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La biométrie enrichit son arsenal

Ridha Loukil

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La biométrie enrichit son arsenal

Hitachi vient de lancer une poignée de porte équipée d'un scanner qui identifie les veines du doigt.

© D.R.

- De nouvelles technologies pour l'identification biométrique sans contact émergent. De quoi favoriser le déploiement de la biométrie dans le grand public.

Montrez-moi vos veines, je saurai qui vous êtes. En vogue au Japon, cette méthode d'identification biométrique débarque en force en Europe. L'offensive est d'ailleurs mondiale. Elle est menée par Fujitsu et Hitachi. Leurs solutions étaient visibles pour la première fois au dernier Ceatec à Tokyo, le plus grand salon de l'électronique au Japon.

Fruit de cinq ans de recherche, cette incroyable technologie apporte un renouveau sans précédent à la biométrie. Dans l'arsenal des solutions d'identification biométrique, elle se présente comme la méthode la plus prometteuse, susceptible de donner un nouvel élan au marché.

Aujourd'hui, la reconnaissance des empreintes digitales constitue la méthode d'identification biométrique la plus courante. Selon Sagem, il s'est vendu, en 2005, près de 8 millions de capteurs d'empreintes digitales, deux fois plus qu'en 2004. En Asie, leur utilisation est particulièrement développée sur les PC portables et les téléphones mobiles. Mais son fonctionnement par contact physique soulève à la fois des problèmes d'hygiène et de fiabilité. Pour s'enregistrer puis s'identifier, il faut en effet passer le doigt sur la puce faisant office de capteur. Acceptable lorsqu'il s'agit de protéger l'accès à son PC portable, son téléphone mobile, son bureau ou sa voiture, cela ne l'est plus dans les applications publiques comme les automates bancaires, les terminaux de paiement, les dispositifs de contrôle d'identité aux examens universitaires ou les systèmes d'accès physiques en entreprises. En plus, elle ne tolère ni humidité, ni sueur, ni saleté sur la peau.

Une signature veineuse unique pour chacun

Bien sûr, il existe des méthodes d'identification biométrique sans contact par la reconnaissance du visage, de la rétine ou de l'iris. Mais leur coût élevé de mise en oeuvre les réserve aux utilisateurs disposant de grandes capacités informatiques, comme les militaires, certaines administrations ou les aéroports. Quant à la reconnaissance par le timbre de la voix ou par l'écriture manuscrite, sa facilité d'imitation et son exposition à la variabilité des conditions physiologiques de la personne (stress, rhume, accident...) n'en font pas une solution toujours fiable et sûre.

La reconnaissance par les veines apparaît comme une solution providentielle. Selon les études de Fujitsu et Hitachi, chaque individu a une signature veineuse unique. Même des jumeaux présenteraient des cartes veineuses différentes. Pas besoin de contact physique. La capture de l'image des veines s'effectue de façon optique. Le procédé offre la même fiabilité que la reconnaissance de l'iris, tout en se contentant de ressources de traitement modestes, équivalentes à celles requises pour la reconnaissance des empreintes digitales. Selon Fujitsu, le taux de faux rejets (pourcentage de personnes rejetées par erreur) ne dépasse pas 0,01 % et le taux de fausses acceptations (pourcentage d'acceptation de personnes non autorisées) reste en dessous de 0,00008 %.

Fujitsu identifie les veines de la paume de la main. Son système se présente comme un petit scanner de 7 x 7 x 2,7 cm. Avec sa connexion USB 2.0, il se raccorde au PC pour l'accès logique à la machine en remplacement du traditionnel mot de passe. Il s'installe aussi sur les automates bancaires ou les portes d'entrée.

Hitachi a choisi, pour sa part, d'appliquer le procédé au doigt. À la clé, un scanner plus petit de 3,9 x 3,4 x 1,5 cm. Il équipe déjà des automates bancaires de Hitachi-Omron Terminal. Le géant japonais mise sur cette technologie pour banaliser la biométrie dans le grand public. C'est pourquoi il vient de lancer une poignée de porte destinée à protéger les locaux sensibles (labos de R&D, bureaux de direction générale, archives...) mais aussi à équiper les entrées des maisons individuelles et les portières de voiture (le sud-coréen Istec propose une poignée de porte mais à identification d'empreintes digitales). Son ambition est de générer près de 1 milliard de dollars de revenus cumulés avec cette technologie d'ici à 2008.

