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« La filière Solutions Industrie du Futur ne pourra se développer qu’à partir des besoins des industriels », clame Olivier Dario, délégué général du SYMOP

Alexandre Couto

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« La filière Solutions Industrie du Futur ne pourra se développer qu’à partir des besoins des industriels », clame Olivier Dario, délégué général du SYMOP

© Bernard LACHAUD

Le coup d’envoi de la nouvelle filière Solutions Industrie du Futur (SIF) a été donné la semaine dernière en marge du salon Global Industrie. Olivier Dario, délégué général du Symop, syndicat des machines et outils de production, explique à Industrie & Technologies quelles seront les actions de ce comité stratégique de filière qui vise à moderniser les sites industriels.

 

Industrie & Technologies : Le contrat stratégique de filière Solutions Industrie du Futur (SIF) a été signé la semaine dernière par le gouvernement et l’Alliance Industrie du Futur, dont le Symop (syndicat des machines et outils de production) est membre. Qu’est ce qui a motivé la création de ce comité stratégique de filière (CSF) ?

Olivier Dario : L’idée d’un CSF dédié aux solutions industrielles innovantes a mûri au sein de l’Alliance Industrie du Futur (AIF), notamment au sein du groupe de travail 5. Co-animé par le Symop, celui-ci avait pour objectif de pousser auprès des industriels les offres technologiques existantes.

Au fil des réunions, nous sommes arrivés à un constat : il est aujourd’hui difficile de valoriser la capacité d’innovation des fournisseurs d’équipements auprès des industriels. Elle se traduit peu en termes de contrats. Les services achats des industriels ont tendance à « écraser l’innovation » car ils suivent des logiques commerciales où le coût est le facteur clé.

Ce critère prédomine encore trop souvent sur les bénéfices que peuvent apporter l’innovation et le numérique. C’est un comble lorsque l’on connaît l’implication des fournisseurs à faire émerger des technologies de production nouvelles et les nombreux POC [Proof of concept, ou démonstrateurs, ndlr] mis en place.

L’idée derrière le comité SIF est donc de nous, fournisseurs, constituer une filière industrielle à part entière, reconnue et accompagnée par les pouvoirs publics, afin de mieux articuler notre action avec celle des autres filières industrielles. L’objectif est de montrer sur le terrain que la transformation numérique est créatrice de valeur.

Concrètement, quel sera l’apport de ce CSF par rapport à l’action de l’Alliance Industrie du Futur ?

Avec ce comité stratégique, nous dépassons notre mission d’évangélisation sur les technologies numériques pour apporter de véritables solutions. Le contrat stratégique avec le gouvernement, signé la semaine dernière sur le salon Global Industrie, fixe les axes de développement de notre filière.

Au-delà de l’ambition de fédérer des fournisseurs issus d’univers différents - comme la machine outils, les robots ou le numérique- , l’action du comité SIF consistera à recenser les besoins des autres filières industrielles pour y apporter des solutions adéquates. L’industrie du futur est une industrie de la « customisation », pas une industrie de standards. La filière Solutions industrie du futur ne pourra donc se développer qu’à partir des besoins exprimés par les industriels.

Dans cette optique, le comité SIF a lancé une plateforme numérique ouverte aux industriels. Elle leur permet d’exprimer des besoins autours desquels les membres de notre filière peuvent s’organiser et travailler. Cet outil va faciliter la mise ne place de projets structurants, notamment pour accompagner le Plan France Relance qui vise à moderniser l’appareil de production.

Nous travaillons déjà avec certaines filières, comme le ferroviaire ou le naval. Le comité va également faciliter les discussions avec des filières comme l’aéronautique ou l’automobile qui sont d’habitude assez conservatrices par rapport à leurs équipements.

Comment se positionne l’offre française en équipements industriels innovants par rapport à la concurrence internationale ?

La France est très bien positionnée dans ce domaine, avec un écosystème fort. La filière représente près de 32 000 entreprises et tient la 3ème place en termes de PIB industriel dans l’Hexagone. La France possède de nombreux acteurs, dotés d’une forte capacité d’innovation. Si nous n’accusons pas un retard technologique, nous pêchons lorsqu’il est question de transformer ces briques innovantes en des solutions concrètes. Le partenariat public-privé signé dans le cadre du CSF va nous permettre de nous positionner plus en amont, au niveau des besoins, mais aussi des attentes sociétales qui se traduisent de plus en plus dans les réglementations.

L’impression 3D semble occuper une place importante au sein des axes de développement de la filière. Un plan national Impression 3D a été lancé dans la foulée de la signature pour favoriser l’émergence de nouvelles applications. Quelles sont vos attentes sur cette technologie ?

La fabrication additive représente une brique technologiques très prometteuse et constitue une véritable innovation de rupture. Son intégration dans les usines nécessite cependant d’être accompagnée car c’est une innovation qui possède sa propre complexité.

Il faut travailler sur l’amorçage, c’est-à-dire aiguiller les industriels vers les atouts intrinsèques à l’impression 3D. C’est également un procédé qui englobe de nombreuses technologies – polymère, métal… - qui n’ont pas les mêmes exigences ou prérequis. Le plan national Impression 3D vise à inciter les industriels à repenser leur mode de fabrication pour évaluer la pertinence de la fabrication additive dans leur usine.

Là encore, la France possède des atouts notamment avec des constructeurs de machines dédiées à l’industrie comme Prodways et Addup. L’impression 3D industrielle possède encore une marge de progression, notamment au niveau de la répétabilité. Mais la technologie évolue très vite, ce qui montre bien la capacité d’innovation de nos entreprises pour s’adapter aux besoins des donneurs d’ordres.

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