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La ligne France-Irlande en courant continu repousse les frontières du super-réseau électrique européen

Xavier Boivinet
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La ligne France-Irlande en courant continu repousse les frontières du super-réseau électrique européen

Celtic Interconnector complétera la liste des projets de lignes HVDC en cours de construction en Europe, comme IFA2 (photo) entre la France et l'Angleterre dont la mise en service est prévue en 2020.

© Prysmian

Porté par RTE et son homologue irlandais, le projet Celtic Interconnector vise à créer une liaison électrique haute tension à courant continu (HVDC) de 575 kilomètres entre la Bretagne et la côte sud de l’Irlande. La convention pour une subvention de 530 millions d’euros de la part de la Commission européenne a été signée le 3 décembre. Cette connexion complètera la liste des lignes HVDC dont la mise en service est prévue dans les années à venir. Objectif : créer un super-réseau électrique à l’échelle européenne.

Et une nouvelle autoroute de l'énergie financée ! Une subvention de 530 millions d’euros accordée par la Commission européenne au projet Celtic Interconnector a fait l’objet de la signature d’une convention le 3 décembre à Bruxelles. Cette subvention représente plus de la moitié des 930 millions d’investissements nécessaires estimés pour ce projet porté par le gestionnaire du réseau de transport d’électricité français (RTE) et son homologue irlandais EirGrid.

L’objectif est de créer une liaison électrique haute tension à courant continu (HVDC) entre la Bretagne et la côte sud de l’Irlande. Longue d’environ 575 kilomètres (km), dont environ 500 km en mer, et ayant une capacité de 700 mégawatts (MW), la ligne doit permettre l’échange direct d’électricité entre les deux pays.

Mise en service en 2026

« Cette ligne mettra fin à l’isolement électrique de l’Irlande par rapport à l’Europe continentale, précisait la Commission européenne le 2 octobre. L’interconnexion augmentera la sécurité régionale d’approvisionnement et aidera au développement et à l’intégration de plus d’énergie renouvelable. »

Les travaux de construction ne devraient pas commencer avant 2023, après la réalisation d’une étude d’impact économique et environnemental et une enquête publique. La mise en service est prévue pour 2026.

Réduire les pertes d'énergie

Si elle n’est pas la plus longue interconnexion sous-marine en Europe (730 km entre la Norvège et le Royaume-Uni), la ligne du projet Celtic Interconnector est sans conteste la plus longue entre la France et un autre pays. Et c’est là que l’usage du courant continu prend tout son sens.

Pour des raisons physiques, dès que la longueur d’une connexion sous-marine ou souterraine dépasse une cinquantaine de kilomètres, le courant continu permet de limiter drastiquement les pertes par rapport au courant alternatif utilisé sur la quasi-totalité du territoire européen. Et ce d'autant plus que la tension est élevée.

4 autres lignes HVDC reliant la France dans les 5 ans

Celtic Interconnector viendra renforcer les lignes HVDC déjà établies ou en cours de construction entre la France et ses voisins. Après la mise en service en 2015 d'une connexion avec l'Espagne - 2 000 MW sur 65 km souterrains -, celle du projet Savoie-Piémont entre Chambéry (Savoie) et Turin (Italie) - 1 200 MW sur 190 km souterrains -, est prévue fin 2020. Il en est de même pour les liaisons avec l'Angleterre des projets IFA2 - 1 000 MW sur 200 km sous-marins - et ElecLink de 1 000 MW sur 51 km souterrains dans le tunnel sous la Manche. Dunkerque (Nord) et Kingsnorth (Angleterre) devraient être reliés par le projet GridLink en 2024 - 1 400 MW sur 140 km. Enfin, un autre projet de 2 200 MW sur 370 km est prévu entre la région de Bordeaux et celle de Bilbao (Espagne). Initialement prévue en 2025, sa mise en service a été reportée en 2026 pour des études complémentaires, indique RTE.

Transmettre l'éolien du Nord et le solaire du Sud

D'autres projets du même type existent partout en Europe. L'objectif est de relier les réseaux domestiques des différents pays pour faciliter les échanges d'électricité et l'intégration des énergies renouvelables.

Par exemple pour transporter vers le Nord l'électricité photovoltaïque produite dans les pays ensoleillés du Sud. Ou en sens inverse pour celle produite par les champs d'éoliennes dans les mers venteuses du Nord. L'idée est également de lisser la demande en profitant du décalage des pics de consommation entre les différents pays.

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