtout, la membrane est soumise à la pression. « Par simulation numérique, nous avons pour l'instant atteint 18 bar », précise Jean-Baptiste Drevet. Après avoir travaillé sur des membranes homogènes, il envisage désormais d'associer plusieurs matériaux.

Autre piste de recherche, le bruit. « Actuellement autour de 52 dB, le niveau sonore typique de l'électroménager », chiffre Jean-Baptiste Drevet. Son objectif ? Le réduire à 40 dB pour s'imposer dans l'automobile. Prometteuse, la technologie développée par AMS doit désormais confirmer son potentiel. Une première commercialisation est attendue pour 2011 auprès d'un fabricant de piscines. Avant combien d'autres ?

Cherche partenaire industriel

Installée dans un laboratoire de l'UTC (Université de technologie de Compiègne), AMS R & D réunit six personnes. Sans compter un thésard à l'UTC et un partenariat de recherche avec l'Institut de mécanique des fluides de Karlsruhe, en Allemagne. Pour l'instant, la jeune entreprise a déposé six brevets. Trois millions d'euros ont été investis, un tiers provenant d'Oséo, de l'UTC et de la Région Picardie. Mais pour développer sa technologie, AMS cherche des partenariats. L'idéal ? Des industriels avec une problématique de pompage précise, capable d'investir entre cinq cent mille et deux millions d'euros. Puis de fabriquer, sous licence, la pompe.

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