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La cobotique : grande vedette du salon Innorobo

Juliette Raynal

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La cobotique : grande vedette du salon Innorobo

Issu de dix années de recherches menées au CEA-List, le cobot Sybot n'utilise pas des engrenages mais des actionneurs pour une sécurité optimisée.

© Sybot

Stars de l’édition 2014, les cobots sont revenus encore plus nombreux au salon Innorobo 2015, qui s’est tenu du 1er au 3 juillet dernier à Lyon. Plus flexibles et moins onéreux que les robots industriels classiques, ils devraient particulièrement séduire les PME. Au-delà des usines, la « cobolution » pourrait même s’inviter dans nos maisons.  

Fanuc, Rethink Robotics, Staubli, Sybot, Kuka, RB3D ont un point commun. Tous se sont lancés dans la cobotique (robotique collaborative), la grande tendance du salon Innorobo 2015, qui s’est tenu à Lyon du 1er au 3 juillet dernier.

Grâce à de nouvelles technologies, les robots sortent de leur « cage » pour travailler avec ou à côté des opérateurs. Positionnés sur des tâches encore peu robotisées, les cobots devraient particulièrement séduire les PME. Moins contraignants, moins chers et plus simples d’utilisation, les robots collaboratifs pourraient permettre aux petites entreprises de s’automatiser et de gagner ainsi en productivité et en compétitivité. « Les cobots permettront aux PME de générer de la croissance par l’innovation en créant de nouveaux produits que les opérateurs ne pourraient pas créer seuls. Flexibles, ils permettent également d’aller plus loin dans la personnalisation des produits, de plus en plus demandée par les consommateurs », assure Catherine Simon, organisatrice du salon.

Frédéric Helin, directeur de Coboteam, nouveau hub lancé par la région Rhône-Alpes pour animer et structurer le développement de la filière robotique, voit dans les cobots un autre atout de taille : le renforcement de l’attractivité des entreprises : « Aujourd’hui, certaines PME peinent à recruter et à garder leur personnel à cause de la pénibilité du travail. Les cobots vont permettre de revaloriser certains postes ». Même constat du côté de l’IRT Jules Verne : « Grâce aux cobots, les opérateurs pourront se concentrer sur des tâches à forte valeur ajoutée. Un soudeur ne perdra plus 70% de son temps à préparer son matériel et le métier de soudeur deviendra celui de coboticien-soudeur » assure un membre de l’institut.

La cobolution jusque dans nos maisons ?

Selon Catherine Simon, la France a une véritable carte à jouer sur ce marché. Si des géants internationaux se sont déjà positionnés sur le secteur, comme l’allemand Kuka et le japonais Fanuk, quelques entreprises françaises avancent également leurs pions. C’est le cas de RB3D qui commercialise l’exosquelette Hercule, de Sarrazin Technologies à l’origine du robot Cobomanip ou encore du bras manipulateur Scara de Neoditech. Basée en Haute-Savoie, l’entreprise Staubli, spécialisée dans les robots industriels classiques, s’est également lancée sur le marché avec la gamme de robots TX2.

De son côté, la start-up Sybot, spin-off du CEA-List, compte tirer son épingle du jeu grâce à une technologie issues de dix années de recherches. Lauréate du concours i-LAB, la jeune entreprise a mis au point un cobot éponyme extrêmement sensible aux efforts alors même qu’il n’est pas doté de capteurs d’effort. « Nous avons remplacé les engrenages traditionnels par des actionneurs composés de câbles et de vis à billes. Grâce à cette approche, le courant du moteur donne une excellente image de ce qui se passe en sortie, ce qui rend notre machine réversible », explique Yvan Measson, le futur PDG de la start-up dont la création officielle est prévue en fin d’année. Résultat : une légère pression permet de stopper immédiatement le robot. De quoi assurer une très grande sécurité dans la collaboration homme-machine à un prix compétitif. Grâce à cette innovation de rupture, la jeune pousse compte séduire toutes les industries où il y a des opérateurs humains. « Ce robot a été conçu comme un assistant », rappelle Yvan Measson, qui confie avoir déjà identifié des opportunités dans les domaines du luxe, de l’aéronautique, de la construction navale et de l’agroalimentaire.

Mais pour Catherine Simon la révolution des cobots va bien plus loin que les usines : « La cobotique industrielle nous donne un aperçu de ce que sera la robotique à la maison ». Selon l’organisatrice, la révolution robotique suivra le même schéma que la révolution informatique. « Les ordinateurs sont d’abord entrés dans les grands groupes, puis dans les PME et enfin dans les maisons. Les hommes vont s'habituer à collaborer avec des cobots, et cette collaboration homme-machine à l’usine va permettre de faire tomber de nombreuses barrières » assure-t-elle. 

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