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Interview

« La France peine à reconnaître l’innovation thérapeutique »

Muriel de Véricourt

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« La France peine à reconnaître l’innovation thérapeutique »

Serge Bernasconi, Président de Medtronic France

© DR

Dans le numéro de novembre d’Industrie et Technologies, nous avons décortiqué pour vous un défibrillateur de la société Medtronic, fabricant de dispositifs médicaux. Complément d’enquête avec le président de Medtronic France, Serge Bernasconi, qui évoque l’innovation dans son secteur d’activités.
Parlez-nous de la politique R&D du groupe Medtronic

Ce qui garantit notre avenir, c’est l’innovation. Même si un patient implanté garde en général le dispositif pendant neuf ou dix ans, les produits proposés changent, eux, tous les deux à quatre ans. Dans ce contexte, c’est l’innovation qui fait notre force. Faire du ''générique'' ne nous intéresse pas…Et nos amis indiens et chinois savent très bien le faire. Demain, on peut très bien voir apparaître la ''Logan'' du pacemaker. Notre approche face à cette éventualité a été de conclure un accord avec un génériqueur. Mais ce qui fait la force de Medtronic, c’est la R&D.
 
 
Privilégiez-vous les développements internes ou les acquisitions ?

Nous avançons beaucoup par acquisition de technologies, même s’il y a aussi des développements internes. Par exemple : le premier système au monde associant un pacemaker et des sondes permettant de subir un examen IRM, Avisa MRI. En France, il sera distribué au printemps 2010.
 
 
Quelles sont les spécificités de l’innovation dans le domaine des dispositifs médicaux ?

Ces produits sont difficiles à tester : le nombre de patients concernés est relativement restreint, donc les cohortes des études cliniques sont nécessairement de petite taille. Autre difficulté : une personne implantée peut ne pas avoir besoin que le dispositif se mette en marche pendant plusieurs années ! Du coup, à chaque fois que l’on ajoute des fonctions dans un produit, il faut un bon moment avant que l’on puisse savoir si c’est efficace. Et en France, le processus est encore compliqué par la tendance à avoir peur des innovations, à ne pas savoir comment les prendre. La première réaction est plutôt de limiter leur utilisation, de les encadrer. Le résultat est un paradoxe. Nous sommes un pays d’ingénieurs, d’où partent pas mal d’innovations dans le domaine des dispositifs … mais en général, les inventeurs finissent par partir aux Etats-Unis. La France a beaucoup de mal à reconnaître l’innovation thérapeutique.

Propos recueillis par Muriel de Vericourt

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