Nous suivre Industrie Techno

La nacelle du Stratobus de Thales Alenia Space est validée par le CNIM

Jean-Christophe BARLA

Sujets relatifs :

, ,
Soyez le premier à réagir

Soyez le premier à réagir

La nacelle du Stratobus de Thales Alenia Space est validée par le CNIM

Le prototype de nacelle du Stratobus a été testé grâce à un portique conçu par CNIM.

© J.C. Barla

Le projet de dirigeable stratosphérique de Thales Alenia Space, vient de franchir une étape majeure de son développement avec la validation de sa nacelle sur le banc d’essai de CNIM. Celle-ci a été dévoilée chez l’industriel à La Seyne-sur-Mer, le 6 juin.

Le dirigeable stratosphérique Stratobus vient de franchir une étape majeure chez CNIM à La Seyne-sur-Mer (Var). L’équipementier et ensemblier industriel a testé et validé, grâce à un banc d’essai à l’échelle 1:1, le fonctionnement de la nacelle, dévoilée pour la première fois, le 6 juin chez CNIM. Porté par Thales Alenia Space, pilote d’un consortium regroupant CNIM, Solution F, Airstar Aerospace et Tronico-Alcen, Stratobus est un dirigeable autonome, gonflé à l’hélium, prévu pour évoluer dans la stratosphère, à 18-20 km d’altitude, afin d’assurer des missions civiles ou militaires d’observation, de surveillance ou de communication

Le futur ballon de 85 000 m3, plus grand qu’un terrain de football (140 mètres de long sur 30 mètres de large) sera soumis à des températures extrêmes et des vents jusqu’à 200 km/h, sans compter les ultraviolets et l’ozone, présente à haute altitude. La conception de la nacelle a impliqué de relever de nombreux défis. Notamment suite au choix de permettre à l’enveloppe du ballon de tourner autour de son axe principal à l’intérieur d’un anneau, afin que les collecteurs d’énergie solaire puissent suivre le Soleil (voir le schéma ci-dessous). Stratobus doit disposer d’une autonomie d’au moins un an grâce au photovoltaïque.

Une nacelle mobile par rapport à l’enveloppe

Prévue pour porter 250 à 450 kg de charge utile, la nacelle, longue de 11 mètres, devra maintenir sa position lors de ces rotations de l’enveloppe pour assurer la qualité de l’observation. L’option retenue a été de raccorder la nacelle à l’enveloppe par un sous-ensemble motorisé composé de câbles, de poulies et d’ancrages. De quoi rendre plus ardue l’adaptation de l’ensemble aux changements de pression – de presque un ordre de grandeur – et l’évitement de tout heurt entre la nacelle et le ballon lorsque celui-ci s’incline pour monter ou descendre.

De quoi apprécier l’importance de la validation du fonctionnement de la nacelle grâce au banc d’essai mis en œuvre par CNIM. « Conçu en mars 2018, réalisé à l’automne, le banc d’essai a permis d’évaluer depuis début 2019 l’ensemble des situations que rencontrera le vrai Stratobus » explique Maxime Lauer-Solelhac, chef de projet CNIM Systèmes Industriels. Basé sur un portique de 10 mètres de haut et 30 mètres de long, ce banc d’essai a éprouvé un prototype de nacelle en acier inoxydable (le modèle définitif sera en composite carbone) pour explorer plusieurs possibilités jusqu’à la solution finalement adoptée.

Un « Gondola Mobility System » breveté

Le portique du banc simule l’interface de la nacelle avec le ballon. Le pilotage s’opère en temps réel par un dispositif de treuil. En inclinaison de 30° par exemple, simulant les situations de changements d’altitude, « les deux moteurs de la gondole se déplacent avec des systèmes de codage de position. On va assurer en permanence une traction contraire les deux moteurs de la nacelle en maîtrisant les tensions sur les cordes pour maintenir la position longitudinale de la nacelle avec une tolérance de +/- 50 mm », détaille Yannick Combet, chef de projet Stratobus chez Thales Alenia Space.

Plus généralement, ajoute-t-il, « ce dispositif de tensions dans les cordes assure la rigidité de position en toutes conditions de pression ou de vent ». CNIM a fait breveter la solution, baptisée « Gondola Mobility System », en copropriété avec Thales Alenia Space.

Vol de qualification prévu pour 2022-2023

CNIM assure la conception et la réalisation d’autres équipements de Stratobus. Il a ainsi abouti à une solution de support des quatre moteurs à hélices du ballon, sous forme d’un trépied d’environ 25 kilos. L’entreprise se charge également du ballast mécanique. D’un poids estimé de 80 kilos, il servira de « correcteur d’assiette » et se déplacera sur un rail sous l’enveloppe afin de régler le centre de gravité du ballon.

A travers Airstar Aerospace, récemment acquise (85% CNIM, 15% Thales Alenia Space), le groupe fabriquera l’enveloppe équipée de Stratobus. Un démonstrateur technologique (proto flight model) doit être construit en vue d’un premier vol de qualification et de certification fin 2022-début 2023. Le budget prévu est d’environ 150 millions d’euros. Un consortium européen doit être finalisé dans les prochaines semaines pour solliciter des financements de l’Union européenne. Un Stratobus opérationnel est espéré pour 2024-2025.

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Airbus mise sur le design génératif d'Autodesk pour concevoir une nouvelle usine à Hambourg

Airbus mise sur le design génératif d'Autodesk pour concevoir une nouvelle usine à Hambourg

Autodesk vient d'annoncer un nouveau partenariat avec Airbus lors de son université, qui se déroule à Las Vegas entre le 19[…]

Le LiFi haut débit s’installe dans un avion

Fil d'Intelligence Technologique

Le LiFi haut débit s’installe dans un avion

Les PME et TPI de la supply chain, encore parents pauvres de la cybersécurité

Les PME et TPI de la supply chain, encore parents pauvres de la cybersécurité

Des robots pour l'A320 : Airbus pousse l'automatisation à Hambourg

Des robots pour l'A320 : Airbus pousse l'automatisation à Hambourg

Plus d'articles