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La microélectronique européenne lance un cri d’alarme

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Berlin, 25-26 novembre. Le forum Medea+ a été l’occasion de rappeler l’importance vitale de la R&D pour la filière microélectronique européenne… et de stigmatiser l’attitude peu volontariste des gouvernemen

«Plusieurs millions d’emplois qualifiés sont menacés en Europe si les autorités publiques ne soutiennent pas davantage l’industrie de la microélectronique.  »

Placée en exergue du rapport intitulé «L’avenir de l’industrie microélectronique européenne», remis à l’occasion du forum annuel Medea+ (Programme européen de recherche, Microelectronics Development for European Applications), cette phrase résume bien l’inquiétude des bénéficiaires de ce programme face à la possible réduction de leurs crédits.

Au cours d’une conférence commune, plusieurs hauts responsables industriels du secteur, impliqués dans ce programme, ont profité de la manifestation pour tenir un discours très alarmiste consistant en substance à dire que ce serait une grossière erreur de la part des pouvoirs publics européens que de considérer la relative prospérité actuelle (avec trois européens dans le top ten des fabricants mondiaux de semiconducteurs, au lieu d’un seul en 1995) pour un succès définitif.

 «Nous somme à la croisée des chemins : nous pouvons continuer à réussir, mais nous pouvons aussi très facilement régresser», a prévenu Doug Dunn, CEO de la société néerlandaise ASML, l’un des leaders mondiaux des équipements de lithographie.

«La seule chance de l’Europe face à la Chine, c’est l’innovation et donc la R&D ; c’est pourquoi un programme comme Medea+ est plus que stratégique», a pour sa part déclaré Pasquale Pistorio, CEO de STMicrolectronics, actuel numéro six mondial dans la production de puces.

D’où l’inquiétude de ces dirigeants, et presque leur colère, en constatant le relatif désintérêt des gouvernements dès qu’il s’agit de mettre la main au portefeuille, «alors qu’on sait fort bien soutenir certaines industries sans aucun avenir», a regretté Arthur van der Poel, ancien CEO de Philips Semiconductors et nouveau président de Medea+ (en remplacement de Jean-Pierre Noblanc, décédé cet été).

Et d’indiquer que les fonds publics alloués au programme non seulement stagnent autour de 140 millions d’euros depuis une quinzaine d’années (alors que les fonds privés ont sextuplé), mais ont baissé d’une trentaine de millions d’euros entre 2002 et 2003 et demeurent très incertains pour 2004.

Ces mêmes dirigeants, dont certains représentaient également les industries aval (Alcatel, Bull…), ont par ailleurs insisté sur le rôle fertilisateur du programme pour toute la filière électronique et au-delà, et martelé la nécessité d’un soutien particulier au secteur des semiconducteurs.

Et tous ont rappelé que dans les années 80, avant Jessi (l’ancêtre de Medea), la microélectronique européenne était  déjà  donnée pour moribonde.

Jean-Charles Guézel

 

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