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La nanomédecine s'attaque au cancer

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La nanomédecine s'attaque au cancer

La nanomédecine permet de cibler avec précision l’action d’un traitement pour le rendre plus efficace et limiter les dommages collatéraux. Premier champ d’application : le cancer.

La doxorubicine est un médicament anticancéreux utilisé en chimiothérapie. Injecté en intraveineuse, il se distribue de manière non spécifique dans tout l’organisme. Seul hic : s’il est très efficace contre le cancer, il touche également le cœur… La molécule allait être rangée dans les archives de la pharmacopée quand elle fut sauvée par des scientifiques israéliens. Emballée dans une sorte de miniballon de football à base de lipides, elle devient capable d’éviter le cœur et de rester dans le sang pour atteindre les cellules tumorales. « Cette solution est aujourd’hui utilisée en routine dans presque tous les centres anticancers dans le monde, affirme Patrick Boisseau, le vice-président de la division santé du CEA-Tech. Il s’agit de l’un des plus grands succès de la nanomédecine. » Baptisée Doxil, cette nouvelle formule a reçu l’autorisation de mise sur le marché américain par la Food and drug administration (FDA) en… 1995. Les nanomédicaments ne sont pas nouveaux, mais ils occupent toujours de nombreux laboratoires et start-up. Leur objectif ? Limiter les effets secondaires.

L’essor réel des nanomédicaments remonte au début des années 2000. La plupart des produits sur le marché ou en phase d’essai clinique reposent sur l’utilisation d’un principe actif existant. « Les tiroirs des entreprises pharmaceutiques regorgent de molécules, relève Patrick Boisseau. Il suffit de tester celles qui existent et qui n’ont pas été utilisées. » Cela évite également de lourdes procédures réglementaires.

Différents stratagèmes

Au lieu d’être injectées directement, les molécules sont fixées ou emballées à l’intérieur d’un nanovecteur afin d’améliorer leur distribution dans l’organisme. Pour développer ces vecteurs, l’imagination des chimistes est sans limite. Liposomes, polymères biodégradables, dérivés de la chimie métallique peuvent être appliqués à différentes pathologies de manière spécifique.

Pour libérer sa molécule au bon endroit, le nanomédicament use de différents stratagèmes. Sa surface externe peut être hérissée de ligands. Anticorps, peptides, vitamines, hormones… Ces éléments interagissent avec des récepteurs situés sur les cellules cibles, permettant de les identifier. D’autres peuvent répondre à un stimulus extracorporel. C’est le cas des liposomes, dont la température de fusion se situe autour de 40 °C. Lorsqu’on chauffe la tumeur, le principe actif est libéré à proximité. Enfin, certains nanovecteurs répondent à des stimuli internes, comme la légère diminution du pH provoquée par l’inflammation due à la présence d’une tumeur.

Le cancer reste le premier domaine d’application de la[…]

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