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La french touch de l'animation 3D

L. F.

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Sur le marché de l'animation 3D, une kyrielle de petites entreprises françaises se distinguent grâce à des technologies qui améliorent la production d'images. Hugo Cabret, Harry Potter ou le nouvel Astérix portent la marque de ce savoir-faire, qui trouve aussi des applications dans des secteurs industriels variés.

Les dessinateurs français ne sont pas les seuls à avoir la cote à Hollywood. Les ingénieurs et les développeurs de PME hexagonales retiennent aussi l'attention des studios en proposant des outils pour faciliter la production d'images 3D, la rendre plus réaliste, plus rapide ou plus rentable. Un marché dominé par les programmes de l'américain Autodesk, mais dans lequel les Français se sont ménagé une place de choix en proposant des briques technologiques visant à optimiser les logiciels du poids lourd du secteur.

Le début de l'épopée des produits français à l'export remonte à 2008, avec le rachat de Realviz par Autodesk. Cette spin-off de l'Inria développait à l'époque des programmes pour produire du contenu 3D et des effets visuels à partir d'images 2D. La fonctionnalité est désormais intégrée aux différents logiciels de l'éditeur américain. «Dans l'animation 3D en France, beaucoup d'innovations viennent des laboratoires», constate Patrick Cocquet, délégué général du pôle de compétitivité Cap Digital.

Une interface intuitive pour reproduire la fou

À la suite de Realviz, deux autres sociétés positionnées sur ce créneau ont ainsi vu le jour à l'Inria : 4D View Solutions, qui a émergé fin 2007 du centre de Grenoble, pour offrir la reconstruction de personnages réels en modèles 3D, et Golaem. Cette start-up fondée en 2009 à Rennes destine au départ ses produits à l'industrie manufacturière. L'outil de Golaem, en peuplant des environnements virtuels d'humanoïdes aux mouvements et trajectoires réalistes, peut améliorer la conception des usines, par exemple d'une chaîne d'assemblage.

La spin-off diversifie néanmoins rapidement son activité en ciblant le marché de l'animation, sur les conseils d'un de ses partenaires. Ce dernier manque en effet d'une solution pour simuler des mouvements de foule complexes. C'est le point de départ de Golaem Crowd : via une interface intuitive, les animateurs contrôlent les mouvements des individus d'un même groupe, chaque élément disposant d'une intelligence artificielle propre. « Le seul outil concurrent, Massive, est difficile à prendre en main et nécessite une formation », souligne Stéphane Donikian, PDG de Golaem.

Garder l'avance technologique sur les concurrents

Si les ingénieurs et développeurs de la jeune pousse se consacrent surtout à la mise à jour de Golaem Crowd, ils peuvent aussi modifier le logiciel pour l'adapter aux besoins d'autres clients. En 2010, la société a ainsi fourni à la SNCF un outil de simulation des flux de passagers, afin d'optimiser la gestion des trains en Ile-de-France. Golaem dispose aussi de contrats avec la Défense, où ses programmes servent de modules d'entraînement virtuel. Également basée à Rennes, la start-up Dynamixyz développe un logiciel au moins aussi polyvalent que Golaem Crowd. Baptisé Performer, il modélise les expressions du visage. Pas besoin de machines surpuissantes pour le faire fonctionner, son intelligence reposant dans les dizaines d'algorithmes à même de discriminer les différentes émotions humaines. Les débouchés sont nombreux: biométrie, annonces publicitaires sur mesure ou rééducation de patients paralysés de la face, comme dans le projet de recherche Replica mené avec les hôpitaux de Saint-Maurice (Val-de-Marne).

« Les grands studios sont toujours prêts à tester des outils et à les acheter s'ils sont meilleurs que la concurrence. Mais on est immédiatement remplacé si on ne conserve pas une avance technologique », note Renaud Séguier, un des co-fondateurs de Dynamixyz, qui évalue l'avance de Performer sur ses rivaux à seulement six mois.

Ces jeunes pousses peuvent néanmoins s'ouvrir à d'autres marchés par le biais des projets collaboratifs, encouragés par les pôles de compétitivité. L'Agence de doublure numérique, qui crée des clones virtuels de célébrités pour le cinéma ou l'événementiel, va pouvoir s'exporter plus spécifiquement sur le secteur du jeu vidéo grâce au projet ADN T-R, labélisé par Cap Digital. Jusque fin 2014, la société peut externaliser l'effort de recherche dans des laboratoires du CNRS et l'Institut Mines-Télécom, sans prélever un temps précieux sur ses autres contrats.

Le dompteur du rendu 3D réaliste

Société : Mercernaries Engineering Origine : Nevrax (jeu vidéo) Outil : Guerrilla Render TECHNOLOGIE : Pour calculer les images 3D en y incorporant des effets réalistes (reflets, textures, peau...), des algorithmes appliquent des modèles physiques, par exemple celui du rebond de la lumière, sur les décors ou personnages de l'image numérique. BÉNÉFICES : Gain de temps, réalisme, flexibilité. AUTRES DÉBOUCHÉS : Architecture, design.

Le maestro du mouvement 3D

Société : SolidAnim Origine : MTC (motion capture) Outil : Solid Track TECHNOLOGIE : Grâce à des algorithmes adaptés, ce dispositif intègre éléments virtuelset réels à l'aide d'une simple caméra reliée à un logiciel qui enregistre les mouvements. Le réalisateur visualise pendant le tournage les avatars et décors virtuels. BÉNÉFICES : Équipement réduit, superposition en simultané de la 3D sur un environnement réel, gain de temps en production. AUTRES DÉBOUCHÉS : Publicité, réalité augmentée.

Le virtuose des expressions faciales

Société : Dynamixyz Origine : Orange labs, Supélec Outil : Performer TECHNOLOGIE : Une trentaine d'expressions filmées sur un visage d'acteur sont transposées sur un avatar. Le modèle statistique utilisé s'appuie sur quinze ans de recherche en mathématiques appliquées et traitement du signal. BÉNÉFICES : Réalisme, production 3D en temps réel, facilité de prise en main. AUTRES DÉBOUCHÉS : Biométrie, rééducation faciale, marketing émotionnel.

Le marionnettiste des foules

Société : Golaem Origine : Inria Outil : Golaem Crowd TECHNOLOGIE : Contrairement à l'unique autre outil de simulation des foules, ce logiciel ne nécessite pas de programmer individuellement le déplacement de chaque individu, chacun étant doté d'une intelligence artificielle. L'outil permet même depuis peu de simuler une explosion. BÉNÉFICES : Réalisme, rapidité, facilité d'utilisation. AUTRES DÉBOUCHÉS : Publicité, transports publics, architecture, défense.

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