Nous suivre Industrie Techno

abonné

Dossiers

"La France a l'opportunité de faire naître des leaders mondiaux du quantique", affirme Christophe Jurczak, le cofondateur de Quantonation

Christophe Jurczak, cofondateur du fonds d'investissement Quantonation.

© Pascal Guittet

Les pépites françaises pourraient bientôt rivaliser avec les plus grands noms du calcul quantique, estime Christophe Jurczak, le cofondateur du fonds d'investissement Quantonation et de l'association Le Lab quantique. À condition de rattraper le retard pris par le plan quantique gouvernemental.

Les ordinateurs à base de qubits supraconducteurs de Google et d’IBM sont en tête dans la course au calcul quantique. Sont-ils irrattrapables ?

Pas du tout ! Comme ils ont démarré plus tôt, les ordinateurs quantiques supraconducteurs et, plus récemment, ceux à ions piégés d’IonQ et de Honeywell, sont parvenus à obtenir des portes logiques de la meilleure qualité qui soit sur le marché. Mais ils ont de gros inconvénients : les ions ont certes une connectivité infinie – chaque qubit peut être intriqué avec n’importe quel autre qubit –, mais on ne sait les mettre que sur une ligne (1D). Quant aux qubits supraconducteurs, on sait les placer en 2D, mais on ne sait pas les intriquer au-delà du proche voisin. Ce qui demande de mettre en œuvre beaucoup plus de portes logiques supplémentaires (« swap gates »), soit plus de câbles. La mise à l’échelle des qubits supraconducteurs est très difficile, car ils doivent être refroidis à quelques millikelvins. Pour dépasser les 1 000 qubits en 2023, IBM mise sur un plus gros frigo à dilution [en septembre 2020, Big Blue a dévoilé un nouveau modèle de cryostat, Goldeneye, ndlr]. Si la seule solution pour multiplier les qubits supraconducteurs est de fabriquer des frigos gigantesques, cette filière ne tient pas la route. À ce jour, toutes les technologies de calcul quantique ont leurs chances, la course aux qubits reste ouverte.

Qu’est-ce qui pourrait redistribuer les cartes ?

Le juge de paix sera la réponse à cette question : quel sera le premier qui aura une application concrète ? Certaines applications sont bien couvertes par certaines architectures hardware et moins par d’autres. Par exemple, les atomes neutres sont parfaitement taillés pour la simulation quantique. Or, depuis l’été 2020, le calculateur de la start-up française Pasqal maîtrise plus de qubits à base d’atomes neutres (100) que le record de supraconducteurs (72 chez Google) ou d’ions piégés (32 chez IonQ). La qualité de leurs portes logiques est encore un peu plus faible, mais elle s’améliore. Le Lab quantique, l’association que j’ai fondée en avril 2020, a annoncé, en novembre, le lancement d’une plate-forme autour de Pasqal, regroupant clients industriels (EDF, Total…) et start-up développant des applications (Qubit Pharmaceuticals, QC Ware…). Elle bénéficie du soutien du réseau Science et ingénierie en région Ile-de-France pour les technologies quantiques (Sirteq) et du Grand Équipement national de calcul intensif (Genci). À terme, un exemplaire de la machine de Pasqal sera installé au Très Grand Centre de calcul du CEA. Nous voulons[…]

Pour lire la totalité de cet article, ABONNEZ-VOUS

Déjà abonné ?

Mot de passe perdu

Pas encore abonné ?

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°1039

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2021 d'Industries & Technologies

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Bosch inaugure son usine 4.0 de puces à 1 milliard d'euros en Allemagne

Bosch inaugure son usine 4.0 de puces à 1 milliard d'euros en Allemagne

Bosch a inauguré le 7 juin sa nouvelle usine de semi-conducteurs à Dresde, en Allemagne. Intelligence artificielle, internet des objets,[…]

Calcul quantique : le français Quandela avance photon à photon

Dossiers

Calcul quantique : le français Quandela avance photon à photon

Au Vaudreuil, Schneider Electric fait ses premières armes en 5G

Au Vaudreuil, Schneider Electric fait ses premières armes en 5G

Ariane 6, lanceur de l'industrie 4.0 chez ArianeGroup

Ariane 6, lanceur de l'industrie 4.0 chez ArianeGroup

Plus d'articles