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La NSA a créé un moteur de recherche pour partager plus de 850 milliards de métadonnées

Julien Bergounhoux
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La NSA a créé un moteur de recherche pour partager plus de 850 milliards de métadonnées

Le quartier général de la NSA, à Fort Meade, dans le Maryland.

© NSA

De nouvelles révélations sur la NSA, l'agence américaine de renseignement électronique et informatique, indiquent qu'elle partage plus de 850 milliards de documents sur les métadonnées avec une vingtaine d'autres agences de renseignement au travers d'un moteur de recherche inspiré de celui de Google. Cette pratique aurait lieu depuis 2007 et concernerait aussi bien les ressortissants étrangers que les citoyens américains.

D'après de nouveaux documents publiés lundi 25 août par The Intercept, l'agence de renseignement électronique américaine, la NSA, a développé un moteur de recherche interne similaire à Google pour sa gigantesque base de métadonnées. Ce moteur, qui s'appelle ICReach, cherche parmi plus de 850 milliards d'archives. Et il est partagé avec plus d'une vingtaine d'autres agences de renseignement américaines. La NSA le décrit dans une présentation interne comme "une expansion à grande échelle du partage de métadonnées de communication avec les partenaires [de la communauté du renseignement]." Le même document révèle qu'il est opérationnel depuis mai 2007.

Plus qu'un élargissement de la masse de données partagée et du nombre de partenaires auxquels elle l'est, ICReach a aussi vu augmenter les différents types de métadonnées recensées. Là où elles se limitaient auparavant à la date et l'heure d'un appel téléphonique, sa durée, le numéro appelé et le numéro appelant, ICReach a rajouté les numéros IMEI (identifiants uniques pour téléphones mobiles), IMSI (identifiants uniques pour cartes SIM), les coordonnées GPS, les adresses emails, les identifiants de messageries instantanées, les protocoles de communication utilisés... Et bien d'autres encore. Des données périphériques qui, une fois recoupées, permettent à l'agence d'obtenir une vision très précise de la vie des personnes qu'elle surveille, même sans connaître le contenu de leurs communications en lui-même.

Pour sa part, la NSA justifie ce partage comme correspondant aux recommandations des commissions gouvernementales qui ont fait suite aux attentats du 11 septembre 2001. ICReach pourrait cependant dépasser ce cadre. Il semblerait en effet qu'il ne se contente pas de cibler des ressortissants étrangers, mais contienne également des millions de fiches sur des citoyens américains. Une pratique à laquelle la NSA, en tant qu'agence de renseignement extérieur, n'est pas autorisée.

Le schéma ci-dessus détaille la manière dont les réseaux des différentes agences gouvernementales américaines sont interconnectés. On peut y voir que les réseaux du FBI (qui s'occupe du renseignement intérieur), de la DEA (spécialisée dans la lutte anti-drogue) et de la DIA (spécialisée dans le renseignement militaire) sont connectés au système Proton de la CIA (l'agence centrale de renseignement), qui est lui-même rattaché aux serveurs de la NSA. Le système reçoit par ailleurs également des informations des services de renseignements faisant partie de l'alliance "five eyes" : Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, et Etats-Unis. Le tout est alors indexé et trié pour être présenté au travers d'une interface de recherche "similaire à celle de Google".

Cette présentation souligne la croissance particulièrement rapide du nombre de métadonnées partagées par la NSA à d'autres entités entre 2001 et 2007, date de la mise en place d'ICReach.

Ce document liste l'augmentation significative des types de métadonnées collectées. Concernant les catégories, "PSTN" (Public switched telephone network) correspond au réseau téléphonique traditionnel, "Inmarsat" est une société britannique qui opère un vaste réseau de communication par satellites, "PCS" (Personal Communications Service) fait référence aux réseaux de téléphonie mobile (voix et données), et "DNI" (Digital Network Intelligence) est le terme consacré de la NSA pour la récolte d'informations sur Internet.

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