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La Nasa envisage le copilotage à distance des avions de ligne

Julien Bergounhoux
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La Nasa envisage le copilotage à distance des avions de ligne

Y a-t-il un pilote dans l'avion ?

© Alex Beltyukov - C.C.

Alors que le pilotage à distance ne cesse de progresser, notamment au travers de la recrudescence des drones (militaires ou civils), la Nasa a lancé une étude de 5 ans, confiée à Rockwell Collins, pour définir la faisabilité d'un copolitage à distance pour les avions de ligne. Cette solution, qui n'emploierait qu'un seul pilote par appareil, est pensée pour faire face à l'augmentation drastique du nombre de vols prévue dans les années à venir et au manque de personnel pour commander chacun d'entre eux.

Dans un article du 14 décembre, le Wall Street Journal dévoile que la pénurie de pilotes qualifiés couplée aux avancées très importantes qui ont eu lieu dans le domaine de l'automatisation ces dernières années, ont mené des chercheurs de la Nasa et de l'industriel Rockwell Collins à étudier la faisabilité d'un système permettant à un avion de ligne de voler qu'avec un seul pilote à bord au lieu des deux requis à l'heure actuelle.

Cette étude se concentrera sur la possibilité pour les copilotes de rester au sol et de n'assister à distance les pilotes en vol que lorsque la charge de travail sera la plus importante (espace aérien occupé par plusieurs avions, décollages et atterrissages, incidents imprévus) ou lorsque le pilote doit s'absenter. Les copilotes pourront ainsi assister plusieurs vols en même temps. La viabilité de ce concept dépendra non seulement des capacités techniques à établir et maintenir un contrôle fiable, mais également de paramètres politiques et sociaux. L'étude en elle-même ne prend pas partie pour ou contre cette éventualité, elle se contente d'étudier la faisabilité d'un tel système à moyen terme.

Une tendance qui n'est pas nouvelle

Les chercheurs partent du constat que l'automatisation des systèmes ne cesse de progresser, depuis les ascenseurs il y a une cinquantaine d'années jusqu'au voitures autonomes de nos jours. Avec une augmentation importante du nombre de vols prévue dans les années à venir et une pénurie anticipée de pilotes de ligne, l'automatisation pourrait faire figure de solution idéale. Les avions de ligne comportaient auparavant un troisième membre d'équipage dans le cockpit qui gérait la navigation et les systèmes de l'appareil, mais dans les années 70 Airbus et Boeing ont développé de nouveaux appareils qui ont automatisé ces tâches et éliminé le besoin d'avoir ce pilote supplémentaire.

Ce contrat de 4 millions de dollars attribué à Rockwell Collins s'étalera sur une période de 5 ans et inclura des simulations, des démonstrations technologiques et même potentiellement des vols en conditions réelles. La Nasa espère de plus que ces essais inciteront d'autres acteurs à lancer leurs propres études.

Une évolution progressive et sur la durée

Si ce système devait être appliqué, il le serait probablement très progressivement, passant d'abord par le transport de marchandises avant d'être étendu au transport de passagers. Dans tous les cas, les experts s'accordent pour dire qu'il faudra attendre l'horizon 2030 pour qu'il puisse s'imposer. Au-delà des tests et de l'évolution des régulations et des mentalités, les avions en eux-même devront évoluer (avec de nouveaux cockpits conçus en conséquence) pour permettre ce type de fonctionnement.

Reste à s'assurer que tous les cas de figure pourront être pris en compte par ce système de copilote virtuel. Quid du scénario catastrophe ? Le pilote inconscient lors d'une panne mécanique ou au milieu d'une forte tempête ? Le copilote au sol serait-il en mesure d'amener l'avion à bon port ?

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