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La France en pointe sur les biotechnologies marines

Jean-François Preveraud

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A l’occasion du Grenelle de la Mer, Alcimed a dressé un panorama des biotechnologies marines et de leurs applications potentielles. Elle constate que la France dispose de trois Pôle de compétitivité à thématique marine, ainsi que d’un tissu de PME performantes qui en font l’un des espoirs européens du secteur.

Alcimed, société de conseil et d’aide à la décision spécialisée entre autres dans les sciences de la vie, a profité du récent Grenelle de la Mer pour revenir sur le potentiel de croissance des biotechnologies marines et les grands domaines d’application explorés par les entreprises innovantes de ce secteur.

Le Grenelle de la Mer, dans le rapport rendu le 09 juin dernier, réaffirmait que le secteur des biotechnologies marines constitue un vivier de PME innovantes dont les innovations apportent des réponses à certains grands enjeux du développement durable. L’un des groupes de travail a notamment suggéré la mise en place d’un dispositif national permettant aux start-up en biotechnologies marines de se développer et non plus d’avoir pour perspective d’être absorbées par de plus grandes entreprises.

Un spectre large

Rappelons que les biotechnologies marines désignent à la fois la recherche et l’utilisation de bioressources marines tels que les micro-organismes (micro-algues, bactéries, champignons marins et virus), les invertébrés, les co-produits de la pêche, les macro-algues, ainsi que l’utilisation d’outils biotechnologiques (screening, analyse moléculaire, génie génétique, développement in vivo/in vitro…) et d’industrialisation, notamment en aquaculture.

A l’échelle européenne, de nombreuses start-up en biotechnologies marines sont positionnées sur les grands marchés tels que l’Agroalimentaire, la Santé, la Cosmétique, l’Energie ou encore l’Environnement qui offrent des débouchés prometteurs pour leurs innovations.

Des applications dans de multiples secteurs

La valorisation de bioressources marines dans le domaine de la cosmétique est une pratique déjà bien ancrée. En France, il existe un tissu très riche de PME qui valorisent les bioressources marines pour des usages cosmétiques. Les projets de R&D public/privé conduits au sein du Pôle Mer Bretagne sont à l’image de l’innovation française en la matière avec, notamment, le projet Aquactifs, réunissant entre autres les entreprises Biocéan et Agrimer, et le projet Ulvoligo réunissant l’entreprise BioEurope, la Station Biologique de Roscoff et le Centre d’Etude et de Valorisation des Algues de Pleubian.

En agroalimentaire, les bioressources marines sont de plus en plus utilisées pour sélectionner de nouvelles molécules qui entrent ensuite dans la production des aliments fonctionnels ou des compléments alimentaires. Ainsi, des sociétés norvégiennes comme Pronova Biopharma et Omegatri valorisent les huiles de poissons comme source d’Oméga 3. De son côté, la société française Roquette a récemment lancé un programme très ambitieux (AlgoHub) de plus de 28 millions d’euros sur 5 ans visant à étudier le potentiel des micro-algues pour la production de nouveaux compléments alimentaires.

En santé, les biotechnologies marines sont considérées comme un relais d’innovation pour mettre au point de nouvelles molécules thérapeutiques. Des start-up se positionnent déjà sur ce secteur ; PharmaMar en Espagne, ManRos Therapeutics en France sont positionnées sur la recherche de nouvelles molécules anticancéreuses à partir d’organismes marins. D’autres sociétés comme Algenics proposent des nouveaux modes de production de protéines recombinantes utilisant les micro-algues comme ‘‘usine cellulaire’’.

Dans le secteur des énergies renouvelables, le boom des biocarburants de 3e génération issus des micro-algues a mis les biotechnologies marines sur le devant de la scène. Le projet Shamash, lancé fin 2006 en France, vise à produire des biocarburants à partir de micro-algues autotrophes ; il réunit des spécialistes de la culture, de la physiologie et de l'utilisation de micro-algues, des spécialistes de l’optimisation des procédés biotechnologiques, ainsi que des spécialistes des biocarburants et de l’extraction/purification de lipides.

D’autres groupements étudient le rôle des micro-algues dans la capture et l’utilisation du CO2 dégagé par de grands industriels. « CenitCO2 par exemple est un consortium sur les technologies de réduction et de capture du CO2 atmosphérique. Mis en place en Espagne, il regroupe une vingtaine d’acteurs académiques ou privés. Ce consortium a notamment des projets sur l’utilisation des micro-algues pour la fixation du CO2 grâce à la photosynthèse », précise Xavier Pinardon, responsable de missions chez Alcimed.

Enfin, depuis la mise en place de REACH, de plus en plus d’industriels sont amenés à envisager des substitutions de molécules chimiques par des molécules issues des bioressources. Les bioressources marines pourraient bien regorger de ces substituts.

La France en pointe en Europe

Au final, la montée en puissance des biotechnologies marines est devenue indéniable. Le secteur se structure un peu partout en Europe : des acteurs se regroupent pour acquérir une meilleure visibilité, comme par exemple Cetmar en Espagne, MabCent en Norvège ; des incubateurs spécifiques aux biotechnologies marines sont mis en place pour dynamiser la filière tel le European Center for Marine Biotechnologie en Ecosse.

Avec sa cinquantaine d’entreprises qui valorisent les bioressources marines, la présence de 3 pôles de compétitivité spécialisés sur les thématiques marines (à savoir le Pôle Mer Bretagne et PACA, et Aquimer), et la structuration d’une filière dans la région de Nantes, nommé Blue Cluster, la France est bien positionnée et si le Grenelle de la Mer met en place un plan d’action favorisant le développement de PME dans ce domaine, les biotechnologies marines ont toutes le chances de devenir une nouvelle spécialité française.

Edité par Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.alcimed.com
 

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