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La boîte aux lettres lisible la nuit

Ridha Loukil

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Un dispositif électronique, alimenté par cellule solaire, rétroéclaire l'étiquette porte-nom à la tombée de la nuit et au lever jour.

Dans le cadre d'une démarche d'écoconception de son produit phare, la boîte aux lettres, la société Renz, installée à Woustviller, en Moselle, a cherché à aller plus loin que la réduction des matières, principal levier d'action pour diminuer dans ce cas précis l'impact sur l'environnement tout au long du cycle de vie. « Nous voulions faire sentir au consommateur l'amélioration environnementale. La difficulté vient du fait que le produit n'est pas reconnu comme étant polluant ou consommateur d'énergie », rappelle Thierry Supernat, le responsable des études, de la qualité et de la sécurité.

Alimentée par une cellule photovoltaïque

La solution s'est trouvée dans l'incorporation de l'électronique. L'idée est venue d'un constat simple. Dans les endroits sombres, comme à la campagne, à la tombée de la nuit ou au lever du jour, l'étiquette porte-nom a besoin d'être lisible. Cette fonction de confort est souvent assurée par un éclairage extérieur à l'aide d'une lampe halogène et un détecteur de présence. Pourquoi ne pas le remplacer par un éclairage interne intégré dans la boîte aux lettres ? D'autant qu'il devient ainsi possible de toucher la sensibilité du consommateur en alimentant l'électronique par une cellule photovoltaïque, symbole par excellence du respect de l'environnement.

La viabilité du projet est validée par un prédiagnostic avec un ingénieur de Jessica France. Un brevet a été déposé sur le concept. La société a fait appel au bureau d'études électronique Eosis, à Thionville (Moselle), pour démontrer la faisabilité technique et rédiger le cahier des charges. Le sous-traitant électronique Thurmelec, à Pulversheim (Haut-Rhin), a été chargé ensuite de la réalisation et de la fabrication de série. Renz s'appuie sur Eosis pour assurer l'interface avec le sous-traitant.

Pilotée par un capteur de luminosité

Le développement de la nouvelle boîte aux lettres a coûté environ 100 000 euros, dont 25 000 euros pour la partie électronique. Renz a bénéficié d'une aide de 10 500 euros de l'Ademe au titre de l'écoconception et de 18 000 euros du conseil régional de Lorraine au titre de l'innovation en matière d'environnement.

Pour la partie mécanique, Renz a revu les designs de la boîte aux lettres dans l'objectif de minimiser à la fois l'utilisation des matières premières et les transports. Ainsi la taille a été réduite à 285 x 285 x 385 mm, contre 338 x 338 x 414 mm auparavant, augmentant ainsi de 85 % le volume de produits transportables par camion. Il devient possible de disposer 39 produits par palette, au lieu de 18 à 24 pour les modèles précédents. En revanche, pour le confort visuel, l'étiquette porte-nom a été agrandie à 100 x 125 mm, contre 100 x 25 mm auparavant. L'écoconception se traduit aussi par une diminution de 38 % du nombre de pièces, de 22 % de la diversité des matériaux utilisés, de 40 % du poids total et de 65 % de l'énergie spécifique.

L'électronique a été créée avec la contrainte de minimiser la consommation de courant de façon à ce qu'elle fonctionne de façon autonome grâce à une cellule solaire de seulement 50 x 60 mm placée au-dessus du support de la boîte aux lettres. Pour économiser de l'énergie, l'éclairage est piloté par un capteur de luminosité et un algorithme qui éteint le système pendant le temps où il n'est pas nécessaire, entre 23 heures au soir et 6 heures du matin. Les heures d'extinction le soir et de rallumage le matin sont ajustées automatiquement en fonction de la durée du jour et de l'information fournie par le capteur de luminosité. La mise en route ne nécessite aucun réglage. « Le système retrouve tout seul son régime de fonctionnement stable après 24 heures d'auto-apprentissage », explique Thierry Supernat.

L'éclairage est assuré par une barrette à deux diodes électroluminescentes blanches à haut rendement. Il est géré par une carte de contrôle de 80 x 9 mm basée sur un microcontrôleur 8 bits d'Atmel. L'ensemble est alimenté par un circuit imprimé de 45 x 35 mm comprenant un chargeur et trois accumulateurs NiMH recevant l'énergie du panneau solaire. « Le système a été optimisé pour consommer en fonctionnement moins de 10 mA, alors que la cellule solaire délivre jusqu'à 30 mA », confie Daniel Weiss, le patron d'Eosis. Les composants ont été choisis pour tenir dans différentes conditions climatiques rencontrées en extérieur.

Et demain, la détection du courrier

La démarche d'écoconception a également bénéficié à l'électronique pour permettre en fin de vie du produit le retrait aisé des différents éléments, l'extraction des composants sensibles (comme les accumulateurs) et un traitement efficace des déchets.

La nouvelle boîte aux lettres écoconçue va être commercialisée ce mois-ci. La version avec électronique sera mise sur le marché en septem- bre 2008. Le prix n'est pas encore fixé. Mais selon Thier-ry Supernat, l'électronique devrait augmenter le coût de 50 %. Le produit sera positionné sur un segment haut de gamme. Il va servir de test.

Renz réfléchit déjà à des produits plus intelligents, dotés par exemple de fonctions de détection du courrier et de communication sans fil. « Nous avons plein d'idées », laisse entendre Thierry Supernat.

L'ENTREPRISE

- Société soeur de l'entreprise allemande Erwin Renz - Fabrique des boîtes aux lettres, totems et bornes techniques, mobilier de hall - 65 personnes - Chiffre d'affaires 8,7 millions d'euros en 2007

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