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La communication fédère les équipements

Propos recueillis par Youssef Belgnaoui
Le groupe Konica Minolta a invité, début octobre à Berlin, quelque 3 500 clients et partenaires à assister à sa première conférence européenne. Il leur a présenté le savoir-faire de sa division Business Solutions chargée de la fabrication et de la vente de ses systèmes d'impression et de matériel bureautique. Masatoshi Matsuzaki, président du centre de R&D du groupe, avait fait le déplacement du Japon. Nous en avons profité pour le rencontrer.

Industrie et Technologies : En août 2003, Konica et Minolta ont fusionné pour fonder l'entreprise Konica Minolta Holdings. Le groupe est désormais le 4e fabricant japonais de solutions d'impression, de bureautique et de matériel photo. Comment la recherche s'organise-t-elle autour de ces diverses entités ?

Masatoshi Matsuzaki : C'est le rôle du Technology Center, le centre de R&D de Konica Minolta, de mener des recherches sur des plates-formes technologiques communes à toutes les divisions du groupe. Les chercheurs sont répartis sur deux principaux sites japonais à Tokyo et Osaka ainsi qu'un petit laboratoire de recherche aux États-Unis. Leur coeur d'expertise porte notamment sur l'électronique, la mécanique, l'optique, le traitement d'images, les matériaux et la nanofabrication.

Notre stratégie est d'améliorer nos lignes de produits en y intégrant des fonctionnalités innovantes, et également de créer des solutions inédites qui pourraient nous ouvrir de nouveaux marchés. D'ailleurs, pour être au contact des réalités du terrain, depuis avril 2005, l'organisation des échanges entre les forces de ventes et les chercheurs a été modifiée. Désormais, les directions commerciales européennes peuvent adresser des demandes particulières directement au Technology Center. Ce dernier sera également amené à leur présenter régulièrement leurs innovations pour les mois et les années à venir ainsi que les recherches en cours afin de s'assurer que celles-ci soient en adéquation avec les attentes du marché.

I. T. : Vous insistez sur le fait que la mission des chercheurs du Technology Center est de créer des produits innovants au-delà du catalogue traditionnel du groupe. De quel genre de produits, pourrait-il s'agir ?

M. M. : Le groupe est notamment membre de l'association de recherche technologique dédiée aux matériaux des écrans (TRADIM) dont les recherches concernent particulièrement les cristaux liquides. Nos ingénieurs travaillent, au sein de cette association, au développement d'écrans à cristaux liquides (LCD) à base de matière plastique. Ces écrans souples et moins fragiles que le verre nous offriraient de nouvelles opportunités de développement. Ils pourront, par exemple, être intégrés à une paire de lunettes. En connectant ces lunettes-écrans à un téléphone mobile ou encore à un IPod, leur porteur pourra visualiser des séquences vidéo ou des clips musicaux. Un prototype a d'ores et déjà été testé. Nous pensons que ce genre de lunettes-écrans pourrait être lancé sur le marché d'ici à cinq ans.

I. T. : Les solutions d'impression représentent plus de la moitié de vos ventes et près de la moitié des investissements R&D. Quels sont les axes de recherche que vous privilégiez dans ce domaine ?

M. M. : Nous misons beaucoup sur l'impression couleur qui affiche un très fort potentiel de développement. Alors qu'un tiers seulement des copieurs multifonctions que nous plaçons aujourd'hui chez nos clients sont des modèles full color [ils offrent des cadences d'impression aussi élevées en noir et blanc qu'en couleurs], nous nous attendons à ce que cette part passe à 80 % d'ici à 2008 pour les machines affichant des vitesses d'impression de 25 à 50 pages/min.

Nous consacrons donc une part importante de nos investissements R&D au développement de toners polymères. Notre toner Simitri, protégé par plusieurs brevets, améliore notamment la qualité d'impression grâce à des particules deux fois plus petites que celles du toner traditionnel. De plus, le toner polymère réduit les émissions de gaz carbonique et d'oxyde d'azote. À moyen terme, nous allons élargir la gamme de systèmes d'impression employant ce type de toner.

I. T. : Vous parlez plus volontiers de solution d'impression que de simple matériel. Quelles sont les solutions en cours de développement ?

M. M. : "Ubiquitous collaboration" et "Indefinite office" sont deux des concepts sur lesquels nous travaillons. Le premier consiste à faire communiquer divers matériels (systèmes d'impression, téléphones, appareils photos, assistants personnels, etc.) quel que soit leur emplacement. Le second vise à rendre accessibles nos solutions à l'utilisateur depuis n'importe quel endroit où il se trouve. Tous nos systèmes seront reliés par un réseau de transmission d'information et collaboreront comme un seul et unique système. L'utilisateur profitera sur chaque machine d'une interface personnalisée.

Les machines multifonctions ne se contentent plus de proposer des fonctions de copieurs, imprimantes ou scanners. Elles fourniront à leurs exploitants de plus en plus d'informations relatives à leur utilisation (consommation papier, encre). Ces données transitent par le contrôleur d'impression et sont mises à disposition de l'exploitant via le réseau de l'entreprise.

Par ailleurs, nous allons accentuer nos efforts sur les technologies d'assistance technique à distance. La filiale française a été pionnière dans ce domaine. Les machines offrant une vitesse d'impression de plus de 22 pages/min sont équipées d'un modem GPRS en standard. Nos équipes de maintenance réalisent à distance la vérification de l'état d'usure des pièces, la gestion des consommables et la relève des compteurs. Ce dispositif signale automatiquement les anomalies. Il autorise des ajustements à distance pour résoudre 20 % des pannes. Nos statistiques ont montré que, grâce à ce service, nous détectons en moyenne les problèmes une heure avant que l'utilisateur ne s'en rende compte.

LES CHIFFRES CLÉS

La R&D chez Konica Minolta

- 10 centres de R&D principalement regroupés au Japon et aux États-Unis - 1,7 milliard d'euros sur trois ans d'investissement en matière de R&D - 4 400 personnes soit 12 % de l'effectif mondial - 6 600 brevets déposés en 2003

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