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La montagne source d'énergie verte

Philippe Donnaès

- Une serre géante modulaire, prolongée par une cheminée grimpant le long de la montagne, produit de l'électricité.

J'ai toujours été fasciné par le concept de cheminée solaire », avoue Raphaël Ménard, le jeune directeur d'Elioth, l'entité R&D créée par le groupe d'ingénierie OTH. Ce type de centrale permettrait de produire de l'électricité à partir de turbines actionnées par un vent solaire. Ce dernier est généré artificiellement en exploitant deux phénomènes naturels : l'effet de serre et la convection. Dans la pratique, le volume d'air emprisonné sous une enveloppe transparente s'échauffe sous l'action du rayonnement. Ce collecteur thermique est surplombé par une cheminée qui crée un gradient de pression entre l'air du bas, plus chaud et donc moins dense que celui situé en sortie de conduit.

Malheureusement la puissance obtenue est grosso modo proportionnelle à la hauteur de la cheminée - 1 000 m pour le projet australien prévu pour 2009 ! - et à la surface du collecteur. Conséquences : des difficultés techniques et constructives et, partant, des coûts d'investissement prohibitifs. Sans compter un impact évident au niveau paysager. D'où l'idée d'exploiter les reliefs naturels en bâtissant une tour géophysique. En d'autres termes, « construire une serre de 2 à 6 m de hauteur dont la cheminée épousera les flancs d'une montagne ».

 

Objectif : 1 euro investi pour 1 watt installé

 

La structure, entièrement démontable, sera constituée d'une membrane en ETFE (éthylène tétrafluoroéthylène), un polymère organique léger et transparent, supportée par des poteaux gonflables. La stabilité aux efforts de soulèvement sera, quant à elle, assurée par des membranes remplies d'eau pluviale. Côté rendement, « les pertes résultant de l'inclinaison de la cheminée sont minimes et largement compensables par les possibilités de hauteur offertes », souligne Raphaël Ménard.

Pour ce projet, soutenu par l'Anvar et en attente de partenaires industriels et financiers, des sites potentiels ont d'ores et déjà été identifiés : Atlas marocain, Sierra Nevada, Cordillère des Andes et, côté hexagonal, le Massif central, les Alpes-Maritimes ou encore les Pyrénées-Orientales et La Réunion.

Côté coût, Elioth s'est fixé l'objectif de « 1 euro investi pour 1 watt installé » pour des puissances supérieures à 400 MW (entre 1 et 5 euros pour des centrales plus modestes). À comparer aux 7 à 10 euros par watt du photovoltaïque et aux 1,5 milliard d'euros par tranche nucléaire de 1 000 MW. Problème de gestion des déchets et coût de démantèlement bien évidemment non compris...

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