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La goutte d'eau qui fait défaillir les airbags de Honda

Séverine Fontaine

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La goutte d'eau qui fait défaillir les airbags de Honda

© DR

Les airbags, conçus pour notre sécurité, peuvent parfois devenir de vrais cocktails explosifs ! C’est le cas notamment chez Honda, Nissan et Mazda, qui ont annoncé lundi 23 juin le rappel de plusieurs millions de véhicules à cause d’une défaillance des airbags. Tous issus de l’équipementier Takata Corp. Décryptage des causes de ce défaut majeur.

Attention Airbag défectueux ! 2 millions de voitures rappelées chez Honda, 700 000 chez Nissan et près de 160 000 chez Mazda vont devoir rejoindre les garages pour corriger un défaut des airbags passager et conducteur, conçus entre 2000 et 2002 par l'équipementier Takata. La défaillance concerne le générateur de gaz qui provoque le gonflage du ballon.
 
Selon Reuters, les airbags Takata sont propulsés avec un mélange comprenant du nitrate d’ammonium – un explosif également utilisé pour faire de l’engrais. Ce mélange à base de nitrate d’ammonium est plus efficace mais peut devenir très instable s’il est exposé à l’humidité. Et là est le problème. Entre 2000 et 2002, l’équipementier n’a pas stocké correctement ses propulseurs, les exposants à l’humidité. D’où le rappel depuis 2013 des quelques millions voitures embarquant le système airbag de Takata.
 
Ce système est spécifique à Takata, pionnier des airbags "non-azotés". Il a remplacé les explosifs toxiques azotés par des produits chimiques posant moins de problèmes une fois libérés dans la voiture.
 
Comment se déploie un airbag ? 
 

 
Lors d’une collision frontale, les capteurs de choc placés à l’avant de la voiture détectent une rapide décélération. Ces détecteurs envoient des signaux au calculateur de l’airbag qui mesure une courbe de choc correspondant à un crash. Si le choc dure longtemps – ce qui correspond à une collision entre 15 et 30 km/h - le calculateur envoie une impulsion électrique au générateur de gaz. Dans ce générateur se trouve un bloc, ou des petites pastilles composées d’un mélange de deux types de substances : un oxydant et un réducteur azoté. La décharge électrique envoyée par le détecteur de choc donne naissance à un front de combustion sur le bloc. Oxydant et réducteur s’échangent alors des électrons. Cette réaction d’oxydoréduction produit de l’azote gazeux. Plus la pression augmente, plus le dégagement gazeux est important. Au-delà de 20 mégapascals, l’air passe dans le ballon et le gonfle en moins de 40 millisecondes. Plus rapide qu’un clignement des yeux. Puis il se dégonfle en 100 à 200 millisecondes, permettant d’amortir le choc. 

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