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La crème qui efface les tatouages

La crème qui efface les tatouages

Le doctorant de 27 ans est allé chercher la solution dans les mécanismes biologiques de fonctionnement des macrophages

© crédits : Dal News

Un étudiant de 27 ans affirme avoir mis au point une crème qui efface les tatouages par simple application. Il est allé chercher la solution dans les mécanismes biologiques mêmes qui permettent aux tatouages de s'imprimer sur la peau.

Sur les ondes de la BBC, Alec Falkenham, encore doctorant à l’Université Dalhousie à Halifax, explique que sa crème permet d’éliminer un tatouage sans laisser aucunes brûlure ni cicatrice. Pour cela, la crème cible les cellules dites "macrophages", qui ancrent durablement le tatouage sous la peau. Les macrophages sont des cellules mobiles qui participent au système immunitaire. Lorsque l’encre est injectée dans la peau, les macrophages se déplacent pour éliminer cet agent chimique extérieur. C’est de là que vient l’inflammation qui suit la pose d’un tatouage. Quelques-unes de ces cellules parviennent à éliminer l’encre. Elles migrent vers le système lymphatique où elles sont éliminées. D’autres "absorbent" l’encre, mais restent bloquées au niveau de la couche sous-cutanée. Ainsi conservé à l’abri dans les macrophages, l’effet de pigmentation du tatouage est complet. De temps en temps toutefois, des cellules macrophages chargées en encre peuvent mourir et être éliminées par le système lymphatique. C’est pourquoi le tatouage tend à devenir plus pâle avec le temps.

Un produit chimique grâce auquel l'encre est "aspirée"

Alec Falkenham a intégré à sa crème un composé chimique gras, identifié comme un lipide, qui pénètre la peau et s’infiltre dans les macrophages. Ce composé lipidique forme de petits compartiments – des liposomes - qui "aspirent" l’encre. Des nouveaux macrophages viennent alors déplacer ces liposomes, et avec eux l’encre qu’ils ont aspirée - pour les emmener vers le système lymphatique où ils sont supprimés.

Comparé à la méthode laser, seules les cellules visées sont éliminées, et la crème ne cause pas plus d’inflammation. L’étudiant a appelé sa technologie la BLTR (Bisphosphonate Liposomal Tattoo Removal ). Celle-ci est testée actuellement sur des oreilles de cochon, dont la peau est très similaire à la peau humaine. Il réfléchit maintenant à sa commercialisation, pour un coût de 4,5 dollars pour une quantité de crème permettant de traiter un carré de peau de 10 cm sur 10 cm. La solution pourrait se substituer à l’effacement des tatouages par laser, coûteux en temps et en argent – de quelques centaines à quelques milliers de dollars - et qui laissent en outre des cicatrices sur la peau. Elle trouverait alors devant elle un marché grand ouvert et très lucratif : aux Etats-Unis, le marché de l’effacement des tatouages était estimé l’année dernière à au moins 75,5 millions de dollars !

              

                La technique au laser utilisée pour le détatatouage
             est longue, coûteuse et laisse des cicatrices sur la peau.

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