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La fonderie à l’heure du XXIe siècle

Jean-François Preveraud

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La fonderie à l’heure du XXIe siècle

mouler des tubes de 100 à 300 mm de diamètre

© DR

Un décolleteur savoyard, spécialisé dans les cages de roulement en laiton, intègre une fonderie afin de produire ses propres ébauches. Il fait le choix d’une coulée centrifuge, solution novatrice qui procure une grande homogénéité au métal fondu. Et il envisage la mise en place d’une coulée continue pour élargir son portefeuille de clients.

La Vallée de l’Arve en Savoie est connue de longue date pour le décolletage et la mécanique de précision. Une activité qui malheureusement pâtit de la crise, aussi est-il intéressant de noter que certaines entreprises, telle Fabrications Automatiques Gerbelot, y font des investissements importants et y relocalisent certaines activités.

F.A. Gerbelot, présente à Cluses depuis plus de 60 ans, est spécialisée depuis 1962 dans l’usinage de cages de roulements en laiton pour les grands roulementiers (SKF, NTN-SNR). Cette activité historique représente aujourd’hui environ 70 % de son chiffre d’affaires annuel et 30 % du résultat de l’entreprise. A côté de cela, l’entreprise s’est diversifiée en 1977 dans la fabrication de simulateurs de mâchoires (les articulateurs) et d’arcs faciaux, des produits présents dans toutes les écoles dentaires, les universités et également utilisés au quotidien par les dentistes et prothésistes pour effectuer diagnostics et travaux précis.

Sécuriser les approvisionnements

Pour son activité de décolletage des cages de roulements, F.A. Gerbelot s’approvisionnait en produits semi-finis principalement auprès de la fonderie allemande Metallguss, qui ne produisait qu’une quantité limitée de tubes en laiton. Ce qui freinait les projets de développement de l’entreprise savoyarde. De plus, Metallguss a annoncé en 2011 l’arrêt de son activité de fonderie pour fin 2013. Une annonce qui a fait naître dans l’esprit des dirigeants de F.A. Gerbelot l’idée de créer leur propre fonderie de laiton, afin de conserver leur savoir-faire et leur expertise en roulements, ainsi que les 15 emplois et les 70 % de chiffre d’affaires associés.

L’intégration d’une fonderie permettrait à F.A. Gerbelot d’avoir une maîtrise directe de son approvisionnement en matière première de qualité pour ses ébauches, afin d’être très réactif aux commandes et d’optimiser sa chaîne de production, tout en limitant les coûts de transports.

C’est finalement à Marnaz, à quelques kilomètres de Cluses, que la Fonderie du Mont-Blanc voit le jour en juillet 2013. La Fonderie a créé, dès son lancement 7 nouveaux emplois, avec la perspective de 10 emplois d’ici fin 2014. Un investissement de 4,5 millions d’euros.

Un fonderie du XXIe siècle

Afin de répondre au mieux aux besoins d’ébauches pour les cages de roulements, la Fonderie du Mont-Blanc produit des tubes de laiton par centrifugation, un procédé encore très peu utilisé en France pour la fabrication des tubes en laiton. En effet, sur les 410 fonderies françaises, seulement deux ont fait le choix de cette technique pour ce genre de tubes.

Deux fours d’une capacité de 550 kg chacun, pouvant produire jusqu’à 1 700 kg de laiton en fusion à 1 080°C chaque jour, alimentent la centrifugeuse. Le métal en fusion est versé dans un moule métallique qui tourne à grande vitesse pour permettre à la matière d’en napper l’intérieur avec une épaisseur dépendant de la quantité de métal versée. En refroidissant, le métal forme un tube d’une grande homogénéité d’un diamètre de 100 à 300 mm. Selon les besoins, une dizaine de tubes de 1 500 à 2 000 mm de long sont ainsi coulés chaque jour. Ils sont ensuite tronçonnés, surfacés sur un tour vertical, usinés sur un tour alimenté par un robot pour donner les ébauches des cages. Afin de répondre à des demandes spécifiques en petites pièces (diamètre inférieur à 100 mm), notamment pour le secteur aéronautique, la fonderie s’est aussi équipée d’un tour avec embarreur. Notons que l’espace de production a été conçu pour accueillir une seconde centrifugeuse dans le futur, en fonction de la charge de travail.

A moyen terme, la Fonderie du Mont-Blanc souhaite aussi développer un projet complémentaire : un four à coulée continue. Ce procédé consiste à remplir de métal liquide une lingotière refroidie, puis à extraire lentement le produit solidifié par l’autre extrémité. L’extraction du produit étant compensée en continu par un apport de métal liquide chaud. En changeant la lingotière, on obtient directement un produit à la section voulue. Avec la mise en place d’un tel procédé, la Fonderie du Mont-Blanc pourra répondre à de plus larges commandes et élargir ainsi son portefeuille de clients aux entreprises de décolletage de la vallée.

Et ça, c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

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