Outre Fujitsu, d'autres acteurs se positionnent sur ce créneau comme la start-up japonaise Bionics ou le coréen Techsphere. Selon Hitachi, qui milite pour la création d'un consortium industriel autour de cette technologie, le marché mondial des systèmes d'identification par les veines pourrait atteindre 350 millions de dollars en 2005 et près de 1 milliard de dollars en 2008.

La méthode par reconnaissance des empreintes digitales n'a cependant pas dit son dernier mot. Mitsubishi réussit à l'affranchir de ses handicaps en lui appliquant une lecture optique sans contact, similaire à celle utilisée pour la reconnaissance des veines. Son système a été aussi dévoilé au dernier Ceatec. Il mesure 4,5 x 9,4 x 9 cm et se raccorde au PC par le port USB 1.1. Il s'intègre dans des automates bancaires ou des systèmes de contrôle d'accès physique. Il devrait être commercialisé au Japon début 2006.

Un système difficile à falsifier

Tout en résolvant le problème d'hygiène, Mitsubishi fait disparaître les deux faiblesses des systèmes traditionnels de reconnaissance des empreintes digitales : leur sensibilité aux conditions de la peau et leur facilité à être falsifiées. Il suffit que le doigt soit humide ou un peu sale pour que l'identification de personnes autorisées se termine par un rejet. Et il est relativement facile pour un faussaire de relever les empreintes de quelqu'un d'autre puis de les reproduire sur un doigt en résine pour ensuite forcer la porte d'entée. Le fait d'utiliser un faisceau lumineux traversant le doigt supprime ces risques.

Autre évolution : la reconnaissance du visage pourrait bientôt se mettre à la portée des applications embarquées. Des chercheurs suisses développent un algorithme suffisamment optimisé pour équiper les téléphones mobiles. Vous n'aurez alors plus besoin de passer par le code PIN pour accéder à votre portable. Il vous suffira pour cela de regarder la caméra embarquée. Preuve s'il en est que la biométrie, réservée jusqu'ici à des applications professionnelles sensibles, prend le chemin de la banalisation en visant le grand public.

LE MOBILE RECONNAÎT SON MAÎTRE

- Le téléphone mobile intègre de plus en plus souvent un capteur d'images pour des fonctions photo et vidéo. Pourquoi ne pas l'exploiter pour sécuriser aussi l'accès au portable par un système de reconnaissance du visage en remplacement de l'actuel code PIN ? On gagnerait ainsi en sécurité et en ergonomie, tout en évitant le coût de la solution qui consisterait à ajouter un capteur d'empreintes digitales. C'est le défi lancé par des chercheurs de l'Institut de microtechnique, à l'université de Neuchâtel, en Suisse. La reconnaissance du visage requiert normalement une capacité de calcul énorme, digne d'une station de travail. Sur les portables d'ici à cinq ans Le téléphone mobile n'a ni les ressources de traitement, ni la capacité de courant nécessaires. Et la variation des conditions de capture d'images (luminosité, cadrage, angle de vue...) pose un sérieux problème de fiabilité. Les chercheurs suisses se sont employés donc à simplifier l'algorithme de reconnaissance et à le rendre assez robuste et assez compact pour s'adapter aux contraintes du portable. Un prototype a été implémenté dans un circuit intégré à faible consommation qui pourra, dans l'avenir, être intégré dans un système sur puce aux côtés du capteur d'images et du microcontrôleur. Il pourrait équiper des téléphones d'ici trois à cinq ans.

LES EMPREINTES DIGITALES S'AFFRANCHISSENT DU CONTACT

Le doigt est exposé du côté de l'ongle à une lumière rouge émise par des diodes électroluminescentes. De l'autre côté, les rayons, qui traversent le doigt, sont captés par un imageur électronique similaire à un capteur CCD. La lumière émise par les reliefs de la peau est plus faible que celle en provenance des saillies. C'est cette différence de contraste qui révèle l'empreinte digitale sur l'image obtenue par le capteur.

VOS VEINES RÉVÈLENT VOTRE IDENTITÉ

Une source à base de diodes électroluminescentes émet une lumière proche de l'infrarouge à quelques centimètres de distance de la peau. Les rayons traversent la peau mais ils ont la propriété d'être absorbés par le sang circulant dans les veines. La lumière réfléchie par les autres parties révèle alors les motifs des veines. Sur l'image obtenue par un dispositif électronique similaire à un capteur CCD, les veines apparaissent en noir sur fond blanc.

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