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La cheville murale devient intelligente

Jean-François Preveraud
La cheville murale devient intelligente

Une cheville bi-matière tous terrains

© JF Prevéraud

Fischer propose une cheville murale qui adapte automatiquement son comportement au matériau support dans lequel on l’implante. Elle fait pour cela appel à une combinaison de deux matières et à une géométrie originale.

Lorsqu’il s’agit de fixer quelque chose dans un mur on utilise aujourd’hui une cheville qui permet d’y ancrer solidement une vis. Mais ce n’a pas toujours été le cas.

Ainsi dans les murs en pierres, on a commencé par utiliser des crampons coincés en force entre les pierres, puis des pattes métalliques scellées dans les joints ou dans des cavités créées pour les recevoir. Il fallait à chaque fois faire du sur-mesure. Ce n’est qu’au début du XXe siècle avec l’apparition d’outils permettant de faire des trous ronds de faible diamètre, tels les tamponnoirs, puis les perceuses et enfin les systèmes à percussion, que l’on a utilisé des chevilles calibrées.

Celles-ci ont été de natures diverses. On a tout d’abord utilisé du bois qui permettait de visser facilement la vis qui en faisant sa place comprimait le bois dans le trou, garantissant un ancrage de qualité, mais pouvant se dégrader dans le temps. On a aussi utilisé du plomb, métal mou se prêtant au vissage puis enfin des chevilles composites fait d’une douille en métal mou, souvent de l’aluminium, contenant des fibres de bois imprégnées de résine.

L’arrivée du nylon

Mais la véritable révolution est intervenue en 1958 avec l’invention de la cheville en plastique par Artur Fischer, fondateur du groupe allemand éponyme. Il eut l’idée d’utiliser le nylon, matériau nouveau à l’époque, pour fabriquer des chevilles qui s’expansent dans le trou lorsque l’on serre la vis. Le nylon fut retenu car il présentait de bonnes caractéristiques de résistance mécanique à l’arrachement ainsi qu’au vieillissement, garantissant la tenue de la fixation dans le temps.

C’est aussi à cette période que la nature des maçonneries a commencé à fortement évoluer. Les murs en pierres ont cédé la place à des blocs de béton creux, les parpaings, qui ont vite servi de support à des complexes isolants présentant un parement en plaque de plâtre. Pour les immeubles, le recours au béton banché a été la règle. De même, la brique pleine a peu à peu cédé la place à la brique creuse pour arriver aujourd’hui à la brique monomur aux propriétés isolantes ou au béton cellulaire. Les cloisons intérieures ont aussi largement évolué passant de la brique plâtrière enduite de plâtre à des cloisons sèches où des plaques de plâtre enserrent un isolant.

La cheville bi-matière

Dans ce contexte, les chevilles ont dû s’adapter aux différents types de maçonneries pour garantir un ancrage de qualité quel que soit le support. Dernière évolution en date, la cheville DuoPower de Fischer qui associe deux matériaux, tout en combinant plusieurs principes d’ancrage pour permettre son utilisation dans de multiples supports.

La DuoPower est constitué de deux pièces clipsées. Tout d’abord un corps en nylon gris de très haute qualité qui donne sa rigidité à l’ensemble, tout en assurant une bonne rétraction dans les matériaux creux. Il active les trois principes de fonctionnement : il s’expanse, se plie ou se noue de manière autonome, en fonction du matériau support, pour assurer une tenue parfaitement sûre et durable.

Disparition d’un inventeur

Artur Fischer, qui avait fondé la société Fischer en 1948, est décédé la semaine dernière à l'âge de 96 ans.

Outre la cheville murale en plastique en 1958, c’était un véritable inventeur car il n’a pas déposé moins de 1 100 brevets dans sa vie. Le premier en 1949 concernait le premier flash synchronisé pour la photographie.

 

La partie souple rouge en polyéthylène (PE), avec ses ailettes d’expansion, assure une fixation solide et fiable dans les matériaux pleins, et fournit une sécurité supplémentaire au corps gris. Grâce aux deux matières, l’extrémité de la cheville n’est pas ouverte, ce qui évite que les poussières de perçage n’entrent et freine le vissage, et assure aussi une meilleure expansion dans les matériaux pleins avec un taux de charge plus élevé que celui des chevilles conventionnelles.

Enfin, une collerette étroite évite que la cheville glisse dans le perçage, tandis que des ergots anti-rotation empêchent la cheville de tourner dans le perçage lors de l’installation.

La combinaison d’un matériau souple et d’un matériau rigide permet d’introduire très facilement la cheville DuoPower dans le perçage, sans qu’elle se tordre lors de l’enfoncement et assure une bonne perception du couple de serrage. Relativement faible, celui-ci augmente de manière importante juste avant la fin du processus de vissage (blocage), l’utilisateur ressent que la cheville ‘‘tire’’, elle est alors parfaitement ancrée et posée dans le support. Performante, une cheville 10 x 50 atteint des valeurs de charges jusqu’à 200 daN dans le béton et 185 daN dans les briques creuses silico-calcaires.

Trois types de fonctionnements

La cheville va adapter son comportement suivant le matériau support rencontré. Dans un matériau plein (béton, pierre…), la vis va la faire s’expanser pour la bloquer par adhérence dans la longueur du trou.

Dans un matériau alvéolaire type brique monomur, la vis va ramener l’extrémité toujours maintenue par une des parois et provoquer la déformation des ailettes d’expansion latérales rouges ainsi que celles du corps en nylon, qui vont se bloquer derrière la paroi.

Dans un matériau creux type plaque de plâtre, l’extrémité restant libre, elle est entraînée en rotation par la vis et forme un ‘‘nœud’’ derrière la paroi.

Polyvalente et multi-matériaux, la cheville DuoPower est disponible en plusieurs diamètres 5, 6, 8 et 10 mm et dans des longueurs allant de 25 à 50 mm. Elle convient parfaitement pour les vis à bois, les vis à bois agglomérés et les vis à double filet. Elle fonctionne parfaitement dans les plaques de plâtre, le béton, les maçonneries pleines ou creuses, la pierre naturelle, les panneaux de particules… Bref une vraie polyvalence.

Et ça, c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.fischer.fr

 

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