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La parole à la simulation

Après ces trois ténors du PLM, nous avons eu droit à une rafale de spécialistes de la simulation et du prototypage virtuel.

Michael Wheeler, Vice-President Mechanical Business Unit d'Ansys
, est venu expliquer la criticité de la simulation multiphysique dans la réduction du cycle de développement des nouveaux produits. 

Il a notamment insisté sur la nécessité non pas d'accélérer les processus en place, mais de mettre en place ce qu'il a qualifié de "nouvelles autoroutes du développement". Il a d'ailleurs souligné l'importance du rachat de la société française Cadoe (Voir SIT N°113), qui apporte à Ansys un réel savoir-faire dans le domaine de l'analyse paramétrique qui permet de réduire les cycles de simulation. 

Notons aussi la réelle volonté de collaboration avec de multiples éditeurs du monde de la simulation, afin d'offrir la palette applicative la plus large possible. 

Urbain Vandeurzen, Chairman & CEO de l'éditeur belge LMS, a, lui aussi, insisté sur le virage qu'est en train de prendre le monde de la simulation. "Les outils de simulation dont disposaient les utilisateurs dans les années 90 comportaient trop de limitations pour savoir traiter correctement des assemblages complexes. Cela interdisait leur utilisation pour créer de réels prototypes virtuels, même en accroissant la puissance des calculateurs. Certains constructeurs automobile en ont d'ailleurs fait la triste expérience en étant obligés de rappeler en garantie des séries complètes de véhicules. Les coûts liés à ces opérations correctives peuvent alors être supérieurs à ceux de la R&D", constate-t-il. 

Il préconise donc inventer de nouvelles méthodologies de simulation mixant tests virtuels et tests réels. "Ceci, combiné à l'évolution logique de l'informatique, qui devrait permettre de réduire de façon drastique le temps nécessaire aux transferts de données, au maillage, à la modélisation et au calcul, donnera aux ingénieurs les moyens de se focaliser beaucoup plus sur l'optimisation de leurs produits". 

Pour Robert Ryan, président de Mechanical Dynamics, "le prototypage virtuel doit faire partie du vocabulaire des entreprises misant sur l'innovation, ou alors elles disparaîtront". Et de citer l'exemple de Toyota : "la Camry, qui a fait largement appel au prototypage virtuel, a été développée en 10 mois de moins que la génération précédente, avec 20 % de personnel en moins, pour un coût total de 30 % inférieur grâce à une réduction de 65 % du nombre de prototypes ". 

Il estime que, si l'usage traditionnel de la CAO permettait de résoudre 50 % des problèmes techniques avant de construire le premier prototype, le passage au prototypage virtuel fait passer le taux à 80 %. Les chiffres passant de 90 % à 95 % dès le deuxième prototype physique. On voit donc l'intérêt qu'il y a à utiliser les prototypes virtuels le plus en amont possible dans le cycle de développement ou à l'intégrer avec les tests réels.

Une opinion partagée par les clients de MDI comme Norbert Schaub, responsable du développement des voitures de DaimlerChrysler :"l'intégration des modèles analytiques avec les tests physiques nous permettra de concevoir des véhicules de meilleure qualité en moins de temps". 

"Par contre, le prototypage virtuel nécessite l'étude de phénomènes multiphysiques, c'est pourquoi nous souhaitons étendre le spectre de nos activités en dehors du champ de la simulation dynamique", annonçait Robert Ryan. Quelques jours plus tard, Mechanical Dynamics passait sous le contrôle de MSC.Software (Voir l'actualité de ce numéro).

De son côté, Oddvar Solemsli, Chairman & CEO de la firme norvégienne Fedem Technology spécialisée dans la simulation des mouvements de machines, estime : "Il ne faut toutefois pas idéaliser le tableau, on ne croit pas encore assez les résultats du calcul pour abandonner totalement les tests réels, notamment lorsqu'il faut lier la simulation dynamique des structures mécaniques avec celle des systèmes de commande". 

Nader Khoshniyati, Executive Vice President de MSC.Software, estime lui aussi que la simulation est l'une des clés du développement du PLM dans les entreprises. Mais la position de leader du marché de MSC lui fait envisager le futur d'une manière plus globale. "Notre palette de logiciels applicatifs devra être la plus complète possible, tant propre que tiers, afin que les utilisateurs puissent faire de la simulation multiphysique sans être obligés de travailler avec autant d'éditeurs que de logiciels. Toujours pour répondre aux attentes des utilisateurs, nous allons étoffer la gestion des données issues de la simulation. De même, nous allons développer le volet services de nos activités en offrant du "conseil métier" autour de la conception des produits. Enfin, nous allons valoriser notre savoir-faire dans le domaine de l'intégration des logiciels d'informatique technique avec les systèmes informatiques. Ainsi, nous aurons une offre globale autour non plus de la seule simulation, mais du PLM". 

JFP

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