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« La donne change pour la récupération de chaleur fatale dans l’industrie », lance Gilles David, PDG d’Enertime

Xavier Boivinet
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« La donne change pour la récupération de chaleur fatale dans l’industrie », lance Gilles David, PDG d’Enertime

© Enertime

La récupération de chaleur fatale dans l'industrie est un gisement majeur d'efficacité énergétique : 50 TWh/an sont perdus dans les fumées au-dessus de 100°C. Depuis septembre, la loi PACTE rend les certificats d'économie d'énergie (CEE) accessibles aux usines qui ont des quotas carbone : une mesure qui pourrait favoriser l'installation de systèmes à cycle organique de Rankine (ORC) pour transformer la chaleur fatale en électricité, nous explique Gilles David, président directeur général d'Enertime, fournisseur de solutions pour l'efficacité énergétique industrielle.

Qu’est-ce qui change pour la récupération de chaleur fatale dans l’industrie aujourd’hui ?

Depuis septembre, les usines qui sont soumises aux quotas carbone ont le droit de bénéficier des certificats d’économie d’énergie (CEE). Cela est permis par un article du plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (loi PACTE) dont les décrets viennent de sortir. Grâce à cela, l’installation d’une machine à cycle organique de Rankine (ORC) pour récupérer de la chaleur et produire de l’électricité et de la chaleur pourrait recevoir environ 40 % de subventions. De plus, la valeur des CEE a augmenté : ils sont passés de 0,1 à 0,6 centime d’euro par kilowatt-heure cumulé actualisé (c€/kWh cumac). Enfin, les prix de l’électricité et du gaz naturel ont également augmenté et les industriels pensent que cela va continuer. Avec cet alignement de planètes la donne change pour la récupération de la chaleur fatale dans l'industrie.

Quel est le potentiel en France ?

Tout reste à faire. En France, nous n’avons fait que deux ou trois projets de récupération de chaleur, essentiellement sur des incinérateurs. Or d’après l’Ademe, 50 TWh/an de chaleur fatale au-dessus de 100°C partent dans les fumées des usines et ne sont pas récupérés. Nous estimons que 5 à 10 % de cette énergie se trouve dans des fumées intéressantes pour les ORC, c’est-à-dire au-dessus de 300°C. Cela concerne au moins une cinquantaine d’usines en France. Principalement des verreries, cimenteries, aciéries, ou des stations de compression de gaz.

Comment expliquer ce faible développement ?

Aujourd’hui, les industriels cherchent uniquement à récupérer de la chaleur pour alimenter d’autres usines ou des réseaux de chaleur. Cela se comprend dans la mesure où le rendement est meilleur en la réutilisant directement plutôt qu’en la transformant en électricité : 1 MW thermique donne 0,2 MW électrique. Mais c’est une impasse, car très peu d’usines ont un réseau de chaleur ou une autre usine à alimenter à proximité. En produisant de l’électricité grâce à de la chaleur à moyenne (entre 130°C et 250°C) et haute températures (supérieures à 300°C), les ORC sont la solution idéale pour rentabiliser, et donc financer, des installations de récupération de chaleur fatale. Elles permettent aussi le développement éventuel de la vente de chaleur si des consommateurs sont identifiés pendant la durée de vie de l'installation. Et l’aide apportée par les CEE pourrait tout changer.

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